Tract d’APLS sur le 17 novembre et la question des taxes pétrolières et autres.

Le tract au format PDF

OUI le servage imposé par la taxation des travailleurs ne pouvant se passer de l’automobile est inadmissible. Ce ne sont pas eux les coupables du réchauffement climatique !

Trop de taxes ?

  • ABOLITION de la TIPP (Taxes Intérieure sur les Produits Pétroliers), comme d’ailleurs des impôts indirects, ces gabelles modernes : la justice c’est l‘ABOLITION de la TVA, et c’est l’ABOLITION des péages autoroutiers, et donc un impôt progressif sur le revenu et sur le capital !

Montée de la misère ?

  • HAUSSE MASSIVE des salaires – nets comme bruts ! -, retraites, pensions et minima sociaux !

Vraie lutte contre le réchauffement ?

  • NATIONALISATION de Total, Shell et autres, pour sortir du pétrole au plus vite sans que ce soit le travailleur et le citoyen de base qui trinquent !

Vraie lutte contre le réchauffement et réponse aux vrais besoins sociaux sur tout le territoire ?

  • RETOUR A LA PROXIMITE DES SERVICES PUBLICS. La « dématérialisation » ça suffit ! Des écoles, des logements sociaux, des postes, des hôpitaux et centres de soin, des transports, des gares avec des guichets, DE PROXIMITE !

TOUT CELA DEVRAIT ALLER DE SOI SI NOS GOUVERNANTS GOUVERNAIENT POUR LES BESOINS SOCIAUX !

 C’est donc la question du POUVOIR dans le PAYS qui est POSÉE.

 C’est pour cela que le BLOCAGE EFFICACE qui s’impose, c’est le TOUS ENSEMBLE de ceux qui produisent les richesses : la GRÈVE, la vraie grève et pas la simple « journée d’action », la grève qui réunit les gens en arrêtant la production et les transports.

La GRÈVE GENERALE peut ouvrir la question du POUVOIR à l’échelle du PAYS.

Mais il ne faut pas se raconter des histoires : même si tel ou tel petit patron peut comprendre cela, la grève ne peut pas plaire au patronat dans son ensemble, ni aux partis et organisations qui défendent ses intérêts, qu’ils soient « libéraux » et « européens » ou « souverainistes » et « nationaux ». Tous ces partis qui ont dit soutenir les « blocages » du 17 novembre en évitant soigneusement d’afficher ne serait-ce que la revendication d’abolition de la TIPP !

La GRÈVE, la vraie, la générale, ce sera aussi contre eux. Or c’est elle qui peut battre Macron, stopper le quinquennat, ouvrir la voie à la démocratie.

Voila le débat nécessaire et utile en ce jour. Les auteurs de ce tract animent le blog aplutsoc.org. Ils proposent aux bloqueurs qui veulent sincèrement stopper la spirale de la misère, comme aux syndicalistes qui veulent vraiment gagner, de s’associer, de former une vraie force politique pour GAGNER.

Le 13-11-2018.

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11 novembre : lutte pour la vérité historique et pour renouer avec l’internationalisme prolétarien vont de pair !

Cette déclaration au format PDF

Dimanche prochain 11 novembre, Macron commémore l’armistice mettant fin aux combats de la première guerre impérialiste mondiale en invitant à Paris un grand nombre de chefs d’Etat  – les représentants d’une soixantaine de pays en tout-, à commencer par Trump et Poutine.

Officiellement l’accent serait plus mis sur la dimension de la « paix » que sur celle de la « victoire » dans la façon dont est organisée cette commémoration, ce que manifesterait l’absence de défilé militaire officiel. Ceci a notoirement contrarié les généraux, dont G. Kuzmanovic, récemment encore porte-parole de J.L. Mélenchon, s’est fait le porte-voix dans une tribune estimant que c’est, en somme, à nouveau capituler devant l’Allemagne que de ne pas faire défiler les tanks et les avions devant Macron, Trump et Poutine.

En réalité, le simple fait que ce soit en France que tous les chefs d’Etats des pays qui furent belligérants en 1914-1918 soient conviés pour ce centenaire, suffit à signifier qu’il s’agit bien d’une apologie de l’impérialisme français, prétendument « victorieux » en 1918.

Ce mercredi 7 novembre le président Macron en « itinérance mémorielle »(sic !) a levé tout doute s’il y en avait avant : il est légitime de rendre hommage à tous les « maréchaux », dont Pétain, a-t-il déclaré, car il fut « un grand soldat qui nous a menés à la victoire ». Dans la mémoire du combat des exploités, le Pétain de 1917 et le Pétain de 1940 sont un seul et même Pétain et comme lui tous les « maréchaux » de 14-18 sont des bouchers.

Les discours et éléments de langage officiels, abondamment diffusés dans beaucoup d’établissements scolaires au mépris de la liberté de conscience des élèves et des personnels, mêlent hypocritement l’apologie des « combattants de 14-18 » qui auraient volontairement « accepté » leurs souffrances, à l’apologie de l’ordre diplomatique mondial contemporain tel que l’organisent l’Union Européenne, l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord et l’Organisation des Nations Unies, ordre appelé par antiphrase « la paix ».

La bataille pour la vérité historique et le combat révolutionnaire pour la survie de l’humanité contre l’accumulation du capital sont liés : non, la première guerre mondiale n’a pas pris fin le 11 novembre 1918 sur le constat d’une supériorité militaire des « alliés » dont le plus gros contingent de chair à canon avait été fourni par l’impérialisme français !

La première guerre mondiale a pris réellement fin deux jours avant, lorsque, reprenant les aspirations de la révolution russe des ouvriers, des paysans et des nationalités opprimées, et des soldats, ouvriers et paysans de toute l’Europe, d’Amérique et des colonies, des centaines de milliers de manifestants à Berlin, formés en trois colonnes, ont pris d’assaut et se sont emparés des centres du pouvoir : la colonne conduite par le social-démocrate révolutionnaire Adolf Hoffman, député zimmerwaldien, a pris l’Hôtel de Ville, la colonne conduit par le social-démocrate révolutionnaire Emil Eichhorn a ouvert les prisons et pris la préfecture, et la colonne conduite par le social-démocrate révolutionnaire Karl Liebknecht, le drapeau vivant de la révolution contre la guerre depuis son vote, seul, de rejet des crédits militaires au Reichstag en décembre 1914, a pris le palais impérial et le parlement.

Contrairement à ce que raconte un Kuzmanovic, ce n’est pas la République française, mais c’est le prolétariat allemand qui a vaincu le second Reich !

Les généraux de celui-ci, dont le futur parrain politique d’Adolf Hitler, Ludendorf, sont pour cette raison allés signer la fin des combats avec les généraux français et « alliés » afin de pouvoir préserver une force armée appelée à réprimer la révolution.

D’où le 11 novembre, qui n’a mis fin ni à la mobilisation – les soldats sont restés mobilisés jusqu’en juillet 1919 – ni aux combats dans les Balkans, et à l’envoi de corps expéditionnaire par l’infâme Clemenceau pour saigner les révolutions hongroise, russe et ukrainienne, contre qui se lèvera la mutinerie des marins de la mer Noire !

Mener cette bataille, notamment à travers les actions engagées par les associations d’anciens combattants non bellicistes, pacifistes et libre-penseuses, pour la mémoire des centaines et des centaines de « fusillés pour l’exemple », exige la clarté dans les combats présents.

C’est pourquoi, il est regrettable que les principaux appels à une manifestation dimanche 11 novembre à 14h Place de la République à Paris, ne parlent que de « Trump la guerre », alors que son ami et mentor Vladimir Poutine sera l’autre grand invité de M. Macron.

En 14-18 le combat contre la guerre impérialiste passait par l’action commune de la révolution russe, de la révolution allemande ou de l’insurrection irlandaise. Aujourd’hui le combat contre la guerre impérialiste passe par la lutte pour renouer le lien internationaliste de l’action commune des yéménites qui résistent aux bombardements saoudiens comme à l’obscurantisme d’al-qaida aussi bien que des « Houthis », et des syriens et kurdes contre Bachar el Assad et Erdogan.

Il ne saurait y avoir de combat anti-impérialiste qui s’en tienne à un seul impérialisme, fut-il dominant (d’autant plus que l’impérialisme des Etats-Unis est dans une crise grave). Le « campisme » conduit à choisir un camp impérialiste.

Nos ennemis de classe eux savent à quoi s’en tenir : Daniel Ortega, dictateur « de gauche » du Nicaragua, vient de féliciter le fasciste Jair Bolsonaro pour son élection soi-disant « démocratique » au Brésil !

Le collectif APLS appelle :

  • à participer à la manifestation dimanche 11, Place de la République à 14h indépendamment de ses initiateurs, en dénonçant Macron, Trump et Poutine,
  • à participer la veille au même endroit à 18h 30 à la manifestation pour la libération de Oleg Sentsov et de tous les prisonniers politiques ukrainiens en Russie,
  • à participer aux rassemblements organisés dans de nombreux départements, notamment à l’initiative de la Libre pensée, pour la « réhabilitation collective des fusillés pour l’exemple » de 1914-1918,
  • à expliquer, expliquer et encore expliquer, dans toutes ces initiatives, la nécessité pressante de reconstituer l’internationalisme  prolétarien véritable, qui affronte tous les Etats et tous les gouvernements.

Le 07-11-2018.

 

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Nouvelle-Calédonie, un résultat qui ne fait pas le compte pour l’impérialisme français.

Le référendum en Nouvelle-Calédonie devait d’après les sondages et les objectifs politiques du pouvoir d’État français donner de 63% à 75% de « Non ».

Sachant que les Kanaks, qui forment le groupe porteur de la revendication d’indépendance, font 39% de la population, force est de constater qu’il a fallu pas mal de non kanaks (d’autant plus que certains ont boycotté le scrutin à l’appel notamment des syndicats USTKE) pour que le « Oui » (à l’indépendance) fasse 46%.

Rien n’est donc terminé et, après les indépendances sans décolonisation en Afrique noire voici 58 ans, la décolonisation sans indépendance n’a pas eu lieu !

L’évènement politique est celui-là, ce qui ressort de tous les commentaires. Le coup de tonnerre d’un vote indépendantiste majoritaire a été évité, mais alors que les intérêts impérialistes et patronaux voulaient que cette date mette un point final à cette histoire, elle vient de rebondir.

VP, 04-11-2018.

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Debout ! Pour aller où ? par Robert Duguet

Quelques notes sur la situation allemande.

A l’image de Jean Luc Mélenchon, Sahra Wagenknecht, par ailleurs responsable du groupe parlementaire de Die Linke et compagne d’Oskar Lafontaine, crée le mouvement Aufstehen (Debout !), à partir d’un site internet : c’est un engagement, face à la montée inquiétante de l’extrême droite allemande, vers un populisme de « gauche ». 

Lors de la conférence de presse du mardi 4 septembre 2018, étaient partie prenante la maire sociale-démocrate de Flensburg Simone Lange, ex-candidate à la direction du SPD en avril ainsi que le cofondateur  du parti écologiste Ludger Volmer. Sahra Wagenknecht revendique 100.000 adhésions internet et le soutien de politiques, d’artistes et d’écrivains. Ce n’est pas exactement, compte tenu des institutions allemandes, le parallèle de la FI française, il s’agit d’aller vers un front politique qui rassemble le SPD, Die Linke et les Verts, en mesure d’obtenir une majorité contre Merkel et la démocratie chrétienne. Aufstehen est appelé de l’extérieur du mouvement ouvrier allemand et de ses composantes social-démocrates, SPD et Die Linke, à élaborer une stratégie de pression sur les partis politiques par les moyens d’une plateforme internet : Sahra Wagenknecht jure qu’elle n’a pas l’intention de concurrencer les partis institutionnels de la gauche et de créer un autre parti.

C’est un projet anti-AfD, le parti d’extrême droite qui a défilé à Chemnitz aux côtés des groupes néonazis. La responsable d’Aufstehen déclare :  « Pour ceux qui en doutaient encore, les émeutes racistes de Chemnitz l’ont clairement montré, notre pays connaît une profonde crise démocratique, explique Wagenknecht. Ceci est dû avant tout à un déséquilibre social qui fait que ces dernières années, plus de 50 % de la population de ce pays a vu ses revenus et sa situation se dégrader. Il est urgent de réagir. »

Mais en refusant de manifester avec les opposants aux émeutes racistes de Chemnitz, Aufstehen va-t-il jouer sur une option anti-migrants de gauche, à l’image de la FI française.

Aufstehen, au-delà de la question migratoire, va-t-il pouvoir, de l’extérieur du mouvement ouvrier, dépasser les lignes d’opposition au sein des courants sociaux-démocrates et des verts, pour cela il faudrait construire une vraie opposition anticapitaliste qui réponde à l’impatience et la colère qui se développe dans la population laborieuse, donc une stratégie de front unique qui s’appuie sur les aspirations ouvrières : outre que je ne crois pas une seule minute aux mouvements « gazeux » qui naissent sur internet, pour l’instant Aufstehen a pris la mauvaise pente du populisme.  Tout au plus ce positionnement des deux dirigeants qui ont été les chevilles ouvrières d’un courant social-démocrate de gauche, rencontre une opposition sérieuse au sein des Linke eux-mêmes, qui veulent garder leur fonctionnement de parti. Le danger est bien qu’Austehen mette en danger le parti lui-même et risque de le détruire. La sympathie que l’aile gauche du SPD pouvait nourrir à l’égard de Die Linke, ne se retrouve pas pour le mouvement Aufstehen. Par exemple, la députée SPD de Hesse Andrea Ypsilanti, si elle estime juste avec Aufstehen de dire qu’il est urgent de réagir vis-à-vis du vide politique actuel à gauche, craint le caractère vertical et personnalisé du mouvement autour d’un leader. 

Tout comme, l’abandon de la ligne socialiste de gauche promue par les fondateurs du Parti de Gauche français en 2014, confirmant l’explosion du Front de Gauche, au profit du mouvement populiste et nationaliste France Insoumise, a amené la destruction du PG. Aujourd’hui le PG, qui a subi toutes les oukases bonapartistes de Mélenchon, ses fédérations dissoutes ou mises sous tutelle, est vidé de toute sa substance militante.

Robert Duguet, 04-11-2018.

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Arguments Pour la Lutte Sociale Numéro 86 du 2 novembre 2018

Le numéro 86 au format PDF

Sommaire :

  • Éditorial : Ce que révèle le « mouvement du 17 novembre »   – Au format PDF
  • Octobre, le mois où le président des riches a perdu tout crédit
  • Où va le POI lambertiste ?
  • Éléments de réflexion sur la situation brésilienne

Dossier Brésil :

  • la compilation en PDF de nos articles consacrés au Brésil depuis 2016
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Ce que révèle le « mouvement du 17 novembre ».

Des luttes très politiques.

Toute lutte sociale dans la période actuelle manifeste assez directement son contenu politique.

Le « petit personnel » du palace Hyatt Hôtel a déjà affronté des agressions policières et celle de nervis patronaux ; allant sur les deux mois de grève, elles et ils tiennent par la solidarité, la détermination et la conscience de ce que signifie leur revendication : mettre fin au début de mise en place de l' »externalisation » des personnels hôteliers, dont ils sont les premières victimes.

Les 279 ouvriers de l’aciérie Ascova, dans le Nord, occupent toujours leur usine, manifestent leur scepticisme envers les déclarations gouvernementales sur des « repreneurs » et attendent de pied ferme M. Macron dont il se dit qu’il pourrait venir sur place.

Le personnel de la maternité du Blanc, dans l’Indre, et la population, avec le collectif Cpasdemainlaveille, refusent la fermeture de la seule salle d’accouchement à 60 km à la ronde et ont situé la lutte à son vrai niveau : un affrontement avec le pouvoir central.

Près de 2000, le quart de l’effectif, agents de l’Office National des Forêts, se sont rassemblés avec le soutien populaire local à Saint-Bonnet-de-Tronçais pour dénoncer la destruction du service public et la braderie annoncée des forêts domaniales.

Le point commun à tous ces combats et à des centaines d’autres est aujourd’hui la conscience montante que le pouvoir politique est l’adversaire. C’est en ce sens que, comme l’écrit notre camarade Jacques Chastaing, nous sommes dans une « période de grève générale« . Cette formulation a l’inconvénient de sembler dire que la généralisation est là : or, la généralisation, qui ira avec la centralisation, se cherche et rencontre des obstacles politiques. Mais elle a aussi l’avantage de donner à réfléchir sur le continu politique profond des luttes actuelles et, sous cet angle, elle touche juste. Lorsque la journée d’action – bidon – du 9 octobre a vu de vrais cortèges, c’était de fait des cortèges politiques appelant à chasser Macron ou à sa démission.

Ceux d’en bas en ont marre, ceux d’en haut n’en peuvent plus, mais ceux de « l’opposition » bouchent les perspectives.

Cette réalité ne signifie pas que l’affrontement général va automatiquement s’imposer.

Elle résulte de la combinaison de trois facteurs :

1°) le mécontentement généralisé « en bas » ;

2°) la montée de l’impuissance affichée au sommet avec la chute de Macron dans l’affaire Benalla, les démissions de Hulot puis Collomb, la difficulté de recomposer son gouvernement, qui ont brisé net la dynamique soi-disant conquérante qui était la sienne ; mais….

3°) … l’absence de perspective politique alternative du fait de ce qu’il est convenu d’appeler l' »état de la gauche », la FI étant le couronnement du problème et non pas sa solution, et du fait de la participation des directions syndicales nationales au « dialogue social » avec Macron et le patronat, qui, depuis le « sommet social » sur les retraites tenu le 10 octobre, lendemain de cette autre journée précisément sans lendemain du 9 octobre, et jour de l’ouverture d’une grave crise dans la CGT-FO, n’avancent strictement aucune perspective d’action réelle ou fictive  – en dehors de la grève contre les suppressions de postes dans l’Éducation nationale du lundi 12 novembre.

Les exploités, la majorité, ne sont pas du tout dans l’acceptation ou dans l’inaction, comme peuvent le croire les militants qui ont peiné à les entraîner dans telles « journées d’action ». Les mobilisations spontanées naissent de la difficulté croissante de la vie quotidienne et cela va continuer, et c’est précisément l’absence de perspective politique nationale (les élections européennes ne jouant absolument pas ce rôle pour l’immense majorité) qui nourrit leur radicalité croissante.

Les prix à la pompe sont, comme les salaires, une question politique !

Il est dans ces conditions tout à fait normal que la hausse des carburants, conjuguée à la baisse des salaires réels, soulève une vague d’indignation.

Cette vague est d’autant plus grande dans les secteurs de ce que l’on appelle « la ruralité », mais elle ne s’y cantonne pas. Elle l’est tout simplement parce que l’on pourrait définir ces secteurs comme ceux où l’on est condamné à la voiture pour faire ses courses, aller au travail, emmener les enfant à l’école, accéder à des services publics élémentaires – répétons-le : la fermeture de la maternité du Blanc, ville de 6600 habitants, repousserait à 60 km à la ronde la possibilité d’accoucher en milieu médical !

Et dans ces secteurs, on est légitimement ulcéré du mépris soi-disant « écologique » affiché par les partisans de la taxation des pauvres et des travailleurs, car il est notoire que la TIPP (Taxe Intérieure sur les Produits Pétroliers) finance l’ensemble de la politique du gouvernement (dont des aides à des entreprises pétrolières !) et non pas la « transition énergétique ». Les coupables du réchauffement, que les zones en « ruralité » ont déjà payé cher par la sécheresse cette année, ne sont pas les gens qui vont travailler en diesel, ce sont les magnats capitalistes qui s’appellent Total ou Shell, au compte desquels gouvernent nos … gouvernants.

Il n’y a en soi aucune contradiction entre la lutte pour les salaires et la lutte contre les prix excessifs. Et les impôts indirects comme la TVA et la TIPP sont injustes par définition. Il est donc légitime de se mobiliser contre la hausse des prix à la pompe et compte tenu de la réalité que vivent les plus larges masses, que des mouvements apparaissent sur ce thème n’a rien de surprenant.

Hausse générale des salaires, retraites, pensions et minima sociaux !

Abolition des impôts indirects,TVA et TIPP !

Taxation confiscatoire des pétroliers !

Le « mouvement du 17 novembre ».

Priscilla Ludosky, patronne d’une petite « société de vente en ligne de cosmétiques bio et de conseils en aromathérapie«  à Savigny-le-Temple, a lancé fin mai une pétition qui va probablement atteindre le million de signataires (plus de 700 000 à ce jour).

L’emballement en faveur de cette pétition est allé de pair avec la mise en route du « mouvement du 17 novembre » appelant à bloquer les routes ce jour là (un samedi), qui l’a boostée.

Les signataires signent contre la hausse du prix des carburants, et ne lisent pas forcément toute la pétition, qui est loin de se limiter à ce point et se prononce, en vrac, pour le remplacement progressif des véhicules diesel par des véhicules électriques, une « régulation » des prix de ces derniers, le travail à domicile, notamment pour les « employés » demandant une mutation pour raisons familiales à la place de celle-ci, des subventions aux patrons pour qu’ils installent leurs entreprises loin des grandes villes, et un financement public des agro-carburants (dont l’auteure de la pétition semble s’imaginer qu’ils sont un bienfait pour l’environnement …).

Malgré la vive sensibilité qui s’y exprime contre « les taxes », l’abolition des impôts indirects en général, et celle de la TIPP en particulier, n’y figurent pas …

Nous avons là des propositions sincères mais discutables, pas très surprenantes de la part d’une représentante relativement éclairée du (tout) petit patronat.

A partir du 10 octobre apparaissent des pages Facebook « Blocage national contre le prix des carburants » qui lancent, de manière simultanée, la date du 17 novembre. Priscilla Ludosky s’y rallie, ce qui va booster sa pétition. Ce sont apparemment deux chauffeurs routiers de Seine-et-Marne qui ont lancé cette date. Les associations d’automobilistes d’une part, les réseaux du RN, de DLF et de l’extrême droite d’autre part, propagent rapidement ces pages, qui se développement spontanément à grande échelle.

Le 23 octobre c’est la vidéo de Frank Buhler, semble-t-il membre de « Debout La France », ancien militant proche de Philippe de Villiers, et surtout autoproclamé « porte-parole de la patriosphère », qui assoie le phénomène : elle va avoir 4 millions de vues. Si la cible principale de Priscilla Ludosky consiste surtout dans « les taxes », Frank Buhler en a après « les bobos », catégorie qui englobe chez lui les écolos anti-diesel,les habitants des centres-villes, les défenseurs des droits des migrants et les gens trop éduqués.

Appelant au blocage des routes et péages le 17 novembre prochain, Frank Buhler explique que « quelqu’un, j’ignore qui, a lancé une mobilisation générale du peuple français« .

Quelques jours plus tard, Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan apportaient leur soutien au « mouvement du 17 novembre ». C’est au Pontet, municipalité RN (le maire est élu de la liste « Le Pontet Bleu Marine »), que s’est tenue une première réunion d’organisation du « 17 novembre » de 300 personnes environ. Christophe Chalencon, « forgeron » (patron de plusieurs entreprises de menuiserie et activités apparentées et responsable à la Chambre des métiers), ancien candidat aux législatives de « Génération citoyens », mouvement « socio-professionnel » et « social-libéral », a été désigné coordinateur départemental des 13 barrages annoncés sur le département du Vaucluse. Il a été annoncé fermement que pour éviter toute « récupération », tout drapeau, logo ou sigle politique ou syndical serait interdit sur les « blocages ». Marine Le Pen, tout en félicitant les participants, a précisé dans une déclaration faite le soir même que cette interdiction devait être levée en ce qui concerne les écharpes tricolores des élus. Demeure donc l’interdiction des partis et des syndicats : on ne participe pas au « blocage » en tant que travailleur organisé, mais en tant que « simple citoyen », salarié ou patron …

Ce 31 octobre Sputnik France, site des services de l’État russe en France, dans un article s’autorisant d’entretiens avec des hauts fonctionnaires de la police et des RT (« Renseignements Territoriaux », ex-RG), annonce que ce sera « mai 68 ».

Mai-juin 1968 fut une grève générale : avec la jeunesse étudiante et lycéenne, le salariat, par millions et millions, a réellement « bloqué le pays » et posé la question du pouvoir d’État et du caractère de la société pendant quelques semaines.

Mais on ne saurait sous-estimer l’ampleur et la signification d’un mouvement qui se dessine là, au vu des effectifs ayant visionné les vidéos du sieur Buhler et signé la pétition lancée par la commerçante de Savigny-le-Temple. Il ne fait aucun doute que la grande majorité d’entre eux sont des ouvriers, employés, salariés divers, plus encore que les petits patrons plus ou moins éclairés qui, à l’évidence, donnent le ton dans les groupes de préparation, qui en ont assez des attaques de ce gouvernement et protestent sincèrement contre la hausse des prix. Il est transparent que l’idée d’un « blocage général » est un substitut à ce qui aurait dû et pu se produire depuis longtemps : la grève générale. Mais ce n’est pas la même chose.

Quelle attitude avoir ?

Les empoignades sur les réseaux sociaux entre militants syndicalistes, de gauche et aussi « insoumis », témoignent de la difficulté à reconstituer les conditions d’un libre débat entre eux. En gros, les uns estiment que « le peuple » va bouger et qu’il faut être avec le peuple, d’autres que ce sont « les fascistes » qui sont derrière tout ça et qu’il faut s’élever contre. Les uns et les autres participent du coup d’un emballement quelque peu piégeux …

L’attitude à adopter n’est pourtant pas très compliquée à concevoir, mais auparavant, il faut clairement identifier l’obstacle qui suscite les difficultés : qu’est-ce qui fait qu’un mouvement initié par des petits patrons sur des bases de protestation petite-bourgeoise « prend » à ce point ?

C’est qu’il y a un vide. Et ce vide résulte du sentiment de découragement que distillent, non pas les dizaines de grèves dans tous les secteurs, mais bien au contraire, les « journées » des directions syndicales qui, en même temps, permettent à Macron affaibli de pouvoir engager ses attaques sur les retraites en allant tous à la concertation du 10 octobre, participent au « dialogue social » …

Au fait, les syndicats de l’ONF qui ont réussi une mobilisation unitaire et majoritaire des personnels qu’ils représentent le 25 octobre dernier ont rompu le « dialogue social » avec leur ministère : tant qu’il n’y a rien à négocier, ils refusent d’aller aux tables rondes et autres séances de yoga auxquelles on voudrait les associer …

Donc, voila qu’il y a une « mobilisation » … mais que derrière elle, il y a des forces politiques et sociales anti-ouvrières, mais que des ouvriers risquent d’y aller …

Alors que faire ?

Premièrement combattre pour l’unité dans l’action contre Macron, par la rupture du prétendu « dialogue social » comme par le refus d’attendre les élections européennes pour engager la lutte sociale. Par rapport au 17 novembre ceci permettrait une réponse offensive et non pas seulement défensive à la façon de la mise en garde diffusée par la direction de la CGT, suite aux questions dans les rangs de la confédération.

Deuxièmement, aucun compromis, aucune confusion sur la nature des forces qui ont la main sur le « mouvement du 17 novembre » : même s’il y a évidemment des petits patrons et des « indépendants » sincères, ce sont des forces anti-ouvrières, qui ne veulent pas de hausse des salaires, qui ne demandent même pas l’abrogation de la TIPP. Aucun appel commun, aucune collusion, avec eux : ils représentent, consciemment ou non, on s’en fout, l’union nationale « souverainiste » et patronale alternative à l’union nationale de Macron. C’est par la lutte des classes et pas par l’union nationale que l’on gagnera, par la grève générale et les piquets de grève mobiles que l’on bloquera réellement le pays.

Troisièmement, ne pas jeter l’anathème sur les participants de base, voire les accompagner si vraiment ça prend de l’ampleur, mais en les respectant c’est-à-dire en leur disant tout : que ce qu’il faut c’est la grève générale contre Macron et les patrons, qui sera donc aussi une grève générale contre les organisateurs (patronaux) du « 17 novembre ».

Et voici la France Insoumise …

Le 30 octobre, François Ruffin, député de la Somme, figure de la France Insoumise, réputé pour son indépendance exceptionnelle à l’égard du chef de celle-ci, parfois présenté comme un « chef alternatif », déclare : « le samedi 17 novembre, j’ai envie d’en être« . Il propose d’organiser à l’Assemblée nationale un débat entre « ces automobilistes en colère » et le responsable de la Fondation pour la Nature et l’Homme, ex-Fondation Hulot, Kevin Puiseux, pour « concilier justice fiscale et impératif écologique » – notons que nous sommes là loin du problème immédiat, l’affrontement avec un président et un gouvernement qui piétinent l’un et l’autre.

Christophe Chalencon, le responsable patronal qui coordonne avec les élus RN le « mouvement » dans le Vaucluse, lui apporte ce salut : « Lui [Ruffin] je l’aime … c’est le seul à avoir une paire de couilles …« 

Le soir du 30 octobre, en meeting à Lille, J.L. Mélenchon proclame que « la colère du 17 novembre est digne et juste« , sans faire la moindre distinctions entre les différentes « colères » appelées à fusionner. Il ajoute que parmi « ses amis et ses camarades« , les uns veulent y aller, d’autres non, et, en bon patriarche œcuménique, il leur donne à tous sa bénédiction : de tous « on sera fier«  ! La FI en tant que telle n’appellera pas, dit-il, mais c’est pour ne pas voir l’air de « récupérer » et « Peut-être que des tas de gens (…) auront trouvé le poids par lequel passer leur colère. »

Bref (et bien qu’il soit difficile de se représenter ce que peut bien être un « poids par lequel passer sa colère » ! …), J.L. Mélenchon moyennant quelques circonlocutions, soutient le « 17 novembre », après N. Dupont-Aignan, Marine Le Pen et François Ruffin.

Obtempérant le lendemain 31 octobre, le groupe parlementaire LFI pond une déclaration saluant l’égale « dignité«  de ceux qui iront parce qu’ils sont indignés, et de ceux qui n’iront pas parce qu’il y a l’extrême-droite, mais salue « l’initiative citoyenne et ceux qui y participeront » tout en ajoutant qu’à la différence de l’extrême-droite, ils n’appellent pas pour ne pas récupérer.

On tente de résumer ce méli-mélo : comme la FI sait qu’il y a l’extrême-droite, elle ne dit pas qu’elle appelle mais elle fait savoir que c’est quand même drôlement bien ce qui va se passer, elle le soutient et tout en félicitant, une fois, ceux qui n’iront pas, elle félicite, deux fois, ceux qui iront !

C’est ce qui s’appelle semer un maximum de confusion, très exactement le contraire de ce que doit être l’attitude des militants ouvriers proposée ci-dessus.

Ajoutons que superficiellement, ce soutien, non pas aux travailleurs cherchant une issue par l’action qui vont y aller, mais au « mouvement du 17 novembre » en tant que tel, pourrait sembler prendre le contre-pied d’un épisode marquant de l’automne 2013, lorsque J.L. Mélenchon avait qualifié d’ « esclaves » et de « nigauds » les ouvriers des entreprises de l’agro-alimentaire en Bretagne, avec leurs nombreuses sections FO et CGT, qui s’étaient associés à des petits commerçants et artisans dans les protestations contres les portiques des « écotaxes ».

Le contraste n’est qu’apparent. En 2013 il s’agissait de grèves contre les licenciements, d’une vague de grèves. En condamnant ce mouvement, aux côtés de François Hollande alors président et des dirigeants nationaux de pratiquement tous les partis et syndicats (à l’exception, il faut le dire, du NPA), mais dans les termes les pires, J.L. Mélenchon a précisément contribué, et pas qu’un peu, à isoler la vague de grèves ouvrières et à favoriser la récupération finale, quand le mouvement s’est épuisé, dans le cadre des Bonnets rouges sous l’égide du patronat local et de la FNSEA. Ceux qui ont réellement combattu ces derniers ont manifesté avec la masse, à Quimper, et se sont confrontés à eux dans la manifestation (il s’agit de l’UD FO du Finistère, de la FSU du Finistère, d’un certain nombre de sections CGT, du NPA).

J.L. Mélenchon, F. Ruffin et les parlementaires FI n’appellent pas à disputer l’influence des animateurs du « mouvement du 17 novembre », extrême-droite et patrons, sur celles et ceux qui participeront à cette journée : tout en disant ne pas faire de récup’, ils poussent à aller se placer sous leur direction.

Ainsi, la ligne « populiste » de rupture avec le mouvement ouvrier, avec la classe ouvrière, d’opposition aux grèves, amorcée précisément à l’automne 2013, trouve à présent son plein développement, dans ce qui ressemble de plus en plus à une orientation du type « Cinque Stelle ».

Le socle de cette orientation, c’est de ne pas affronter réellement Macron, de la même façon qu’en orientant contre « les médias » (et d’abord contre Mediapart ! ) la protestation contre les perquisitions du 16 octobre.

Étendre l’organisation et le débat dans la clarté.

A APLS, nous ne craignons guère le « 17 novembre » : si c’est un succès massif la poussée sociale vers le vrai blocage, qui s’appelle la grève, se fraiera son chemin. C’est à cela que nous voulons contribuer. L’accentuation, à cette occasion comme à la suite des perquisitions dont elle a été victime, de la dérive national-populiste de la FI, situe les responsabilités des militants ouvriers.

Il est grand temps que les militants ouvriers s’associent pour clarifier, et aller à l’affrontement central contre ce président et ce gouvernement.

A APLS, nous souhaitons œuvrer à ce qu’un cadre le permettant, au plus vite, puisse exister.

La rédaction, 02-11-2018.

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Octobre, le mois où le président des riches a perdu tout crédit.

Les données économiques publiées au troisième trimestre 2018 démentent sévèrement les annonces orchestrées par le gouvernement Macron-Philippe pour présenter les contre-réformes comme favorables à la croissance et à l’emploi. Ainsi la chute des opinions positives sur la présidence de Macron, certes aggravée par sa gestion des affaires et des crises ministérielles, repose sur les contre-performances économiques de sa politique du point de vue même des économistes bourgeois. 

Un ressenti critique

Les salariés, les retraités, les jeunes, les femmes, les mal-logés savaient déjà, depuis la baisse des dotations aux communes, la hausse de la CSG prélevée sur les pensions, la suppression de 50% des emplois aidés, la réduction des crédits d’hébergement d’urgence, etc., qu’il ne faisait pas bon vivre sous Macron. Mais le gouvernement  ne manquait pas de leur opposer une croissance  favorable en 2017 (2,3%), des créations d’emplois au plus haut (340.000) et une (faible) baisse du chômage.

En octobre 2018, 69% des Français estiment que la politique économique du gouvernement est mauvaise (Enquête mensuelle d’opinion BVA/La Tribune). C’est un record depuis octobre 2017. Les Français les plus critiques à l’égard du gouvernement sont les moins de 35 ans avec 75% d’insatisfaits. Ils sont 73% chez les 50-64 ans. Même les plus de 65 ans sont critiques à 57%.

Macron relance… le chômage…

Mais les faits sont plus cruels encore que le ressenti. Le nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A (sans aucune activité) a augmenté de 0,5% (+ 16 300), au troisième trimestre 2018, selon les chiffres publiés par le ministère du Travail le jeudi 25 octobre. Le nombre de personnes exerçant une activité réduite courte (catégorie B) augmente de 2,1% par rapport au trimestre précédent et celui des personnes en activité réduite longue (catégorie C) recule de 0,8%. Au total, le nombre de demandeurs d’emploi des trois catégories augmente de 0,4% sur le troisième trimestre (+21 700) et de 0,6% sur un an.

La hausse concerne toutes les catégories d’âge. La plus forte touche les chômeurs de 50 ans et plus : +0,6% sur le trimestre. Chez les moins de 25 ans, la hausse est de +0,3% sur le trimestre.

Comme au trimestre précédent, le chômage de longue durée a plus fortement augmenté : en incluant les demandeurs d’emploi ayant exercé une activité, 2,811 millions étaient inscrits depuis plus d’un an. Un chiffre en hausse de 1,1% sur le trimestre et de 6,4% sur un an.

L’Observatoire Français des Conjonctures Économiques (OFCE) prévoit « un moindre dynamisme des créations d’emploi cette année (233.000) contre 347.000 en 2017 ». Cette baisse devrait se poursuivre dans les deux années à venir (161.000 en 2019 et 116.000 en 2020).

… et la stagnation

Ce «  moindre dynamisme »  de la création d’emploi  est lié au ralentissement de la croissance française en 2018. Le gouvernement a révisé sa prévision de croissance à la baisse pour 2018 passant de 2% en avril dernier à 1,7%. Ce faisant, le gouvernement Macron-Philippe manifeste  plus  d’optimisme que l’Insee, la Banque de France  ou le FMI qui prévoient 1,6% pour cette année. Le gouvernement table aussi sur un rebond en 2019 (1,8%) et une baisse en 2020 (1,5%). Mais là encore d’autres prévisionnistes comme l’institut COE Rexecode sont beaucoup plus réalistes. Dans ses dernières prévisions COE Rexecode anticipe une croissance à 1,6% pour 2018 et 1,3% pour 2019, « sous réserve que la conjoncture mondiale ne se dégrade pas significativement. »

De fait, de nombreux risques, parmi  lesquels les mesures protectionnistes de Trump, pourraient venir peser sur la conjoncture mondiale. L’OFCE anticipe une baisse du produit intérieur brut mondial passant de 3,4% à 3,1% entre 2018 et 2020 avec un coup de frein encore plus marqué dans les pays industrialisés.

Ce qu’il reste de convaincus à la Macronie fera valoir que le ralentissement de la croissance ne concerne pas seulement la France. Dans la zone euro la croissance est passée de 0,7% pour chacun des trimestres de 2017 à 0,4% au 1er trimestre 2018. Mais ce recul est inégal. Il frappe davantage la France, la Grande Bretagne, l’Italie.

Environ deux tiers de cet écart de croissance entre la France (0,2%)  et celui de la zone euro hors France) s’expliquent par la mauvaise performance de la consommation des ménages, conséquence directe des mesures fiscales : l’augmentation de la fiscalité directe avec la hausse de la CSG « non compensée par la baisse des cotisations salariés » et la hausse de la fiscalité indirecte sur le tabac et les carburants

Ce ne sont pas les statistiques qui chasseront  Macron…

Les Français sont là devant la réalité de la politique du gouvernement Macron : il doit diminuer les salaires réels, diminuer les budgets sociaux. Il doit  prélever par des taxes toujours plus élevées sur la consommation des travailleurs, la part, jamais suffisante qu’il distribue au capital. Les Français sont de plus en plus nombreux à ressentir cette réalité. Aujourd’hui 69%. Mais aujourd’hui aussi, et aussi longtemps qu’elle ne pourra pas surmonter la division par une lutte sociale d’ensemble, aussi longtemps qu’elle ne s’unira pas sur le projet politique d’en finir avec les institutions du capital, cette majorité restera impuissante. 

LM, 30-10-2018.

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