
Choc thermique et pouvoir politique.
Le pays est sous le choc thermique. Les 50 degrés ? On les verra. Cette année ? Pour l’instant, non, mais on ne saurait parier. On dit souvent que le gouvernement, comme les autres d’ailleurs, ne fait rien. C’est inexact, il a une politique : cette politique, c’est de ne prendre, tout en discourant, aucune mesure sérieuse pour ne pas aggraver encore le phénomène, de poursuivre la combustion de carbone pour faire tourner et circuler le capital, et de considérer que la population, la société, doivent « s’adapter ».
Une adaptation qui, à horizon séculaire, si le capital et ses gouvernements restent au pouvoir, tend vers la mort. Et tout de suite en France, dans les quelques jours devant nous, effondrement de la récolte céréalière et risque d’incendies généralisés.
Quelle démonstration terrible de ce que les besoins sociaux majoritaires ne guident en rien le pouvoir politique !
Quelle démonstration de l’urgence d’un régime démocratique et d’un gouvernement au service du plus grand nombre !
La Coalition féministe et enfantiste pose les questions politiques de fond.
Les réalités politiques de fond dans ce pays ont crevé la surface officielle du RN, des médias et du gouvernement, avec la réaction féminine et populaire au viol et au meurtre de la petite Lyhanna, qui, après le procès de Mazan, ont inscrit la question de la lutte contre la violence masculine et masculiniste au centre de la situation politique et de l’affrontement avec l’extrême droite.
Des manifestations tous les lundis devant les tribunaux visant à converger dans une grande vague le samedi 4 juillet pour forcer l’Assemblée nationale à être une Assemblée nationale et à voter une loi intégrale sur les violences sexistes et sexuelles et les violences faites aux femmes et aux enfants : c’est un mouvement politique de fond pour la démocratie et l’exercice du pouvoir législatif en faveur de l’immense majorité.
Et pendant ce temps, au Sénat…
Le pouvoir, là encore, a d’autres préoccupations. Son agenda n’est pas celui du corps social majoritaire. Il tente d’aller jusqu’au bout… contre le 1° Mai et pour l’augmentation du temps de travail. On se rappelle les actes illégaux délibérément commis et promus par le premier ministre ce 1° mai. Au Sénat ce mardi 16 juin, le ministre Farandou est venu stimuler les sénateurs de droite et du centre.
Mais c’est poussif : échaudés par le potentiel de l’unité syndicale, ils ont voté une loi qui s’en remet à des négociations de branches dans la boulangerie et la fleuristerie prétendument « artisanales », et il renvoie la suite du film en septembre à l’Assemblée nationale pour une adoption définitive d’ici au… 1° mai 2027 qui, comme on sait, fait suite à la présidentielle…
La tenaille Mélenchon/dispersion ne conduit pas à la victoire !
La présidentielle : voilà la grande affaire qui est supposée corseter la situation tout en nous conduisant à l’arrivée au pouvoir du RN et de l’union des droites. Macron, qui a commencé son double quinquennat en recevant Poutine au château de Versailles et vient d’y recevoir Trump, le terminerait donc ainsi. Répétons-le : L’obstacle politique clef réside justement dans le décalage entre la réalité sociale et humaine et l’orchestration de la présidentielle autour des Sauveurs suprêmes.
À gauche, nous avons d’un côté la campagne lancée de J.L. Mélenchon. Il est compréhensible que des centaines de milliers, notamment dans la jeunesse, veuillent y voir la seule issue possible.
Mais la méthode et l’orientation plus bonapartistes et autoritaires que jamais, l’injonction à l’unité disciplinée derrière le Chef, le mépris affiché par celui-ci pour des secteurs entiers de la population prolétarienne qu’il voue et livre au RN, et une orientation de politique étrangère, similaire à celle du RN et de l’union des droites, qu’il a encore rappelée en exigeant des puissances européennes qu’elles ne tolèrent pas la défense ukrainienne contre les bases militaires et les raffineries russes, l’ensemble de ces facteurs rendent impossible la réalisation de l’unité sur sa candidature.
Cela, alors qu’une candidature commune combinée à la préparation de législatives pour élire une constituante serait parfaitement possible eu égard aux rapports sociaux et politiques réels – et pourrait même encore être celle de J.L. Mélenchon s’il faisait ce choix politique contraire à toute son orientation depuis une décennie.
Ce qui lui permet de démarrer ainsi, en confondant appel à l’unité et stratégie contre-productive du salami et du rouleau compresseur, ce sont les « vieux partis », en ce sens bien vivants car politiquement actifs, le PS et le PCF.
Le PS par la pression de son aile néo-gouvernementale intégrée à la V° République et puissante dans les exécutifs régionaux, qui prépare en fait la candidature Hollande, et les hésitations et palinodies de sa direction confrontée à cette offensive.
Le PCF par la persistance à préserver la direction et l’éventuelle candidature de Fabien Roussel.
Et les Écologistes sont tiraillés entre l’ambition présidentielle de leur présidente et les ailes pro-Mélenchon et pro-Glucksmann (ou Hollande ?), Ruffin disant pouvoir passer outre à une Primaire que seule Autain et L’Après défendent réellement.
Se crée ainsi un vide agité où prolifèrent les candidatures tout en s’accordant avec J.L. Mélenchon contre toute primaire populaire réunissant la base pour qu’elle puisse trancher et gagner comme elle l’avait déjà fait en 2024.
Pas plus que l’orientation et les méthodes populo-bonapartistes de Mélenchon, cette prolifération dans le vide ne doit tromper : ce que la combinaison des deux prépare, c’est la défaite, et la défaite, ce sont le RN et l’union des droites au pouvoir.
Front commun et Comités d’action.
Cependant, la réalité sociale que nous rappelions ci-dessus est tout autre ! Alors ?
Alors, est-ce que les comités d’action unitaires, ou quel que soit le nom qu’on leur donne, sont encore possibles ? Soyons clairs : la question n’est pas de savoir si ce mouvement, qui avait été celui du NFP, reprendra ou non, mais quand. Car l’urgence et le danger le feront reprendre. Mais il ne faut pas que ce soit trop tard.
Ce n’est pas de combinaisons de sommets que peut sortir le sursaut, mais, comme en 2024, d’une poussée d’en bas contraignant les sommets.
Seulement, les comités d’action nécessaires ne peuvent être ni « l’unité antifasciste » derrière et sous l’égide de J.L. Mélenchon, ni « l’union de la gauche sans J.L. Mélenchon ». Dans les deux cas, complémentaires, nous avons l’impasse et l’organisation de la défaite.
Est nécessaire et possible le front commun pour battre le RN et l’union des droites et imposer, tant aux probables législatives qu’aux présidentielles, revendications et candidats choisis par les forces populaires.
Ainsi, c’est le front commun contre l’extrême-droite et l’union des droites, vertébré par les syndicalistes et associant sans conteste toutes les forces politiques relevant de « la gauche », qui a gagné mardi à Moulins contre l’union des droites.
Rendre cela possible à l’échelle du pays, gagner contre le RN et l’union des droites en renversant la V° République, imposer front commun et comités d’action avant la présidentielle, tel est le sujet de la réunion-débat publique à laquelle Aplutsoc vous convie le dimanche 5 juillet à 14h à Paris, au Maltais rouge, ou en visio.
Cette initiative suscite votre intérêt, vous semble nécessaire et utile : aidez-nous pour la réussite de cette initiative !
Faites tourner le flyer d’invitation : Télécharger le flyer (PDF)