Grève générale ! Éditorial du 11 décembre 2019 à 21h.

Les “annonces clarificatrices” et autres « précisions » d’Édouard Philippe enfoncent un peu plus le pouvoir : 

  • le recul sur l’âge des victimes montre qu’ils peuvent reculer bien plus et laisse entendre que plus tard on subit leur réforme, mieux c’est !
  • les 64 ans « âge d’équilibre » conduisent la CFDT à découvrir que “la ligne rouge est franchie”,
  • l’inclusion dans la loi retraites annoncée d’un nouveau “dialogue social” visant à définir les primes chez les enseignants n’a rien d’une bonne nouvelle et tout d’une menace pour eux.

Ainsi, le maintien de régimes spéciaux pour les policiers, les militaires, la pénitentiaire, les pompiers … attestent que ce régime n’a rien d’universel et que certaines pénibilités peuvent être prises en compte.

Ce tissu d’incohérences ou de calembredaines aggrave encore l’état de l’exécutif macronien. Contre lui, il ne faut pas que le combat repose sur un seul secteur, celui des transports (ou des raffineries), capable « de s’inscrire dans la durée », il faut monter en puissance pour gagner.

Les salariés réunis dans des assemblées générales représentatives de leurs établissements et de leurs entreprises et qui décideront démocratiquement de leur engagement dans la grève pour que le projet de destruction des retraites soit retiré, voilà ce dont le mouvement a besoin.

Pour battre le système Macron-Philippe-Delevoye-Blanquer-Buzyn et ses réformes systémiques, la volonté de millions de travailleurs est là : Grève générale jusqu’au retrait !

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A propos de la « réunion » de l’OTAN et du « sommet » de Paris sur l’Ukraine.

En même temps que le prolétariat de France réalisait la grève générale du jeudi 5 décembre, se tenaient des réunions internationales de chefs d’État et autres « experts ». Passons sur la pathétique « COP25 » réfugiée à Madrid en raison de la crise révolutionnaire au Chili : la catastrophe climatique ne sera pas résolue par ces gens-là, mais par les foules qui font grève et manifestent. Voyons un peu où en est l’OTAN, dont, c’est déjà une indication, le « sommet » de début décembre a été rebaptisé en simple « réunion », mais réunion tout de même des chefs d’État tels que Trump, Macron and Co.

L’an dernier, l’OTAN avait officiellement un mauvais génie, Donald Trump. Maintenant elle en a trois : les choses avancent ! Lire la suite

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L’enjeu immédiat – Éditorial du 7 décembre 2019

Comme on pouvait s’y attendre, les directions nationales CGT, CGT-FO, FSU et Solidaires appellent à une nouvelle journée de grève mardi 10 décembre. Doit-on opposer à cela la « grève reconductible » ? Mais alors, ces directions peuvent objecter qu’elles ne manquent pas d’y appeler, qu’elles incitent les travailleurs à s’y engager et qu’elles soutiennent les grévistes dans leurs efforts !

Grève reconductible ou temps forts ? Cette alternative n’en est pas une. Les deux sont parfaitement complémentaires et, d’ailleurs, le mouvement réel de la grève générale va assez naturellement se saisir des dits «temps forts» à son profit, c’est bien naturel.

La vraie question est : que sommes-nous vraiment en train de faire ?

Nous avons le 5 décembre réalisé une GRÉVE GÉNÉRALE CONTRE MACRON. Et nous cherchons à consolider celle-ci pour qu’elle nous appartienne afin de GAGNER. Nos syndicats au niveau national ne disent pas cela ou le disent à moitié, ce qui revient au même. Nous ne sommes pas en train de faire une « reconductible » jouxtant des « temps forts ». Nous sommes en train, appuyés, confortés sur ce que nous avons fait le 5 décembre, de chercher à GAGNER. Reconduction ou pas, cela passe par notre plein contrôle sur notre grève et nos actions.

La question politique (et donc syndicale) centrale est celle des assemblées générales RÉELLES réunissant les ateliers, les usines, les chantiers, les bureaux, les écoles, les établissements, mais aussi les sites et nœuds logistiques façon Gilets jaunes, qui peuvent jouer, risquons cette comparaison, le rôle des comités de chômeurs et des comités de ménagères pour le contrôle des prix, en Allemagne en 1923, par rapport aux conseils d’usines.

Dans l’enseignement se pose la question de comités de grève départementaux intégrant les syndicats, ayant vocation à s’élargir vers les parents d’élèves et les élus.

Dans la jeunesse, celle de vraies AG. La lutte politique pour régler la question du pouvoir en chassant Macron et en brisant la V° République appelle ces formes d’organisations qui sont en même temps un vivant besoin des plus larges masses.

Et ne nous y trompons pas : c’est une bataille extrêmement difficile, qui demanderait une organisation politique centralisée, centralisée au bon sens du terme bien entendu ! Elle est extrêmement difficile parce que l’auto-organisation n’est pas dans les habitudes de la société capitaliste et que toutes les pratiques existantes, politiques, syndicales souvent, «gauchistes» souvent aussi, s’y opposent en réalité.

Ce n’est pas de « convaincre les gars du privé qu’il faut entrer en grève » qui est la vraie difficulté, comme le pense l’honnête cadre syndical voulant agir, c’est bien d’aider systématiquement ce mouvement vers l’auto-organisation à se chercher et à se trouver lui-même en échappant aux phraseurs, aux provocations, à l’enfermement dans la boite, à la fiction « interpro » prématurée – ces deux revers d’une même médaille-, à l’autoritarisme des délégués officiels (dont le rejet joue un grand rôle, par rapport à la discipline de la grève perlée perdue d’avance, à la SNCF aujourd’hui). Cette voie n’est pas facile du tout.

Mais c’est la voie du succès : la voie des comités de grève, des formes soviétiques d’organisation de la masse, seule à même de régler, en cas de crise victorieuse, la question du pouvoir en organisant le processus constituant en lieu et place de l’appareil préfectoral, bureaucratique et militaire de la V° République. Comme en Algérie, la voie du succès est celle de la révolution.

Nous ne rêvons en rien : cette seule voie est une voie difficile et les épreuves, les coups, le sang – probablement – seront au rendez-vous parce que c’est seulement de manière organique, certes très riche dans ses composantes sociales et politiques, et pas de manière organisée politiquement, c’est-à-dire centralisée et anticipant sur ce qui se prépare, et en même temps pluraliste, que la masse l’appréhende. C’est la raison d’être de notre bulletin et sans doute d’autres groupes, d’autres équipes, ont la même préoccupation. Groupons-nous.

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Pourquoi un comité de gréve dans notre dépôt : son rôle, sa force, ses limites.

Nous avons reçu ce document de la part d’un groupe de camarades de la RATP qui cherchent à réaliser le développement de comités de grève dans leur entreprise comme plus largement. Nous le publions à titre de contribution à la discussion sur les taches du moment.

Le 05 décembre dernier, notre entreprise RATP a vécu une grève historique, et pourtant chacun le ressent, chacun le pressent, la partie est loin d’être gagnée.

Beaucoup d’entre nous avons vécu dans le passé des conflits aussi puissants que celui que nous sommes en train de vivre. Nous nous croyions au début invincibles et pourtant à la fin nous mordions systématiquement la poussière. Lire la suite

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Grève générale et moment présent.

  1. Nommer la grève générale !

Le 5 décembre a été voulu par les agents de la RATP et les cheminots et par les groupes de Gilets jaunes, par la masse des militants syndicaux CGT, FO, FSU, Solidaires (voire au-delà). Ils l’ont voulu comme un mur pour arrêter Macron. Cela donne son contenu politique à la grève générale. Car il s’agissait, pour cette raison politique, de grève générale.

On ne va certes pas appeler « grève générale » une grève locale ou sectorielle (encore que celle-ci peut faire écho et contribuer aux enjeux politiques centraux). Mais le critère de la « grève générale », et ce n’est pas un hasard si cette expression vient de revenir en force dans le langage populaire, n’est pas d’être une grève d’absolument tout le monde dans chaque coin et recoin !

Ceci est rarissime et n’est réellement arrivé, et encore, qu’en Allemagne au printemps 1920 et en août 1923, puis en Pologne, par vagues, en 1980-1981. Lire la suite

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La violence du pouvoir.

La violence du pouvoir macronien n’a pas encore reçu la dénomination qui lui convient. Et cela fait partie du problème politique central.

Nous avons des camarades et amis « gauchistes » qui «détestent la police» et conchient la violence de ces nervis qui éborgnent dans les manifs, trouvant que les B.B. des grandes villes (notez que cela reste un truc de grandes villes auxquels le pays est loin de se réduire) peuvent se comprendre et séduire.

Nous avons des camarades et amis « syndicalistes responsables » qui subodorent les provocations (elles ne font aucun doute) et voient dans « les violences » des B.B. voire de G.J. « chaud s» des faits d’auxiliaires de police desservant le mouvement.

Nous avons d’ailleurs des camarades et amis qui, le matin, sont dans ce dernier état d’esprit mais qui, le soir, après avoir subi un nassage, ou regardé BFM, ou téléphoné à leurs enfants, sont le soir de l’état-d‘esprit précédemment signalé !

Sortons de cette dichotomie, en qualifiant ce que fait réellement le pouvoir macronien.

Posons-nous une question : pourquoi tant de blessés et si peu de morts même s’il y en a ? Est-ce parce que les flics sont quand même des pros tout en étant des brutes ? Non. Lallement, Castaner, Macron, ont la réponse.

Ils ont commandé des LBD en masse à une entreprise suisse, puis maintenant à une boite française. Qu’est-ce que le LBD ? Une arme sous-létale. Calculée pour faire souffrir en ne tuant pas (ou peu …).

Faire souffrir sans tuer s’appelle : torturer. Le terme peut paraître outré, mais il s’agit bien de faire mal au maximum sans tuer, pas dans une cave mais en direct dans la rue. Et quand les robocops entourent la manif nassée dans Paris avec fusils et boucliers, cela s’appelle : la terreur. Il s’agit bien de terroriser, d’intimider.

Macron et Castaner donnent des conseils au pouvoir chilien confronté à une crise révolutionnaire contre laquelle son armée fait ce qu’elle sait faire : tuer et violer. Comme cela ne marche plus et que des millions, et parmi eux les femmes en première ligne, affrontent cette engeance, il faut, pour préserver l’ordre capitaliste, militariste et patriarcal, des nervis chiliens capables – à cette étape – de faire mal sans tuer, dans la rue. Pour cela, la police française a une expérience, qui vient de loin – des colonies – mais a évolué dans le temps.

La « doctrine française du maintien de l’ordre » à la Castaner-Lallement correspond à ce moment précis. Au bonapartisme macronien, correspond cette pratique. Le LBD n’est pas un épiphénomène, il est la quintessence du macronisme.

Il faut qualifier la nuisance. Il ne s’agit pas « des flics » en soi, ni de provocations seulement. Il s’agit du pouvoir politique. Il s’agit de l’État. Il s’agit de ce que les Gilets jaunes ont appris et affronté. Il s’agit de ce qu’il faut DÉTRUIRE par l’organisation démocratique de la majorité : les comités de grève et les élections libres à tous les niveaux à la place de la V° République, la démocratie affrontant le capital, mettant fin, comme objectif démocratique de masse immédiat, à la torture de rue par les LBD.

Pour cela, qualifions – c’est une qualification, pas une simple injure – Macron, Castaner, Lallement, de pouvoir exécutif de la torture dans la rue par le LBD, par des méthodes qui sont celles, en plus basse intensité, des nervis Bassidjis du régime iranien. Dire cela n’est pas amalgamer fascisme et démocratie bourgeoise. C’est une caractérisation politique qui donne une direction, la même : celle de la grève générale déjà réalisée, à approfondir par les comités de grève élus, pouvoir démocratique de la majorité contre le pouvoir d’État du capital.

De même que le 5 décembre n’est pas qualifié, par les directions politiques et syndicales existantes, de grève générale, que la question du pouvoir posée dans la réalité est évitée, que l’enjeu « reconduction-temps fort » tend à être opposé à l’enjeu véritable de l’auto-organisation et de sa centralisation, de même la violence physique fondamentale de ce pouvoir n’est pas qualifiée. Il est vrai que la qualifier impliquerait par exemple, pour les manifs parisiennes, de refuser toute rencontre avec le préfet clownesque Lallement et l’équivoque ministre Castaner et d’appeler ouvertement à un parcours non autorisé avec autodéfense organisée ouvertement assumée !

Et pourquoi pas ? C’est comme tout ce qui précède : une question politique.

VP, le 07-12-2019.

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Les élections britanniques dans une ère de révolution et de résistance, par Roger Silverman

Le résultat de l’élection en Grande-Bretagne devrait être sans surprise. Après tout, le parti travailliste présente le programme le plus radical depuis 1945, comprenant une révolution industrielle verte, un objectif zéro émission d’ici 2030, une semaine de travail de 4 jours d’ici 10 ans, un salaire minimum de 10 Livres de l’heure, une renationalisation de l’électricité, du gaz, de l’eau, des chemins de fer et des postes, la gratuité du haut débit, des médicaments, de l’éducation tout au long du cursus, des prestations sociales, la fin des frais de scolarité universitaire, un droit universel garanti à la justice etc…

Et que proposent les conservateurs ? Brexit, Brexit, et encore Brexit, une poursuite des contrats zéro-heure, de la malnutrition et de la précarité du logement. Et comme premier ministre, un pantin de milliardaires, suffisant, vaniteux , incompétent, arrogant et raciste. Lire la suite

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