A bas l’antisémitisme : ce ne sera pas mardi !

Ils n’y peuvent rien : entre les gilets jaunes qui continuent, les lycées et les écoles qui se mettent progressivement en mouvement, et les nombreuses grèves pour les salaires, les conditions de travail et le respect, cela monte et monte dans le pays, suite à la cassure du pouvoir exécutif causée par la montée vers l’affrontement direct avec lui fin 2018.

Ils n’y peuvent rien : réprimer, emprisonner, crever les yeux, tout en comptant sur le « dialogue social » …

… – au fait, le projet gouvernemental de loi « pour la transformation de la fonction publique » a été « dévoilé » mercredi : il contient exactement ce que l’on savait (dislocation des instances de représentation du personnel, recrutement généralisé de contractuels, salaire au mérite et mobilité pour casser les statuts), et tous les syndicats sont sortis démonstrativement … en ayant l’intention de retourner la semaine prochaine dans les « groupes de travail Dialogue social, Leviers managériaux dont le contrat Mobilité/Accompagnement des agents«  (sic !) : ne serait-il pas temps de cesser ce cinéma ?

Mais ils n’y peuvent rien : ça monte dans le pays, ça s’approfondit, ça s’étend.

Alors comme ils ont peur, ils font des petits reculs et des grandes attaques, de manière désordonnée, tel le ministre Blanquer qui annule les projets immédiats de fusion des académies de l’Éducation nationale sur le schéma des « grandes régions », tout en soumettant à l’Assemblée un projet de loi ultra-réactionnaire et destructeur sur « l’école de la confiance » où la fusion des écoles et des collèges côtoie les drapeaux dans toutes les salles de classe …

Et, surtout, ils lancent des provocations et des rideaux de fumée.

Le « grand débat » étant largement daubé et éventé, les provocateurs fascistes et antisémites ont commis quelques tags que pouvoir et médias se sont empressés, mensongèrement, d’attribuer aux gilets jaunes en général. Cela ne suffisait pas de leur attribuer la remontée des accidents de la route, et bientôt, sans doute, le réchauffement climatique.

La version soft de ces fake news consiste à théoriser le fait que même s’ils ne sont pas antisémites, c’est quand même leur faute car ils auraient créé une ambiance propice !

Sont-ils rétrospectivement coupables de la mort sous la torture d’Ilhan Alimi et de l’attentat de Pittsburgh ? Ne rions pas, jaune en l’occurrence : dans la complosphère macronienne, on en est pratiquement là. Et comme on est persuadé d’être des gens cultivés inaccessibles aux fake news que seuls ces crasseux populos de gilets jaunes pratiqueraient, on s’en donne à cœur joie …

C’est dans ce contexte que la direction de ce qui reste du PS (dont tout le monde a oublié, car cela n’a eu strictement aucune influence sur les évènements, qu’elle avait au dernier moment annoncé soutenir la première grande journée des gilets jaunes le 17 novembre dernier !), a pris l’initiative d’inviter droite, gauche et centre à manifester « contre l’antisémitisme ».

La manifestation de mardi ne sera pas une manifestation contre l’antisémitisme, mais voudrait être une manifestation d’union avec Macron, celle que Macron n’a pu impulser à ce jour.

Une manifestation nourrissant la haine contre les prolétaires accusés d’être des porteurs de haine antisémite, une manifestation faisant sur toute la ligne le jeu des antisémites.

Les palinodies de la vraie-fausse non-invitation de la FI à ce rassemblement avec Macron, dont on se gardera bien ici de prétendre savoir comment cela s’est exactement passé, parce que ça n’a pas d’importance, ne font que révéler la manœuvre : orchestrer d’un côté l’union nationale avec Macron, et cultiver de l’autre l’union nationale-populiste « à l’italienne » en y renvoyant la FI, laquelle, définitivement incapable de représenter quelque alternative que ce soit, ne fait qu’osciller entre les deux formes d’union nationale.

Instrumentalisant de manière immorale et détestable la cérémonie à la mémoire d’Ilan Alimi, assassiné sous la torture parce que juif par une bande de lumpen nazifiants, c’est le premier ministre Édouard Philippe, et non pas le PS qui n’est ici que son instrument, qui a lancé le processus conduisant à ce rassemblement d’union nationale, en amalgamant dans son discours mouvements populaires et antisémitisme, de manière abjecte, et en lançant le chiffre de « hausse de 74% des actes antisémites en 2018 », sous-entendu pour cause de gilets jaunes.

En fait, il s’agit de la hausse de 311 à 541 des actes antisémites signalés à la police (dont, et c’est le point réellement inquiétant, une hausse de 30 à 81 des violences aux personnes), un chiffre total en nette baisse par rapport aux années 2014-2015 (851 en 2014). En outre, elle était déjà de 64% en septembre, donc si l’on veut à tout prix en rendre responsables les gilets jaunes, il reste peu de marge réelle …

Mais qu’à cela ne tienne, nous disent d’éminents sociologues et commentateurs, les gilets jaunes sont forcément responsables car ils ont créé un « climat » !

Il est curieux de ne pas dire, alors, que le responsable du dit « climat » serait l’auteur des mesures contre lesquelles se sont soulevés les gilets jaunes mais aussi les salariés et la jeunesse, qui plus est connu pour ses piques anti-Roms ou anti-migrants : un certain Macron.

Parmi ces commentateurs, citons-en deux que l’on a connu par ailleurs mieux inspirés.

Delphine Horvilleur, rabbin libérale, explique que si le mouvement des gilets jaunes n’a pas de motivations antisémites, néanmoins il a créé une sorte d’ambiance, qu’elle appelle subtilement le « trou du bagel« , et dans ce trou, n’est-ce pas, le pire peut s’engouffrer : donc même si le gilet jaune n’est pas coupable, il l’est quand même !

Pierre Birnbaum, historien, a quant à lui produit ce morceau d’anthologie :

« Il est important de préciser d’emblée que le mouvement des « gilets jaunes » n’est pas un mouvement antisémite, mais qu’il produit un contexte propice à l’expression d’un antisémitisme profondément ancré qui associe les juifs au pouvoir et le pouvoir aux juifs.« 

Remarquons que P. Birnbaum se contredit dans sa phrase : l’antisémitisme était « profondément ancré » avant les gilets jaunes, le contexte était donc déjà là …

Les soi-disant pourfendeurs officiels de l’antisémitisme ont une fâcheuse tendance à l’assimiler à la contestation du pouvoir en place ou du pouvoir en général, ainsi qu’à l’anticapitalisme. Ce faisant, ils réactivent ou sont eux-mêmes sujets aux clichés antisémites.

L’antisémitisme n’est pas, au sens strict, un racisme, c’est une forme de représentation fétichiste produite nécessairement par les relations sociales capitalistes, qui sont perçues comme naturelles, évidentes, automatiques, tout en engendrant les pires catastrophes : le fétichisme complotiste désigne alors les coupables de ces catastrophes, et pour des raisons historiques d’origine religieuse, cette désignation s’est de longue date fixée sur les Juifs (pas exclusivement, mais structurellement et préférentiellement).

Comme cette nature réelle de l’antisémitisme contemporain n’est pas comprise par ses pourfendeurs officiels, qui affichent involontairement qu’ils en sont eux-mêmes sujets dès qu’ils amalgament protestation sociale et antisémitisme, il se trouve que la question antisémite est bien réelle en France à la date actuelle.

Mais ce ne sont pas les mouvements sociaux en général, ni les gilets jaunes en particulier, qui sont à l’origine de ce danger. Dire cela n’est pas nier l’existence de préjugés ou de tics et de tocs antisémites dans le prolétariat, ni celle des forces politiques qui, en remplaçant la lutte contre le capital par la lutte contre « les élites » et contre « l’oligarchie », lui pavent la voie au même titre que les bien pensants prompts à dénoncer un antisémite dès lors que l’on n’aime pas les banques. Dire cela est situer le vrai fondement de l’antisémitisme : le capital, et donc son État.

C’est pourquoi les militants qui entendent lutter contre l’antisémitisme NE DOIVENT PAS se rendre à la démonstration d’union nationale avec Macron, utilisant l’antisémitisme et misant cyniquement sur lui, de mardi prochain.

Un rassemblement indépendant a été appelé dimanche à 14h place Simone Veil à Paris (le fait que S. Veil ait été une politicienne bourgeoise ne change rien au fait qu’elle a été et reste une cible des antisémites), rassemblement dont les promoteurs disent tendre la main aux gilets jaunes et dénoncent notamment les meetings antisémites de Dieudonné, dont on remarquera que ni Édouard Philippe, ni ceux qui appellent à l’union nationale mardi, ne l’ont mentionné, montrant ainsi que ce n’est pas l’antisémitisme réel et organisé qui est leur adversaire.

Signalons aussi l’initiative d’un juif gilet jaune, habituellement non religieux, qui est allé s’acheter une kippa juste pour la mettre avec son gilet jaune ce samedi

Signalons surtout que les prises de positions contre l’antisémitisme, le racisme et l’homophobie, sont généralisée aujourd’hui dans les réunions de gilets jaunes.

Manifester contre l’antisémitisme ? Oui, c’est nécessaire. Et ce ne sera pas mardi. Mardi c’est un rassemblement pour empêcher la vraie lutte contre l’antisémitisme.

Oui la question de l’antisémitisme est là. Mais pour le combattre, le ventre encore fécond doit être nommé : le capitalisme. C’est en dégageant Macron que nous battrons l’antisémitisme.

19-02-2019.

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Samedi 9 février, commentaires à chaud.

Premier dessins de la journée :

1) renforcés des rencontres avec des grévistes et des syndicalistes ces derniers jours, mais inquiets de passer pour sages et de ne plus envahir les beaux quartiers, les gilets jaunes y sont retournés et des violences sévères ont eu lieu : ceci, pour l’exécutif, ne devait pas se produire.

2) ces évènements « GJ » ne sont pas isolés, la poussée politique vers la lutte sociale généralisée se poursuit : les 500 manifestants de Billon contre la fermeture de la maternité rejoints par les personnels de l’EHPAD en grève, et les 100 manifestants de Commentry contre la fermeture du guichet SNCF, le montrent bien, par exemple.
Et comme on est samedi les bahuts sont fermés, mais les réactions se multipliant parmi les profs, en lycées et collèges; indiquent que là aussi la vague arrive.

 3) si l’on regarde les chaines en continu et les grands médias, le story telling de la journée est : 12 400 manifestants (55 400 a dit ensuite le ministère du Ridicule et de l’Intérieur), mais ils sont redevenus méchants et la main arrachée à Paris c’est parce qu’ils avaient voulu attaquer l’Assemblée nationale comme le 6 février 1934 ! … la preuve qu’ils sont méchants-méchants, c’est que l’Italie les manipule ! Bon, sérénité : c’est là un théâtre d’ombre, un jeu de marionnettes où n’est crédible que la peur de ceux qui nous le jouent.
La main arrachée de plus, elle, c’est ce qui restera. Une de trop, encore une fois.
Et un blessé grave au pronostic vital engagé …

4) ce story telling est d’ailleurs contredit par le fait que les tentatives de groupes d’extrême-droite de se venger de leur éviction assez largement générale samedi dernier, avec une agression du cortège à Lyon et une charge contre le NPA à Toulouse (pour ce que j’en sais à cette heure), ont toutes deux été repoussées physiquement.

Le bilan politique est très clair : le théâtre d’ombre du grand débat, du dialogue social … recouvre un mouvement réel qui se dirige, à son rythme, vers la généralisation de l’affrontement social et politique.

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Rapides notes politiques après le 5 février.

La « grève générale » n’est pas partie du mardi 5 février. Est-ce surprenant ? Non, car le 5 février malgré l’emploi, parfois, de cette expression de la part des organisations qui y ont appelé, était et est resté une journée d’action, bien que ce fut une journée d’action particulière. La crise politique, crise de régime, et la crise sociale marquée par l’irruption spontanée ou à demi-spontanée de larges couches sur le terrain de l’affrontement de classe direct et physique, social et politique, a conduit les directions syndicales et avant tout celle de la CGT, surtout à des échelons départementaux ou fédéraux, à manier les mots « grève générale », « grève généralisée », et formules analogues, mais le simple fait que le jour même, soit annoncée une nouvelle « journée » pour le … 14 mars (aux dernières nouvelles, c’est fluctuant, il est aussi question des « mardis de l’urgence sociale »), indique bien qu’il ne s’agissait pas de cela.

Dès lors, si un responsable syndical pense ou dit que ce qui vient de se passer montrerait bien que « la grève générale ne se décrète pas », que « la grève générale ne se produit pas en appuyant sur un bouton », convient-il de lui rappeler qu’au niveau décisif, c’est-à-dire national, aucune direction syndicale ne comptait décréter ou appuyer sur le bouton ; toutes continuant, dans le même temps, le « dialogue social » par lequel le pouvoir et le patronat cherchent à les associer, et les associent de fait, à la préparation des prochaines contre-réformes que Macron veut tenter, à commencer par la casse des retraites et du statut des fonctionnaires.

Cela dit, ce fut une journée d’action particulière en raison bien entendu de la poussée des gilets jaunes et de la relative généralisation des fusions entre manifestations syndicales et gilets jaunes. Il devient difficile de continuer à soutenir que ce mouvement, explosion prolétarienne, serait « populiste », « d’extrême-droite » ou « dominé par les petits patrons » (dont les organisations, CPME et UP2A, ne cessent de s’en plaindre depuis bientôt trois mois !) – d’autant qu’après l’agression ciblée contre le NPA le samedi précédent, ce sont les groupes d’extrême-droite qui ont été recherchés et évacués dans les manifs du samedi précédent. Mais cette « convergence » ne résout pas les questions politiques brûlantes, elle les attise au contraire.

La grève générale, sans guillemets, est traditionnellement appréhendée de manière faussement syndicaliste, comme un mouvement revendicatif qui englobe tout le monde. En fait, si toutes les revendications surgissent, des salaires à la dignité, c’est parce que la question politique, au vrai sens du terme, la question du pouvoir et de la démocratie, c’est-à-dire à quelle classe appartient l’État, est posée.

De ce point de vue les larges masses sont mille fois plus « à gauche » ou, pour mieux dire, plus avancées, que l’écrasante majorité des appareils organisationnels et des militants.

Elles crient depuis des mois (cela s’était amorcé avant les gilets jaunes, par exemple dans les EPAHD) « Macron démission », « Macron dehors », « Macron dégage ».

Et quand, pour les embarrasser, un intervenant extérieur, dans une assemblée de gilets jaunes, leur demande « et vous mettrez qui à la place de Macron ? « , on voit les femmes en gilets jaunes assises au fond de la salle se mettre à crier « on mettra nous ! ».

Ce mouvement de fond est politique et c’est par ce contenu qu’il fait remonter toutes les revendications : prime, salaires, allocations, taxes, etc.

Quand donc, par exemple, le NPA en vient à dire que « pour gagner, il s’agit de tout mettre en œuvre pour construire un mouvement de masse sur la question des salaires, et aussi pour dégager Macron, faire aboutir les revendications de chaque secteur, remettre en cause le pouvoir de la bourgeoisie de décider à notre place. Les institutions de la 5e République sont en difficulté, il faut pousser la discussion jusqu’à la remise en cause de ces structures qui permettent à une minorité de décider, et poser la question du pouvoir (« Qui dirige la société ? ») en défendant la perspective d’un gouvernement des travailleurEs en lutte qui réorganise toute la société. » (article de Antoine Larrache, 30 janvier), c’est bien, mais cela suit, on pourrait même dire que cela court derrière, le mouvement réel engagé depuis des mois.

Il ne s’agit pas de « aussi » dégager Macron (en plus de « construire un mouvement de masse sur la question des salaires », pouf, pouf !), mais il s’agit d’affronter centralement le pouvoir exécutif pour l’éliminer : dire cela précisément, c’est juste être un pas en avant des « masses », pas cent pas devant et pas derrière non plus.

Et il ne s’agit pas de « pousser la discussion » comme si le mouvement réel avait besoin d’être « poussé », mais de l’aider à formuler ce qu’il tend lui-même à formuler : renverser l’État des flics et des patrons, faire prévaloir la démocratie par l’élection à tous les niveaux, de l’entreprise et de la localité au niveau national, de représentants ayant un vrai pouvoir, mandatés, responsables et donc révocables.

Autre exemple sous un angle différent : le POID, qui a mis un bémol sur « Dehors Macron » durant la première phase de l’explosion, tout en pondant une théorie remarquable selon laquelle « Macron démission » serait un mot-d’ordre réactionnaire visant à préserver le régime de la V° République ( ! ), appelle maintenant à un meeting sur les mots-d’ordre « Pour chasser Macron et la V° République ! Pour la grève générale ouvrière unie ! Pour le gouvernement ouvrier ! ».

Cela après s’être opposé pendant trois mois à la principale mobilisation du cœur du prolétariat – si l’on veut bien comprendre que le cœur du prolétariat ne consiste pas dans les délégués et permanents syndicaux, mais bien dans les couches massivement exploitées des petites et moyennes boites, de la sous-traitance, du secteur sanitaire et social, des précaires de la fonction publique, des retraités pauvres, des jeunes en déshérence et des « auto-entrepreneurs » – coeur du prolétariat qui, lui, ne cesse de poser la question du pouvoir et du régime !

Dès lors ces trois mots-d’ordre ne sont ici rien d’autre que des incantations ayant pour fonction de verrouiller les petites troupes sans viser une once de commencement de réalisation. On remarquera que pour être sûr de n’adresser le message qu’à ses propres adhérents et sympathisants, le POID ne met guère là en avant l’expression de la volonté de classe d’imposer une vraie démocratie, et ne parle d’ailleurs pas de démocratie, mais d’un gouvernement ouvrier, et pas n’importe lequel, mais « LE » « gouvernement ouvrier », s’il-vous-plait : l’emploi de la formule algébrique a précisément pour fonction de ne pas être compris des ouvriers !

Nous avons choisi ici ces deux exemples non pour le plaisir de la polémique, ni pour les renvoyer dos-à-dos, mais parce qu’ils présentent une certaine symétrie : dans le premier cas, celui du NPA (dont les positions sont d’ailleurs diverses et fluctuantes), les besoins du mouvement réel sont formulés mais sans recherche de leur structuration en vue de gagner et sans saisie du fait que la question du pouvoir doit être à la base de cette structuration, non parce que ce serait là un dogme, mais parce que les choses s’ordonnent réellement ainsi ; dans le second cas, celui du POID, la « leçon » de ce que la « question du pouvoir » doit être scandée est connue et appliquée, mais en opposition ou pour le moins en décalage avec un mouvement réel qui n’est ni saisi, ni compris.

Le mouvement réel quant à lui continue, à son rythme qui intègre la pesanteur des appareils politiques et syndicaux, d’avancer sur sa propre ligne, et sa ligne c’est d’affronter l’exécutif pour le chasser tout en faisant monter à la surface et en exprimant l’ensemble des revendications. Ce mouvement d’ensemble avait commencé avant les gilets jaunes au moyen desquels il a franchi un seuil décisif dans sa force et dans son expression. Il ne se limite pas aux gilets jaunes mais englobe les grèves dans les entreprises et les services, toujours en augmentation, les suites de la première mobilisation de la jeunesse, et la mise en mouvement progressive des personnels de l’enseignement public, particulièrement, à l’étape actuelle, dans les lycées, dont certains en région parisienne se sont mis en grève reconductible.

Ce mouvement réel se combine à l’aggravation de la crise au sommet du régime et de l’exécutif, qui a fait voter – mal, de son point de vue – une nouvelle loi d’exception dictatoriale, qui justifie ouvertement le fait de crever les yeux de dizaines de manifestants, qui s’enfonce dans les macroneries à répétition, tout en prenant des initiatives surprenantes ou se conjuguent sentiment d’impunité des petits malfrats de l’appareil d’État et stupidité, comme cette tentative de perquisition à Mediapart pour … atteinte à la vie privée d’Alexandre Benalla (lequel n’avait même pas porté plainte ) !

Bien entendu, ni les médias dominants, ni les principaux appareils politiques et syndicaux, ne mettent en exergue ce double mouvement réel, de la montée d’en bas contre un sommet en décomposition : le mettre en exergue, dire ce qui est, comme disait Ferdinand Lassalle, ce serait aider la réalité à se mettre encore plus en mouvement. Mais du coup le « grand débat », les « Européennes », et la chronique des faits divers, apparaissent plus que jamais comme un théâtre d’ombres.

Que faire maintenant ? Ne pas se contenter de scander « gilets jaunes-gilets rouge Tous ensemble ». Ce qui a commencé à se passer n’est pas une « convergence de luttes », mais c’est une centralisation, un alignement de masses croissantes en recherche d’une issue sur un axe : l’affrontement pour liquider le pouvoir exécutif et imposer la vraie démocratie. La grève générale qui n’a pas démarré le 5 février était en ce sens déjà là, car tel est le contenu politique des luttes réelles qui montent, et cela va continuer. Tous ensemble pour quoi ? Pour chasser Macron et mettre fin à ce régime. Comment avancer vers cela ? Voila ce qui exige le regroupement politique.

VP, le 07/02/19.

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Dehors Macron : un mot d’ordre démocratique en France comme au Tchad !

Mirage français atterrissant au Tchad – Décembre 2018 (DR)

« L’implication de Paris se fait beaucoup plus voyante, létale et totalement assumée. » écrit Le Monde de ce jeudi 7 février à propos des bombardements opérés par l’armée française depuis, en fait des mois, mais qui sont donc beaucoup plus visibles, plus criminels et plus cyniques que jusque là, autrement dit que l’on ne peut plus cacher.

Selon Matignon, c’était à la demande du dictateur Idriss Déby, grand ami de Manu Macron et d’Alex Benalla.

Tout laisse à penser que le dictateur s’estime en danger. Rien n’indique qu’il s’agisse de lutte contre le djihadisme, motif officiel de la nouvelle montée en puissance militaire française en Afrique. Mais bien d’une vraie menace contre Déby se conjuguant en effet à la crise interne de son frêle État dans un contexte de révolte de la jeunesse et de grèves des écoles.

Et puis il y a la question que Le Monde ne pose pas mais que tout démocrate devrait poser immédiatement : ces raids visent-t-ils à « nettoyer »‘ le secteur du Tibesti dont le barbouze de Macron en free-lance Benalla a négocié la concession à une mafia aurifère moyennant un pourcentage pour la bande à Déby ?

Ces derniers jours, on a commencé enfin, en France, à saisir que l’affaire Benalla a de très très lourdes implications « russes ». Mais ces implications africaines et tchadiennes signifient des morts, une « implication létale » comme l’écrit en ce jour Le Monde.

Voila qui entre en résonance, certes, avec le mot d’ordre « Dehors Macron ». Avec une raison supplémentaire : stop au soutien au tyran Déby ! Stop aux bombardements sur le Tibesti !

Mais voila qui justifie aussi la nécessité de juger ces gens-là. D’une vraie démocratie, en France et en Afrique, qui ait la légitimité de les juger.

07-02-2019.

Voir aussi notre article du 23 janvier 2019 :
Benalla au Tchad : du grave, du lourd, du Macron !

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Allons-nous vers la grève générale ? Editorial du 30 janvier 2019

Il est de mode de qualifier la situation politique française présente d’ « inédite ». Cela ne signifie à vrai dire pas grand-chose en dehors de l’effarement de ceux qui pensaient qu’une explosion sociale était impossible, tout en se représentant celle-ci comme une réédition du déjà vu, déjà connu.

La situation présente comporte beaucoup d’aspects prévisibles, en particulier tout ce qui relève de la crise de l’État et du régime de la V° République – on se croirait, et plutôt deux fois qu’une, souvent dans les pages de La lutte des classes en France de Marx, pourtant écrit en 1850.

Cette situation participe en outre d’une crise internationale, de décomposition des vieilles puissance capitalistes : si les États-Unis avec Trump et le Royaume-Uni avec le Brexit sont des cas particulièrement flagrants, cette décomposition affecte également le cœur de la vieille Europe, avec l’Allemagne et l’Italie.

Mais dans cette chaîne de décompositions, le maillon français est celui où, pour l’heure, le mouvement des masses, spontané, explosif, prenant des formes réellement inédites, a fait irruption, ce qui rattache ce pays à une autre chaîne : celle des révolutions du XXI° siècle qui chassent des présidents, particulièrement depuis les « révolutions arabes » de 2011 et le Maïdan ukrainien.

L’ « inédit » est donc tissé des expériences récentes et il les porte à un nouveau stade. La France n’est plus depuis longtemps le pays décisif des Lumières et de l’Humanité ! … mais à la jonction de ces deux chaînes, elle tient aujourd’hui une place importante comme brandon de la révolution.

Tout devrait, pour le pouvoir et la plupart des commentateurs, rentrer dans l’ordre, et rien ne rentre dans l’ordre.

La crise pré-révolutionnaire ouverte en novembre-décembre dernier perdure.

Il ne peut en être autrement dans la mesure où la question du pouvoir central, ouverte, n’a pas été réglée. Elle a été ouverte par Macron, qui voulait faire du régime mixte et affaibli de la V° République un régime autoritaire bonapartiste de plein pied. D’où la crise au sommet (affaire Benalla) et l’explosion sociale (gilets jaunes).

Macron est cassé et n’a pas de successeur légitime, pourvu du charisme bonapartiste, capable de prendre sa place – et non, tel n’est pas le cas de Marine Le Pen : l’option capitaliste protectionniste qu’elle prétend incarner suppose au préalable, pour pouvoir se saisir solidement du pouvoir, que la crise sociale ait pris fin par la défaite du prolétariat, qui n’est pas possible à brève échéance, exigeant un bain de sang qui ne ferait, dans l’immédiat, que précipiter le dénouement et la chute de Macron et du régime.

Le pouvoir rame : le bruit médiatique fait autour du « grand débat » ne saurait masquer le fait que la population, l' »opinion publique », ne s’y intéresse pas (au passage, ne confondons pas le « grand débat » et les collectes de « doléances » notamment dans des mairies rurales, produit direct, lui, parfois illusoirement recyclable dans le « grand débat », de la crise pré-révolutionnaire qui a commencé).

Le pouvoir a deux jambes de bois : son « grand débat » et ses LBD, les sinistres lanceurs de balles de défense ayant multiplié ces énucléés qui resteront comme la marque de Macron, qui pendant ce temps va s’afficher avec les tyrans sanguinaires, Idriss Déby ou Sissi.

Ce sont des jambes de bois, le centre présidentiel de l’État est cassé et la banquise, la marée, la lave, se mettent en mouvement, avec des rythmes différents, dans le pays.

Les gilets jaunes, c’est-à-dire le mouvement spontané de centaines de milliers de prolétaires le plus souvent travailleurs précaires, ont fait l’objet de toutes sortes de manœuvres visant à les discréditer, les diviser, mais rien n’y fait. On a des listes aux Européennes pilotées par des philanthropes de la police et de la macronie. On a des agressions de nervis fascistes visant à diviser et inquiéter, combinées aux agressions policières qui, avec l’énucléation de Jérôme Rodrigues, ont définitivement franchi le seuil de la honte indélébile.

Mais le mouvement de fond, lui, continue, autour de son véritable axe : s’affronter au pouvoir central (et donc à sa police), résoudre la question du pouvoir ouverte en France, en dégageant ce pouvoir.

La lame de fond s’est donc emparée de la journée d’action lancée par la CGT le 5 février, reprenant une élaboration spontanée qui avait déjà commencé à toute allure début décembre, lorsque les barrages routiers se posaient massivement la question du « blocage général » de tout le pays pour le lundi 10 décembre.

En outre elle a assez largement trouvé à exprimer son contenu dans le déroulement et l’appel de l’assemblée des délégations de groupes de gilets jaune tenue à Commercy.

En même temps et c’est essentiel, les grèves dans les entreprises sont fort nombreuses, de plus en plus énergiques, et portent le plus souvent sur les salaires, exigence économique de rattrapage et de rétablissement immédiat du droit à vivre contre l’exploitation, qui, politiquement, heurte toute la politique de Macron sur les revenus, la fiscalité, les retraites.

Grève reconductible décidée par les 500 salariés entraînant les syndicats à l’usine Carrier-Transicold près de Rouen. « Black-out total » aux magasins Kingfisher à compter du 1° février. Piquet de grève permanent à l’usine chimique Bayer de Villefranche-sur-Saône/Limas …

Si les organisations syndicales jouaient leur rôle au niveau des branches et au niveau national, elles centraliseraient le tout contre Macron. Certes, la CGT par exemple formule des revendications générales. Mais la centralisation, dans la situation présente, c’est contre Macron. Le mouvement vers la grève générale est politique, au sens vrai du terme.

Dans les universités, lycées, collèges, écoles, ça fermente et ça bouillonne. La grève du 24 janvier dans les lycées surtout a été réellement l’occasion de réunions, d’assemblées générales, d’organisation des personnels par eux-mêmes dans des dizaines d’établissements.

La poussée lycéenne de décembre n’a pas spontanément repris à la rentrée : c’est normal, la jeunesse plus encore est sensible, de manière organique, à la perspective de combat immédiate et politique. Elle s’est ébranlée suite à l’explosion des gilets jaunes, utilisant un mot d’ordre central lancé par l’UNL, exprimant ce qu’elle pense réellement de Parcoursup, subissant la répression.

Elle mûrit cette expérience et elle repartira quand elle sentira une nouvelle occasion de pousser avec le mouvement d’ensemble – ce qui pourrait donc ne pas tarder.

L’ensemble de ces éléments : gilets jaunes s’emparant à leur manière de l’appel au 5 février, qui, initialement, visait surtout à donner le sentiment de « pousser fort » à des milliers de militants CGT mécontents, grèves dans les entreprises, mise en mouvement dans l’enseignement public, venue possible de la prochaine vague dans la jeunesse, a un axe politique. Il faut le formuler clairement : c’est celui des mots d’ordre « Macron démission » et « Macron dégage », et pas pour le remplacer.

C’est là le mouvement réel de la révolution, poussée du corps social contre les forces capitalistes, étatiques et patronales, qui menacent son existence présente (travail, salaires, retraites, services publics, impôts indirects) et prochaine (urgence climatique).

Mais cela, il faut une force politique pour le dire haut et fort !

Rien ne ressemble plus à l’apesanteur du pouvoir, glissant sur la bulle du « grand débat » tout en distribuant les coups et en crevant les yeux, que l’apesanteur des forces politiques issues de la gauche et du mouvement ouvrier (LFI comprise : le « populisme », « de gauche » ou pas, a été tout autant pris au dépourvu par le mouvement réel que les forces dites traditionnelles).

Aucune ne reprend le mot d’ordre des masses : Dehors Macron.

Toutes flirtent parfois avec des formules rusant avec la question du pouvoir mais préservant celui-ci, c’est-à-dire son cœur, l’exécutif, en jouant avec la dissolution, le référendum, la « démocratie participative », etc. Tout cela est à cent lieues du réel. Enfin pratiquement tous s’affichent très préoccupés par les élections européennes. Comme si un scrutin « européen » partagé entre LREM et RN, les deux partis de l’ordre subsistants, avec une majorité de non votants, pouvait avoir la force de stopper la crise du régime et la vague prolétarienne qui affronte ce régime. Non : l’Achéron s’est mis en mouvement.

Certes, le militant de gauche bien intentionné a raison de déplorer la division aux Européennes, mais lui-même ne fait que l’accroître dès qu’il tente de lui trouver une solution dans le cadre des « institutions », dans le cadre du scrutin « européen », en dénonçant la culpabilité de tel ou tel appareil, de tel ou tel courant accusé, le plus souvent à juste titre, de division. Mais le stade est passé où « l’unité de la gauche » si elle se réalisait conjurerait le fiasco. Elle ne le pourrait qu’en se réalisant sur un mot d’ordre central : Macron dégage. Sauf que si elle en était capable, ce ne sont pas les élections européennes qui seraient censées être sa ligne de mire …

Alors il faut une force politique qui ne prépare pas « les européennes » mais la centralisation contre Macron.

Qui ne dénonce pas les gilets jaunes comme « petite-bourgeoisie », allant jusqu’à traiter les prolétaires en action de fascistes, qui ne protège donc pas les appareils existants mais qui appelle et agisse pour l’unité d’action.

Qui soit parmi les gilets jaunes, parmi les grévistes, à la défense des services publics et avec la jeunesse pour leur dire : « allez-y : poussez, par vous-mêmes, prenez le contrôle des axes de communication, de la logistique, vers la grève générale, mettez les syndicats avec vous, affrontez le pouvoir central« .

Qui dise qu’en chassant Macron, on n’ira pas vers des élections présidentielles mais vers la démocratie, celle des comité de grève élus, des comités de quartier, des comités locaux désarmant police et fascistes, assurant la logistique et permettant l’élection d’une assemblée de représentants dotés d’un vrai pouvoir, car l’appareil préfectoral de l’État aura été détruit, dotés d’un vrai mandat, et soumis à un vrai contrôle.

On peut appeler cela une assemblée constituante, à condition – condition indispensable – de préciser que sa souveraineté passe par la destruction de l’appareil bonapartiste de l’État, et parce que l’élection générale par toutes et tous trouverait là son véritable sens.

Une force politique, donc, qui agisse pour la centralisation tout en ouvrant la perspective de l’après. Ce qui, de plus, conduit à ouvrir le débat avec nos camarades anglais, allemands, italiens, du Maghreb, d’Afrique, d’Europe centrale et orientale … sur l’union des peuples nécessaire !

Nous ne nous sommes là éloignés qu’en apparence de la question qui fait le titre de cet article : allons-nous vers la grève générale ?

Pourquoi ? Parce que nous en arrivons à la vraie question qu’elle recouvre, celle de l’organisation politique formulant haut et fort pourquoi la grève générale hante le pays.

La grève générale peut s’emmancher à partir de la poussée du 5 février. Ou pas. Il faut agir en ce sens en gardant la tête froide.

La grève générale est une question politique : il faut une force politique pour nourrir l’Achéron en mouvement, politiquement, pas pour le stimuler ni pour l’inventer puisqu’il est là, il n’a pas besoin qu’on l’excite, mais qu’on formule ce qu’il cherche à dire, donc qu’on l’écoute et qu’on organise le dialogue pour aider le mouvement réel à avancer par lui-même.

C’est peut-être pour la semaine prochaine, c’est peut-être pour plus tard, mais c’est engagé, il faut le dire, le rendre conscient :

  • Dehors Macron.

  • Grève générale pour battre ce pouvoir.

  • Grève générale pour toutes les revendications urgentes.

  • Des comités, des comités de grèves, des délégués élus et mandatés.

Oui, il faut le dire, c’est de la révolution prolétarienne qu’il est question en France, en cette année 2019.

Nous ne proposons pas juste une grève. Nous ne proposons pas juste une intersyndicale au service du mouvement. Nous ne proposons pas juste une assemblée des assemblées. Tout cela est bien, nécessaire et tout cela est et sera. Mais tout cela doit vaincre. C’est à ce sujet, pour grouper politiquement, qu’il faut se réunir. Pour parler de la révolution et de l’organisation politique visant, non à guider les masses, mais à leur permettre d’aller de l’avant, de vaincre et de tenir ferme leurs futures victoires.

La rédaction, le 30-01-2019.

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Pétition pour la libération des prisonniers politiques catalans

Présentation

Une pétition est en cours de signature en France pour demander la libération des prisonniers politiques catalans dans l’État espagnol. Elle est portée par le « Collectif des signataires pour la libération des prisonniers politiques catalans« .

Une conférence de presse de présentation de la campagne est prévue à Paris le 4 février au moment de l’ouverture du procès. Le célèbre chanteur (ayant quitté la scène depuis plusieurs années) Lluis Llach a annoncé qu’il serait présent. Il a été nommé en octobre dernier, par la Généralité de Catalogne, président du Forum Civique et Social pour le Débat Constituant.

Signez la pétition, faites-la signer et envoyez à petitionlibcat@gmail.com (ceci n’est pas un lien vers un site mais une adresse mail).)

Ci-après le texte de la pétition adressée à l’ambassadeur d’Espagne.


S. Excel. Monsieur Ramon de Miguel Egea

Ambassadeur d’Espagne en France

22, avenue Marceau

75008 PARIS

Pour la Libération des prisonniers politiques catalans

Monsieur l’Ambassadeur,

Voilà plus d’un an maintenant que sont maintenus en détention provisoire Jordi Sànchez et Jordi Cuixart, respectivement présidents de l’Assemblée Nationale Catalane (ANC) et d’Omnium Cultural. Ils sont accusés de sédition et de rébellion, « charges retenues qui sont sans fondement et doivent être abandonnées », selon Amnesty International. Amnesty International demande leur libération immédiate, « ce maintien en détention constituant une restriction disproportionnée de leurs droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique ».

Sept autres dirigeants politiques sont aussi en détention provisoire, punis pour avoir mis en œuvre leur mandat électoral, le référendum du Premier octobre 2017 : Oriol Junqueras (vice-président) et Jordi Turull, (porte-parole du gouvernement), Joaquim Forn (ministre de l’Intérieur), Raul Romeva (ministre des Affaires extérieures, des Relations institutionnelles et de la Transparence), Jordi Rull (ministre chargé du Territoire et du développement durable), Dolors Bassa (ministre du Travail, des Affaires sociales, de la Famille) ainsi que Carme Forcadell, ancienne présidente du Parlement catalan.

Plusieurs autres élus et politiques catalans ont choisi l’exil : Carles Puigdemont, président du gouvernement de la Generalitat, Toni Comín (ministre de la Santé), Clara Ponsatí (ministre de l’Enseignement), Meritxell Serret (ministre de l’Agriculture, de l’Élevage, de la Pêche et de l’Alimentation) et Lluís Puig (ministre de la Culture), ainsi que Marta Rovira et Anna Gabriel, députées.

712 maires ont été mis en examen pour avoir mis à disposition des électeurs des locaux municipaux le Premier octobre. Les cinq membres du bureau électoral, qui avaient démissionné avant même le référendum, ont récemment été inculpés pour désobéissance et encourent des peines de plus de 2 ans de prison.

Sont également inculpés des dizaines de militants républicains catalans pour avoir participé à l’organisation des manifestations pacifiques contre la répression policière et pour avoir demandé la proclamation de la République Catalane lors des grèves générales des 3 et 8 octobre 2017. Plus de 2 ans de prison ont été demandés aussi pour 14 des personnes qui s’étaient enchaînées devant le palais de justice de Barcelone le 23 février 2017.

Des droits fondamentaux sont ouvertement bafoués : droit d’autodétermination, droit de se réunir, de manifester et de s’organiser pour l’exercer. Cette politique répressive anti-démocratique se base en partie sur la manipulation de la loi antiterroriste dite loi Mordaza. Déjà condamnés ou mis en examen, des rappers, des humoristes, pour avoir critiqué les agissements de la royauté. Aucun dialogue démocratique digne de ce nom ne saurait être entamé sans que ne soient libérés toutes celles et tous ceux qui sont poursuivis pour avoir exercé leurs droits civiques.

  • Nous exigeons la libération immédiate des prisonniers politiques catalans et de tous ceux qui sont emprisonnés pour leurs opinions politiques et le respect de leur droit à décider.

  • Nous exigeons l’abandon de toutes les charges portées contre eux et contre ceux qui ont été obligés de s’exiler ainsi que l’abandon des poursuites contre tous les citoyens pour avoir exercé leur libre droit d’expression.

  • Nous demandons à toutes les personnalités, responsables et citoyens français attachés au respect des droits démocratiques de signer et de faire signer cette déclaration.

Prénom, Nom, Organisation, adresse, date, signature. Il convient de renvoyer l’accord pour la signature à l’ adresse: petitionlibcat@gmail.com

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L’appel de l’assemblée des assemblées de Gilets Jaunes de Commercy du 27 janvier 2019

A la suite de la tenue de l’assemblée des assemblées à Commercy ce week-end, nous mettons à disposition le texte de l’appel adopté à la fin des travaux.

Lire l’appel des appels

 

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