LUTTE DE CLASSE ET GILETS JAUNES : OÙ VA-T-ON ? Par Jacques Chastaing

Présentation :

Nous avons reçu cette volumineuse contribution de Jacques Chastaing, datée du 19 septembre. L’auteur entend ainsi participer à la discussion que nous avons initiée depuis plusieurs semaines. Le long développement de l’analyse fournie par le camarade Chastaing doit être lu et discuté par tous les militants.

En raison de la longueur de cette contribution, nous en avons produit un fichier PDF plus adapté à la lecture qu’une mise en page de blog.

Nous invitons le camarade Chastaing comme ses et nos lecteurs à en débattre tous ensemble lors de la réunion publique qu’Aplutsoc tiendra le dimanche 20 octobre prochain à partir de 14H au Maltais Rouge, à Paris

La rédaction.

Nous n’avons jamais connu autant de bouleversements en aussi peu d’années.

La société a été entièrement chamboulée de manière totalement inédite. Les conquêtes sociales conquises depuis la seconde guerre mondiale sont non seulement mises en cause mais carrément ravagées, les acquis démocratiques gagnés depuis plus longtemps encore sont ébranlés et s’effritent. L’exécutif, dans sa longue guerre contre le législatif, le judiciaire et les médias, malmène au plus haut point les contre-pouvoirs quand il ne les intègre pas et assoit sa domination par la violence brutale de la répression policière, des attaques contre la liberté d’expression et des restrictions aux droits de manifester ou tout simplement de s’opposer.

La droite radicale ou extrême s’engage à fond dans les brèches du bouleversement en cours et c’est elle qui est à l’initiative tous azimuts, tentant de forcer un peu plus tous les ébranlements alors qu’on était plutôt habitués à ce que ce type de secousses soient le fait de l’extrême gauche.

Par contre, les esprits de «gauche», syndicaux ou d’extrême gauche sont déboussolés, les consciences ont du mal à suivre, à comprendre, à s’adapter, à faire face et restent loin derrière, assistant comme paralysées à l’écroulement d’un monde – au fond, peut-être, de leur monde. Les techniques de l’esprit forgées elles-mêmes dans les décennies précédentes ne sont plus opérationnelles et bloquent la réflexion quasiment à l’insu de leurs utilisateurs (voir à ce sujet mon précédent article Evolutions de la lutte de classe et de la conscience de classe aujourd’hui : où en sommes-nous ? qui s’inscrit lui-même dans la discussion lancée par Vincent Présumey sur Aplutsoc Luttes des classes en France, où en sommes-nous). Les vieilles organisations politiques de gauche s’écroulent, les syndicats s’affaissent sur eux-mêmes et les mentalités, habitudes et savoirs faire qui y étaient liés depuis des décennies sont entraînés dans ce maelstrom. Bien des militants syndicalistes ou même d’extrême gauche sont comme sidérés, peinent à s’y retrouver et à réagir n’ayant plus les outils organisationnels et mentaux pour faire face au changement.

Lire la suite : le texte en brochure PDF

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Autour de la grève de la RATP : le dépôt de bus et le ministre

Le blog de la section du Val de Marne du POID a fait un reportage vivant sur la grève dans l’important dépôt de bus RATP de Saint-Maur des Fossés, notamment au travers de l’interview du responsable de la section locale FO.

On retiendra en particulier de ce récit la présence de 9 cars de CRS venant menacer les grévistes et le piquet de grève du dépôt. Les chefs des CRS se permettant même de pénétrer dans les lieux pour observer alors que le directeur du site se veut rassurant en leur affirmant que « tout va bien, vous pouvez partir .. ». Une autre source locale nous a rapporté que non contents de faire sentir une présence menaçante, les flics, en l’occurrence les RG, ont débarqué à la direction du dépôt pour exiger les noms des « meneurs et grévistes virulents », selon leurs propres termes.

On rappellera au passage que depuis l’adoption des dernières lois dites anti-terroristes, des salariés des entreprises de transports (RATP, SNCF, …) ont été suspendus ou licenciés sans possibilité de recours face à des procédures policières administratives dont les motivations restent cachées. On ne peut que s’inquiéter de cette façon de dresser des listes de « meneurs et grévistes virulents ».

Il est étonnant que malgré les menaces déployées contre la grève RATP du 13 septembre, et alors même que cette grève réussie marquait le premier acte de la résistance des salariés face au projet de retraite par points, la direction du PCF ait choisi d’inviter le 14 septembre à la Fête de l’Humanité le ministre de la casse des retraites Delevoye pour « débattre » avec le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez.

La veille, ils laissent planer l’ombre de leurs matraques, leurs porte-voix – Pécresse et Berger- réclament la réquisition des grévistes, mais le lendemain il faudrait se précipiter pour leur offrir un micro, une tribune ?? Pour leur permettre de justifier la baisse des pensions ?? Pour le convaincre lui, Delevoye, d’être gentil avec nous, les salariés ??

La direction de la Fête de l’Humanité aurait mieux fait de payer le billet à un orateur issu du mouvement ouvrier suédois pour nous expliquer la douleur infligée aux retraités de ce pays par ce système de retraite à points. N’a-t-elle pas offert un billet à Dilma Roussef pour le meeting international pour la libération de Lula du samedi soir ?

Une anecdote supplémentaire vient couronner le tout : le sinistre Alexande Benalla, garde prétorien (réserviste ??), est venu se pavaner sur le lieu de la Fête de l’Huma et a lancé quelques tweets provocants à l’adresse de Mélenchon. Ainsi on a un tableau complet du dispositif du régime : le « dialogue social » et la matraque.

L’heure n’est pas au « dialogue social » avec le pouvoir macronien décidé à infliger une baisse substantielle des pensions. L’heure n’est pas aux illusions sur les intentions de ces messieurs-dames qui sont prêts à donner de la matraque et du LBD dès qu’ils sentiront le mouvement de riposte croître.

Non, l’heure est à affirmer qu’il y a une perspective politique dans ce pays : celle de l’affrontement social général et central, pour nos retraites, contre Macron.

Venez en discuter avec Aplutsoc le dimanche 20 octobre 14h au Maltais rouge, 40 rue de Malte, Paris, métro Oberkampf ou République.

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Comment ne pas faire un appel international pour la libération des victimes de la répression.

Dévoilé lors du retour de Jean-Luc Mélenchon d’un long séjour latino-américain, un appel de 200 personnalités a été lancé, que des militants perçoivent parfois comme appelant notamment à la libération de Lula (qui en est signataire), et à l’arrêt des persécutions judiciaires contre les opposants politiques.

On peut l’entendre ainsi ; toutefois, le texte publié en France dans le Journal du Dimanche du 7 septembre dernier n’appelle pas, à la lettre, à la libération de Lula ni de qui que ce soit. Il proteste contre un certain nombre d’incarcérations ou de poursuites judiciaires et il donne une liste d’« exemples » parmi lesquels les deux principaux, dont le choix se veut en quelque sorte la carte d’identité politique de cet appel, sont celui de Lula et celui de Mélenchon.

Luis Inacio Lula Da Silva, ancien dirigeant syndical puis dirigeant du Parti des Travailleurs brésiliens, président du Brésil de 2002 à 2011, a dirigé (puis inspiré sous Dilma Roussef) une politique de gestion du capitalisme brésilien qui a, à la longue, affaibli le mouvement ouvrier et paysan qui l’avait porté au pouvoir sans calmer la soif revancharde des milieux oligarchiques et latifundiaires.

Lorsque les nouvelles « couches moyennes » promues sous ses mandats ont commencé à souffrir des effets de la crise mondiale du capitalisme, elles ont pu être mobilisées contre lui et contre le PT à la faveur de poursuites pour des affaires de corruption engagées dès 2011. Autour de Petrobras (l’entreprise publique des pétroles brésiliens ) et des contrats publics se sont développés de vastes réseaux qui avaient largement englué les couches dirigeantes du PT, devenues une bande de nouveaux riches méprisés, mais ligotés, par les anciens riches, et décevant leur électorat. C’est sur ce substrat, nécessairement lié à la politique pro-capitaliste des gouvernements Lula puis Roussef, que ces accusations, globalement non étayées par des preuves certaines, et venant notamment d’entrepreneurs mafieux ayant obtenu des réductions de peines pour ce faire, ont finalement permis d’emprisonner Lula pour l’empêcher d’être à nouveau candidat aux présidentielles de 2018 avec de fortes chances d’être réélu.

Le résultat de cette crise a été de porter au pouvoir le néofasciste Bolsonaro. Sans que cela ne vaille chèque en blanc pour tout le passé, il est bien évident que la libération de Lula est une question démocratique centrale au cœur de la bataille qui se joue actuellement au Brésil pour contrer et chasser Bolsonaro, une bataille stratégique au plan mondial pour tout partisan de l’émancipation.

Nous ne présenterons pas Jean-Luc Mélenchon. Cet ancien ministre du gouvernement Chirac-Jospin ayant par la suite incarné l’espoir d’une reconstruction de la « gauche », a été le candidat d’une coalition unitaire à gauche en 2012, puis, en rupture avec cette orientation, d’un nouveau mouvement « populiste », la France Insoumise, en 2017, aux élections présidentielles françaises, ratant alors le coche de sa présence au second tour en raison, à notre avis, de cette orientation, car une attitude unitaire offensive lui aurait permis de monter plus haut.

A l’automne dernier, le jour de la nomination de M. Castaner au ministère de l’Intérieur, les locaux de son organisation et son domicile ont été perquisitionnés. Cette opération juridico-policière totalement disproportionnée, permise par le fait évident et avéré qu’aucun militant honnête ne pourrait jurer la main sur le cœur que transparence et absence d’intérêts personnels ont prévalu dans la gestion des campagnes de la FI, celle de la présidentielle en tête (conséquence logique du « populisme » : autour du Chef il y a toujours une camarilla !), cette opération, donc, aurait quand même pu tourner au désavantage de Macron et Castaner par une riposte unitaire et démocratique ferme et rapide, mais ce fut l’inverse, J.L. Mélenchon décidant d’apparaître comme seule «opposition» et de se victimiser au maximum, étendant rapidement son ire aux journalistes d’investigation qui, dans ce pays, gênent le plus le pouvoir en place. Ces gesticulations ont non seulement déconsidéré J.L. Mélenchon mais elles ont à leur tour permis que le parquet de Bobigny le cite à comparaître pour « actes d’intimidation contre l’autorité judiciaire, rébellion et provocation », comparution prévue le 19 septembre prochain.

Peut-on sérieusement comparer Lula et Mélenchon ? Franchement, poser la question, c’est y répondre !

Concernant Lula, il n’est pas certain du tout qu’un tel appel serve sérieusement à mener le combat pour sa libération. Au plan latino-américain, le voisinage de sa signature avec celle de Rafael Correa, ancien président « populiste de gauche » de l’Équateur, parti après une vague de répression contre les mouvements populaires, avec celle de l’ancien président uruguayen Pepe Mugica, légendaire car non corrompu et austère mais qui n’a jamais que reproduit à l’échelle d’un pays petit et pauvre la politique de Lula à l’échelle du Brésil, et dont l’épouse Lucia Topolansky, vice- présidente actuelle de l’Uruguay, est elle aussi signataire, ainsi que la place également centrale faite à l’ancienne présidente de l’Argentine, la péroniste Christina Kirchner, qui a succédé à son époux à la présidence, inculpée pour fraude fiscale massive, posent question : la libération de Lula – qui, répétons-le, ne figure pas, en toute lettre, dans le fameux appel ! – est-elle une revendication démocratique et populaire ou bien s’agit-il de redorer le blason de l’ancienne « gauche » et des anciens (très anciens, dans le cas des péronistes!) « populistes » dont la politique a conduit à la situation actuelle ? Si c’est cela, ce n’est pas rendre service au combat pour libérer Lula …

Concernant J.L. Mélenchon, celui-ci cherche à se présenter comme la victime n°1 de persécutions potentiellement, voire d’ores et déjà, dignes de celles qu’a subies Lula. Mais en même temps, il est essentiel de noter que ce n’est pas Macron qu’il désigne comme étant l’origine des dites persécutions. Non, ce sont « les juges ». Et, comme cela s’est déjà produit, « les journalistes », ceux de Mediapart en particulier ? – nous verrons bien.

Et l’appel international signé des 200 personnalités est sur cette ligne : il ne dénonce pas tant les pouvoirs en place que « la justice » supposée être à leur service, à moins que ce ne soit l’inverse. Le but explicite du dit appel n’est pas la libération de Lula ni de qui que ce soit – il est vrai qu’il serait délicat d’appeler à celle de Mélenchon ! …-, mais la « coopération mondiale des résistances juridiques » en vue de mettre fin au « temps des procès politiques » qui seraient une nouveauté récente, si l’on comprend bien. Tout en se référant au« pape François », cet appel dénonce les juges implicitement assimilés au truand qu’est le ministre de Bolsonaro Sergio Moro, qui a mis Lula en prison. A l’échelle mondiale, le danger vient des juges.

De ce point de vue, il est éclairant de faire le rapprochement avec certaines positions immédiates des ténors de la « France insoumise » en France. Selon eux, toute la situation française est marquée par l’imminence d’une conspiration judiciaire visant à faire de J.L. Mélenchon le Lula français. On pourrait imaginer qu’une telle conviction les conduirait à une certaine « radicalité », comme on dit, envers les personnages du macronisme. Ce n’est pas le cas : Richard Ferrand, chef de LREM et président de l’Assemblée nationale, vient d’être mis en examen pour des faits connus, reconnus et non déniés par l’intéressé, à savoir l’exploitation privée et familiale des Mutuelles de Bretagne.

Que dit J.L. Mélenchon de retour à l’Assemblée nationale ? Parlant des juges, il dit : « Maintenant, je sais que ce sont des menteurs », et il ajoute : «… peut-être que Richard Ferrand est tombé dans un piège ». Ainsi, « les juges » complotent aussi contre Richard Ferrand, l’homme de Macron !

Dans la même veine, en version grossière, Raquel Garrido tweete, elle, en faveur de … François Fillon : « Le procès des Fillon aura lieu du 24 février au 11 mars 2020. Cad les 2 dernières semaines de la campagne municipale !! Autant interdire à la droite de se présenter. Cette influence de la justice sur les élections et la démocratie est inquiétante. STOP ! »

A quand les tweets « insoumis » prenant la défense des Balkany et de J.M. Le Pen contre « les juges » ? Ne préjugeons de rien …

C’est « la justice », au niveau national comme international, qui est visé. Pas Macron. Il ne s’agit ni de libérer Lula, ni de renverser Macron (ou Bolsonaro). Il s’agit de liguer les victimes de complots …

Ajoutons quelques constats sur certains pays. Aucun pays « anti-impérialiste », c’est-à-dire aucun impérialiste rival du nord-américain, n’est nommé, ni la Chine, ni la Syrie tortionnaire de masse de Bachar, ni le Venezuela, sauf, avec un détenu et un seul, la Russie, avec Serguïei Oudaltsov (signataire de l’appel ), opposant « national-communiste » de Poutine, de ces opposants que Poutine tantôt utilise, tantôt réprime, et dont il faut en effet exiger la libération.

Inutile de dire que le nom de Konstantin Kostov n’est pas venu à l’esprit du principal inspirateur de cet appel qu’est à l’évidence J.L. Mélenchon : il vient d’être condamné à 4 ans pour son rôle dans les manifestations récentes et sa défense des prisonniers politiques ukrainiens tels que Oleg Sentsov (pour lequel on cherchera en vain, ainsi que pour Alexandre Koltchenko, une prise de position de J.L. Mélenchon visant à ce qui a finalement été obtenu : leur libération ! ).

Il est de même un pays où « la justice » sévit de manière injuste et ce pays, c’est l’Algérie en pleine poussée révolutionnaire. Pourtant, dans le sillage de J.L. Mélenchon et dans le cadre de la FI, nombreux sont les signataires français membres du POI, parmi les «200» : Daniel Schapira au nom du journal Informations Ouvrières, et par ailleurs Philippe Besson, Jean-Marc Schiappa … Il est tout même remarquable qu’aucun n’ait demandé à ce que soit mentionnée la personne pour laquelle ils sont censés faire une grande campagne internationale en ce moment même : Louiza Hanoune !

Et puis, quand même, quand on voit que le signataire international n° 13 est Pablo Iglesias, en tant que « secrétaire général de Podemos », on ne peut que relever d’autres très grands noms manquants : Oriol Junqueras, dirigeant de l’ERC catalane, risque jusqu’à 25 ans de prison et il est en prison, lui, et Jordi Sanchez, et plusieurs autres dont Carles Puigdemont en exil, élu européen qui ne peut siéger … Tout de même, s’il y a lieu de dénoncer une justice aux ordres qui vise des responsables politiques en Europe, n’est-ce pas là ? N’importe lequel d’entre eux est réellement victime de ce dont J.L. Mélenchon clame qu’il est, lui, la proie !

Finalement, le seul mérite de cet appel est de nous signaler, en creux, la nécessité de véritables campagnes internationales contre la répression, comme l’a signalé aussi la question, dans le mouvement ouvrier et syndical européen, du combat pour libérer Sentsov et Koltchenko. De telles campagnes doivent exiger la libération des emprisonnés (ce qui n’est pas le cas de cet appel ). Et elles doivent être adossées à l’aspiration démocratique des peuples du monde entier, d’Alger à Caracas, de Damas à Hong-Kong, de Porto Rico à Moscou, de Sao Paulo à Khartoum. Cela reste à faire.

14-09-2019.

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Une grève très puissante à la RATP ce vendredi 13 septembre. « Seules 2 lignes fonctionnent », et encore.

Le « service minimum » anti-grève instauré par Sarkozy en 2007, gardé par Hollande et légué à Macron, ne fonctionne pas et c’est très bien ainsi. Mme Sibeth N’diaye est « solidaire dans sa voiture de fonction » (sic) des « otages » de la grève. Mme Pécresse (LR) et Berger (LREM) appellent à légiférer pour que l’on puisse réquisitionner les grévistes.

Les personnels se sont réunis en assemblée générale les jours précédents et ont fait de cette grève leur grève, décidant ainsi de sa réussite. La discussion sur la poursuite et sur la prochaine est engagée. Le syndicat UNSA en tête depuis les élections professionnelles de 2018 (où la participation baisse de 65 à 43%  par la vertu du vote électronique qui isole les personnels, et où l’UNSA à 30,19% passe devant la CGT à 30,11%), déclare « Notre régime de retraite est la seule vraie compensation aux contraintes de service public que nous subissons quotidiennement. »

En effet. Et quand M. Édouard Philippe fait le malin en opposant le chauffeur de bus RATP qui a encore le droit de partir à 55 ans et le chauffeur de bus havrais, il met sans le vouloir en lumières le fait que le départ à 55 ans devrait concerner tous les chauffeurs de bus de France !

L’UNSA-RATP de fait dit là tout autre chose que l’UNSA, dont le secrétaire général Laurent Escure a été comme par hasard reçu par Macron la veille de cette grève : il se déclare « ouvert » à la remise en cause des « régimes spéciaux » et prétend ne pas vouloir engager de bataille perdue à l’avance. Autrement dit, il veut qu’il n’y ait pas de bataille : comme ça, les salariés auront perdu tout de suite. Ce n’est pas du réformisme, c’est de la politique : celle de Macron.

L’expression « régime spécial » est un leurre. « Il faut supprimer les 42 régimes spéciaux pour que règne l’égalité », nous serinent les éditorialistes en rangs serrés.

En vérité, il y a :

1) le régime général des retraites par répartition de la grande majorité des salariés, qui fait partie de la Sécurité sociale conquise en 1945 quand le pays était trente fois moins riche, complété par les régimes Agirc-Arrco, et qui consiste en un salaire mis en commun (que ce soit la part «employeur» ou la part «salarié») ;

2) le Code des pensions civiles et militaires des fonctionnaires dont l’existence est liée au statut de la Fonction publique que le gouvernement veut détruire, est lui aussi un salaire prolongé dû, dans ce cas, par l’État-employeur ;

3) les régimes dits « spéciaux » (SNCF, EDF, RATP, Ouvriers d’État …) … ne sont pas si « spéciaux » : comme les précédents, ils reconnaissent des droits garantis mais de plus, ils les complètent en raison des pénibilités et sujétions propres aux professions concernées. Les prétendus « réformistes » disent discuter « pénibilité » dans les « concertations » avec le gouvernement. Mais la prise en compte de la pénibilité, la voilà ! Macron veut la détruire !

Macron et Delevoye ne veulent pas « uniformiser », ils veulent détruire : leur projet liquide le droit à la retraite ou à la pension garantis par la répartition des cotisations (salaire socialisé) ou par l’engagement de l’État envers ses agents (dans le cas des fonctionnaires).

Ce n’est donc pas un système « universel » mais un système individualisé, éclaté. Il n’y aura plus « 42 régimes » nous serinent les éditorialistes ignares.

Tu l’as dit, bouffi : il y en aura 65 millions !

Et sans aucune garantie de droits puisque chaque individu aura un certain nombre de « points » dont le montant sera variable en fonction des décisions annuelles du pouvoir !

Le plan Macron-Delevoye, c’est la fin du droit à la retraite, voilà la vérité.

Pourquoi la grève de la RATP ce jour est-elle ressentie comme un avertissement général ?

Parce que, loin d’être un mouvement particulier pour une cause « spéciale », elle annonce la nécessité et démontre la possibilité du Tous ensemble pour les retraites et contre Macron, indissociablement.

Si cela est possible, cela veut dire qu’il y a une perspective politique dans ce pays : celle de l’affrontement social général et central.

Venez en discuter avec Aplutsoc le dimanche 20 octobre 14h au Maltais rouge, 40 rue de Malte, Paris, métro Oberkampf ou République.

13-09-2019.

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Perspective politique ? Chiche ! Editorial du 12 septembre 2019

Les luttes sociales ont besoin de perspectives politiques et les luttes sociales cherchent à construire de telles perspectives. En novembre-décembre dernier, notre pays a connu une vague de manifestations spontanées émanant principalement des couches les plus pauvres et jusque là les moins organisées du prolétariat : les «gilets jaunes». Ce mouvement a cherché la généralisation et la centralisation.

Quand M. Macron déclare : «La violence était telle qu’il n’était pas possible de désarmer la police. On n’aurait peut-être pas tenu. Les préfectures auraient brûlé, des personnes allaient mourir, victimes de ce qui était à un moment une folie collective.», c’est très précisément à cela, qu’il ne veut surtout pas nommer autrement que «folie collective», qu’il pense : une mobilisation sociale, populaire, massive, se centralisant contre le pouvoir exécutif (lui-même), en vue de le renverser.

Il manque dans ce pays une force politique organisée, démocratique, qui soit capable de dire et qui dise haut et fort à ce sujet : « Eh bien ! En voilà une, de perspective politique ! »

La société ne cesse de se prendre des coups. Le système de retraite «à points» avec ou sans «âge pivot», ce n’est rien d’autre que la fin du droit à la retraite, remplacé par une indemnité individuelle non garantie puisque fixée chaque année par le pouvoir. Casse des services publics, attaques contre le droit aux études … nous en sommes au stade où, sur fond de la catastrophe climatique et environnementale produite par le système du profit, ce sont l’espérance de vie, la vie même et son cadre pour les jeunes générations, qui sont menacées de manière existentielle.

Quoi de plus normal que le regroupement pour stopper cela en affrontant le pouvoir central de l’État, le pouvoir exécutif, qui agit contre nous, sous le nom de « réforme », et s’en prend directement aux droits démocratiques, pour le compte de la loi du profit mortifère ? Ce regroupement, c’est cela, la démocratie.

Il y a donc dans ce pays une perspective politique alternative !

Cette perspective est celle que les couches les plus pauvres et les moins organisées ont dessinées en novembre-décembre dernier. Pour qu’elle aboutisse il faut la grève, qui permet que le plus grand nombre prenne ses affaires en main. Une grève généralisée et centralisée renversant le pouvoir exécutif, ce n’est pas la « folie collective », mais c’est l’action du peuple constituant, qui pourrait mettre en œuvre lui-même l’élection de sa propre représentation, constituante et à tous les niveaux, formée d’élus réellement responsables et contrôlés. Une telle révolution, « citoyenne » si l’on veut, à la différence du sens de cette expression chez les forces politiques qui disent la préconiser, ne passe pas par le respect des institutions, mais par leur renversement, et telle est la condition pour que les urnes parlent la vraie langue de celles et de ceux d’en bas. Nous disons donc que ce serait une révolution prolétarienne, et par là démocratique, et que cette perspective n’a rien d’inaccessible.

A qui penserait, en effet, que ce serait là, sinon de la folie collective, du moins une utopie éventuellement dangereuse, nous l’invitons à examiner les autres possibilités, celles qui se présentent comme réalistes et qui réalisent l’acceptation et donc la protection du cadre institutionnel existant.

Ces lignes sont écrites au moment même où, en cet après-midi du vendredi 6 septembre, Philippe Martinez, représentant de la CGT, s’est rendu à Matignon pour participer à la « concertation » sur les retraites, après avoir déclaré qu’il hésitait à y aller et qu’il ne voulait pas servir de « caution » – mais il avait déjà été officiellement reçu fin août. Étrange « concertation » en effet, que ce simulacre où tout est déjà décidé et annoncé, puisqu’il s’agit uniquement d’accréditer la mise en place de la « retraite par points », autrement dit la fin du droit à la retraite dans son principe même.

Avant lui, Yves Verrier pour FO a déclaré « contester » la retraite par points, mais il est allé à Matignon. La FSU y sera reçue en fin de journée. Nous ne savons pas si Solidaires doit être reçu, mais ils l’avaient été, à Matignon, fin août. Certes, la position de ces organisations diffère de celle, soutenant ouvertement le gouvernement, qu’affichent CFDT, UNSA, CFTC (mais pas la CGC qui se déclare très mécontente). FO organise un rassemblement national le 21 et la CGT suivie par Solidaires appelle à une journée d’action le 24. Mais tous se rendent aux « concertations » alors que tout est déjà décidé. Et aucun, du côté des directions, n’appelle à se donner les moyens de la grève tous ensemble, ne serait-ce qu’en mettant cela en discussion, ce qui serait conforme au B.A.-BA de l’action syndicale.

Parmi les organisations politiques issues du mouvement ouvrier, dites «de gauche», ou affirmant avoir vocation à le dépasser ou à la remplacer, telles que la France Insoumise et Europe Écologie Les Verts, aucune n’assume comme perspective politique la généralisation et la centralisation des luttes sociales existantes contre le pouvoir central. Toutes, en fait, la combattent. Leur perspective est donc d’attendre 2022.

N’appelons même pas cela de l’électoralisme, car cela ne le mérite pas : cette longue attente, impliquant que les soulèvements sociaux qui vont à nouveau se produire soient laissés en plan, isolés, émiettés, n’aboutira pas à la victoire électorale de la gauche ou de l’ancienne gauche qu’elle soit unie ou désunie. Aujourd’hui, ceux qui suspendent la lutte sociale aux élections de la V° République sont aussi les organisateurs de leurs propres défaites électorales (à moins qu’ils ne se rallient à la participation à telle ou telle formule gouvernementale pour mettre en œuvre la même politique !). Tous (nous parlons des dirigeants, pas des militants ) font donc le jeu de Macron aujourd’hui et de Marine Le Pen demain matin, alors que ni l’une ni l’autre ne représente une majorité réelle.

Précisons qu’il est légitime et utile de préparer les élections municipales partout où cela est possible, mais que là aussi, même si les possibilités locales, y compris dans les petites communes étranglées par les mesures budgétaires, peuvent être significatives, la déconnexion d’avec les luttes sociales réelles de la grande majorité conduit au piétinement et à la défaite. Et cette déconnexion menace à partir du fait que les organisations politiques suspendent leurs perspectives à 2022, c’est-à-dire à l’impasse.

En résumé : la participation au « dialogue social » avec ou sans journées d’action multipliées, d’un côté, et les yeux rivés sur la ligne bleu horizon des scrutins de la V° République, de l’autre, au-delà des particularités et petits jeux spécifiques des uns et des autres, n’ont rien de réaliste, et surtout pas du point de vue des revendications quotidiennes les plus élémentaires, ni du point de vue électoral sérieusement compris. Ces orientations politiques visant à la reproduction de l’ordre existant conduisent à son aggravation.

Réaliste est par contre la préparation politique de l’affrontement. Si cela n’était pas réaliste, si seule prévalait la brillante politique des directions existantes, tout le monde serait rentré se coucher, ou se cacher, depuis longtemps : or, ce n’est pas le cas. Les personnels des Urgences, de l’enseignement public, les « gilets jaunes », la jeunesse qui commence à manifester « pour le climat », d’autres encore, ont tous fait preuve d’une capacité remarquable à relever la tête compte tenu de ces conditions politiques. Et cela va continuer parce que l’effondrement social et environnemental engendré par le capitalisme entre dans sa phase aiguë, laquelle ne fait que commencer.

Nous avons parlé ici de la France. En Algérie, depuis des mois, l’immense majorité de la population a imposé dans les faits, dans la rue, l’exercice de bien des libertés que le pouvoir lui refusait, et est à présent confrontée à la mise en œuvre de la perspective politique même dont nous parlions plus haut à propos de la France : une assemblée constituante pour laquelle on n’attend pas une convocation tombée d’on ne sait où, mais qu’il s’agit de réaliser sans, malgré et contre l’appareil d’État existant, en l’affrontant pour le détruire.

Au Royaume-Uni, la tentative de coup d’État de Boris Johnson visait à instaurer un régime monarchique faisant du premier ministre une sorte de président façon V° République. B. Johnson ne représente en rien la légitimité populaire du référendum de 2016, car il veut faire de l’Angleterre un paradis fiscal qui sera l’enfer pour les pauvres, pour la majorité : le Brexit aussi bien que l’Union Européenne sont des impasses pour assurer l’avenir, qui requiert la rupture avec le capitalisme. Mais le coup de Johnson a fait descendre dans la rue des millions, avec une place centrale des syndicats et de la jeunesse, imposant un rapport de force qui a vu ce vieux parlement vermoulu opérer un contre-coup d’État en se faisant maître de son ordre-du-jour et en prétendant contraindre Johnson à renégocier. Ceci constitue une impasse, bien entendu, mais ceci souligne que la question de la mobilisation sociale pour imposer une vraie démocratie, une vraie assemblée souveraine, réalisant, avec la perspective réelle ici d’un gouvernement du Labour mandaté pour cela, une politique d’urgence sociale qui ne passe ni par le Brexit, ni par l’UE, mais tend la main aux peuples d’Europe en commençant par accepter la réunification de l’Irlande et l’auto-détermination de tous les peuples britanniques, est une question qui arrive à toute vitesse dans le plus vieux, et jusque là le plus stable, des États capitalistes du monde !

En Italie, la tentative de coup de force de Matteo Salvini, qui était «l’homme fort» du gouvernement, a échoué, en surface parce qu’une combinazione parlementaire entre le M5S et le PD s’est formée contre lui, mais en profondeur parce que la mise en place d’un pouvoir fort sans maquillage annonçait de graves affrontements sociaux qui ont fait peur aux « hautes sphères » du capital et de l’État. Le gouvernement Conte PD-M5S va mener la même politique « néolibérale » qui violente la société et, envers les migrants, sachant que le M5S avait voté les lois racistes de Salvini, il demande à l’UE de « prendre en main » le problème, c’est-à-dire de faire le sale boulot à sa place dans la mesure du possible, puisque l’échec du coup d’État de Salvini est largement dû à la résistance de combattantes de la liberté comme Carola Rackete contre lui. Il est donc tout à fait illusoire de prétendre que « la raison » l’aurait emportée et qu’un « barrage » aurait bloqué Salvini. Le capital italien a estimé n’être pas, ou pas encore, en mesure, d’imposer un régime de force intégral. Mais ce n’est pas l’alliance des Materella, des Renzi et des Conte qui fera rentrer le clown mussolinien dans sa tanière. C’est la préparation de l’affrontement social central, ici aussi …

Ces petits coups d’œil sur quelques pays clés et proches -et nous pourrions continuer avec l’Espagne et la Catalogne, avec l’Allemagne …- montrent que le problème de l’organisation politique autour de la question du pouvoir, non comme un sujet abstrait, mais comme aboutissement des luttes sociales réelles, est international et, surtout, confirme le diagnostic : poser cette question et appeler à s’organiser pour cela, c’est la seule voie réaliste.

Le travail prosaïque de tous les jours pour vivre, se défendre, défendre le pain quotidien, les droits et la dignité, est indissolublement lié à la mise en cause de l’ordre qui détruit la vie, le pain, les droits et la dignité. Être réaliste, c’est révolutionnaire. Ce travail prosaïque appelle, ne peut pas se développer, sans la perspective réelle, qui sourd de la crise sociale et politique, de la révolution prolétarienne, car l’affrontement central généralisant les luttes existantes n’est rien d’autre que cela. C’est bien connu, il n’y a pas de parti pour cela. Nous appelons à commencer à agir et discuter, non sur « un parti » en soi, mais – dans la diversité des traditions politiques et des courants – sur ce lien, sur cette perspective.

Tous ensemble dans la grève pour en découdre avec le pouvoir exécutif : cela c’est une perspective politique, la plus réaliste, pas forcément la plus violente, la plus nécessaire.

Après avoir cassé code du travail et fonction publique, ils veulent détruire le droit à la retraite, tout en nous poussant à accepter la «transition» vers un monde sans eau, sans vie et sans droits.

Nous appelons à débattre « perspective politique » le dimanche 20 octobre 2019 à 14h au Maltais Rouge (Paris).

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Brexit : une version sinistre d’Alice au pays des merveilles, par Roger Silverman

Voici le dernier billet de notre camarade Roger Silverman, animateur du Workers International Network (WIN).

Il nous inspire deux commentaires.

L’un pour les Français. Les Brexiteurs, les initiateurs du Brexit, apparaissent comme intégralement anti-ouvriers, anti-sociaux, anti-démocratiques et racistes. Et cela est juste. Nous avons en France été marqués par le référendum de 1992 sur Maastricht et surtout celui de 2005 où le Non l’a emporté, suite à quoi la volonté populaire n’a pas été respectée. Le plébiscite était anti-démocratique dans les deux cas, mais dans le deuxième, il a échoué – nos présidents n’en ont pas tenté d’autres depuis ! «Brexit» désigne dans les faits un programme anti-ouvrier et anti-social en Grande-Bretagne : achever tout ce que Thatcher avait commencé. Cela veut dire qu’il n’y pas d’issue ni dans le cadre de l’UE ni en en sortant, si l’on ne rompt pas avec le capitalisme.

L’autre pour nos camarades britanniques. Roger écrit : «Nous n’avons pas encore le pouvoir de renverser Johnson dans la rue». Franchement, quand les manifestations de masse ont éclaté partout à l’annonce de son coup contre le Parlement, nous nous sommes posés la question. Ne faut-il pas se donner cet objectif : renverser le pouvoir exécutif par la grève et par la rue? Et, dans ce cas, pour mettre quoi en place ? Les questions constitutionnelles ne font-elles pas irruption maintenant en Grande-Bretagne ?

Brexit: une version sinistre d’Alice au pays des merveilles, par Roger Silverman

Source : Brexit: A sinister version of Alice in Wonderland

publié sur le site Oaklandsocialist.com

«De plus en plus curieux», aurait pu dire Alice : la Grande-Bretagne se dirige vers ses troisièmes élections législatives en quatre ans, sous l’égide d’un premier ministre qui n’a pas été élu et qui a perdu tous ses votes au parlement et veut suspendre celui-ci. Il a vu sa majorité parlementaire s’évaporer sous ses yeux pendant son premier discours, il a expulsé en direct de son parti des dizaines de ses anciens collègues ministres, dont le petit-fils de son idole Winston Churchill, et pendant ce temps son propre frère abandonne la politique pour ne pas assumer plus longtemps la « tension entre loyauté familiale et intérêt national ».

Et maintenant ? Déni total du vote parlementaire ? Demande à Sa Majesté de lui refuser sa sanction royale ? Proposition d’un vote de censure de son propre gouvernement ? Veto contre la loi votée l’obligeant à demander à l’UE de retarder encore le Brexit ? Prison pour mépris ? Chacun de ces scenarii à la Monthy Piton doit être sérieusement envisagé.

Et pourtant, pas de quoi rigoler. Non, cette pantomime ne fait pas rire, on est dans la tradition des films d’horreur où le monstre porte un masque de clown et où un complot sinistre couve sous les fanfaronnades.

Johnson justifie ses violations de toutes les procédures parlementaires établies par un seul vote populaire obtenu à un instant «t» il y a trois ans. C’est le plébiscite, instrument favori des dictateurs. La Grande-Bretagne est bel et bien entrée dans l’ère des coups d’État et même de la guerre civile.

Johnson interprète son rôle d’opéra-comique à l’anglaise en corrélation avec la fausse mascarade de plouc de Trump. L’un et l’autre ne tiennent pas compte de la faiblesse perceptible des régimes comparables dans le monde : la chute de Salvini, la disgrâce de Bolsonaro, l’humiliation électorale d’Erdogan, les grèves de 200 millions de syndiqués dans l’Inde de Modi.

De même, si Johnson remporte les prochaines élections, ce ne sera que le début de ses problèmes. Sa paresse, sa vanité, son arrogance et son incompétence superficielle, symptomatiques de son entourage de spéculateurs et de profiteurs, le feront bientôt sombrer dans la disgrâce.

Paradoxalement, son heure ne sonnera vraiment que si il perd et après. Il se retrouvera dans son élément en tant que moche figure de proue d’un véritable futur mouvement de masse et de combat d’extrême-droite. Le cri a déjà fusé : « Heil Boris ! ».

Nous n’avons pas encore le pouvoir de renverser Johnson dans la rue, les manœuvres parlementaires ont donc leur place. Corbyn et McDonnell y ont bien tenu leur rôle. Mais pour l’instant toute la résistance est focalisée sur l’arène parlementaire. Ce n’est pas assez : il faut la porter dans la rue et dans les entreprises. L’heure est venue de l’action de masse, rejetant les Brexiters, les Cameron et les Watson, sur la base d’un programme en faveur de la classe ouvrière.

RS, 07-09-2019.

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Sentsov, Koltchenko libérés, le combat continue !

Voir le communiqué de la FSU 03 (Allier), un des syndicats en France investi dans la campagne internationale pour la libération de Koltchenko, Sentsov et tous les autres prisonniers ukrainiens et russes.

Un combat long et difficile….

.. mais que la solidarité et la mobilisation internationales n’ont pas rendu vain. .. Koltchenko libéré

…Sentsov libéré

Il reste Kostov et des centaines d’autres dans les geoles de Poutine.

Le combat continue !

 

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