Ne nous y trompons pas : c’est bien une première crise au sommet, brutale, que vient de connaître l’exécutif Macron/Philippe à la suite des législatives.

Ne nous y trompons pas : c’est bien une première crise au sommet, brutale, que vient de connaître l’exécutif Macron/Philippe à la suite des législatives.

L’opération Richard Ferrand, consistant de déplacer du gouvernement à la gestion du groupe parlementaire LREM cet expert en enrichissement immobiliser aux limites de la légalité, pouvait passer pour un petit chef d’oeuvre du président « jupitérien », celui qui suscite l’admiration des journalistes de cour en produisant des processus de « fragmentation » dans les vieux partis.

Sauf que cette fois-ci, c’est dans le pied qu’il a envoyé sa bombe à fragmentation. La démission de l’ultra-stratégique et politiquement décisive ministre de la Défense, notoirement imposée contre l’avis de l’ancien titulaire du poste Le Drian, Sylvie Goulard, elle, n’était pas prévue et s’est faite en dépit des supplications de Jupiter.

Officiellement, la ministre voulait pouvoir se défendre dans les enquêtes qui s’annoncent sur les assistants parlementaires des élus Modem, dont le sien, un certain Stéphane Thérou, client de longue date de François Bayrou, qui organisait des stages payants de « formation » d’élus, payés par les collectivités locales, donc par nos impôts. Elle laisse d’ailleurs entendre que ce personnage lui aurait été imposé. Toutefois, selon le Canard, elle aurait aussi été accusée en petit comité de liens, comme député européenne, avec des thinktanks infiltrés par les services US. Sous la cassure du maillon Goulard, parions qu’il y a plus gros qu’on nous dit.

A partir de là, la démission des deux autres Modem, Mme De Sarnez et saint François Bayrou en personne, devenait inévitable. Ce dernier est parti en affirmant qu’un vaste complot de forces occultes et toutes-puissantes vise sa personne. On aurait cru du Fillon …

Sous les apparences « jupitérienne », juste après l’élection d’une assemblée hors sol, c’est bien la fragilité fondamentale de l’exécutif Macron qui, précocement, s’est donnée à voir. Sachons en tirer les leçons politiques : c’est lui qu’il s’agit d’affronter.

21-06-2017.