La canicule est un fait politique central, décisif, envers la France. Ne l’appelons pas « canicule », mais ce qu’elle est : la catastrophe thermique montante, dans la catastrophe bio-géo-climatique globale que l’accumulation et la circulation accélérées du capital ont largement engagée. Pendant des jours, des gens mourraient souvent seuls chez eux. Pendant des jours, une chape terrible nous a écrasés. Comme déjà chaque année pour un milliard d’Indiens. L’horrible hécatombe dans les élevages industriels signe non pas la faible durabilité, mais l’obsolescence immédiate de ce type d’entreprise qui ne vise pas à produire de la nourriture, mais à accélérer accumulation et circulation du capital. Et la peur que cela recommence, dans quelques jours, est là. Personne ne peut plus parier que nous verrons les 50 degrés dans longtemps.

La catastrophe thermique a clairement vu gouvernement et appareil d’État dans le rôle, non seulement de ceux qui n’ont volontairement rien anticipé tout en prétendant outrageusement l’avoir fait, mais dans le rôle de ceux qui ne veulent rien faire et renvoient tout sur la population, et singulièrement sur les femmes, les mamans, assignées au rôle de responsable de l’hydratation des vieux, des malades et des enfants. Honte !

La catastrophe thermique a renvoyé les rodomontades climato-sceptiques au musée des horreurs criminelles. Elle porte un coup à la principale force politique du trumpisme et du fascisme climatique qui, avec un Elon Musk et autres tarés tout-puissants, veulent que crève le plus grand nombre : le RN et la droite façon Retailleau qui ont combattu toute mesure pendant des décennies et qui tentent maintenant de faire croire que la clim’ c’est avec eux !

La catastrophe thermique remet, hélas, toutes les pendules à l’heure. Elle met à l’ordre-du-jour la grève climatique. Le ministre du Travail Farandou, avant d’inviter les dirigeants syndicaux à voyager avec lui en Espagne pour voir comment on fait la sieste dans l’entreprise, au nom du « dialogue social », a déclaré qu’il faut toujours bosser quand il fait 30 degrés. Il nous indique le curseur : à 30 degrés, on arrête tout ! Grève climatique ! Voilà ce que serait un mot d’ordre intersyndical efficace, mettant en cause le pouvoir en place et forçant la bataille écologique la plus concrète !

Force est de constater que toutes les directions syndicales en sont très loin, même si elles parlent droit de retrait, etc., et si les fédérations de l’Éducation nationale ont déposé des préavis de grève climatique, ce qui prouve que la question est pleinement posée et le sera de plus en plus.

Mais la campagne déjà engagée pour les présidentielles n’est-elle pas l’illustration même de l’écart absolu entre réalité et discours officiels ? Cela vaut pour les candidats d’extrême droite et de droite adeptes, comme Retailleau, de l’ « écologie non punitive », c’est-à-dire de la punition par l’hyperthermie de tous les pauvres, vieux, malades, enfants dans les écoles sans volets. Mais cela vaut aussi à gauche, d’une part pour la pléthore de candidats « non mélenchonistes » dont ceux qui se situent sur le terrain de la présidence Hollande dont Macron fut le produit. Et aussi pour J.L. Mélenchon. Car la grève climatique et l’action de masse sont des questions immédiates, ici et maintenant, qui ne sauraient attendre l’arrivée du Sauveur suprême à l’Élysée, qui ne nous sauvera pas, c’est clair. Sauvons-nous nous-mêmes et soufflons nous-mêmes notre forge, comme dit la chanson, ou plutôt : construisons nous-mêmes les abris et les protections du genre humain et des milieux de vie !

Le réalisme impose de dire haut et fort que le scenario pré-écrit d’une présidentielle où la gauche divisée ne laisse de la place qu’à J.L. Mélenchon pour qu’à l’arrivée RN et union des droites prennent les rênes de la V° République, n’est en rien écrit. Car il y aura d’autres chocs thermiques. Car Trump et Poutine sont en difficulté, le premier devant le peuple américain, le second devant la résistance armée de l’Ukraine, qui peuvent rebattre les cartes. Et parce que les luttes sociales en France n’attendront pas. Déjà le mouvement féministe est en train de contraindre l’Assemblée nationale à aller vers une loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles envers les femmes et les enfants.

Il circule ce jour le fait que le NPA-A se rallierait à la candidature Mélenchon au nom de l’unité de la « gauche de rupture » et du « front uni antifasciste » (même si c’est plus complexe et nuancé dans le NPA-A, ce qui en résulte, c’est cela). Mais qu’est-ce qu’une « gauche de rupture » et qu’est-ce qu’un « front uni antifasciste » ?

Une gauche de rupture n’appelle pas les exploités et les opprimés à attendre le salut d’une élection présidentielle, et elle ne soutient pas XI Jinping et Poutine contre les peuples, soutenant ainsi sans le dire aussi Trump et J.D. Vance !

Le front uni antifasciste n’est pas une affaire d’idéologie mais de réalité : c’est le front commun pour interdire l’arrivée au pouvoir en France du RN et de l’union des droites.

La rupture anticapitaliste et l’unité antifasciste, c’est tout de suite pour la grève climatique et la défense de toutes les revendications, et c’est là-dessus que l’unité doit être imposée et peut l’être.

Les présidentielles ne sont pas jouées, en rien, ni même l’alignement des éléphants pour le premier tour, car la triple réalité de la catastrophe bioclimatique, du combat des peuples contre Trump et Poutine, et de la lutte sociale, est plus vaste et plus forte.

Aplutsoc appelle à participer aux manifestations féministes dans toute la France ce samedi 4 juillet, et invite à discuter des perspectives et de l’action commune nécessaire pour gagner dans la réunion-débat que nous organisons ce dimanche, 5 juillet, à 14h au Maltais Rouge (40 rue de Malte – Métro République ou Oberkampf) à Paris (nous contacter pour avoir un lien afin de participer en visio : écrire à aplutsoc@netc.eu ).