Samedi 18 juillet au soir, des manifestations se poursuivent dans plusieurs villes ukrainiennes contre la démission de Mykhailo Fedorov de son poste de ministre de la Défense.
Le soir du 18 juillet, une manifestation s’est déroulé à Kyiv pour le troisième jour consécutif, exigeant la réintégration de Mykhailo Fedorov au poste de ministre de la Défense. Les manifestants réclament également la destitution d’Oleksandr Syrskyi, commandant en chef des forces armées ukrainiennes. À 21h45, environ 2 000 personnes s’étaient rassemblées pour une manifestation à Kyiv.
Dnipro : les manifestants affirment qu’au moins 100 habitants se sont rassemblés lors du rassemblement, et leur nombre ne cesse d’augmenter. Parmi les slogans scandés par les manifestants, on retrouve « Les soldats ne sont pas des esclaves », « Syrskyi doit partir », et « Le pays a besoin de changement, le pays a besoin de réformateurs ».
Mykolaïv : 150 personnes ont participé à une manifestation contre le limogeage de Mykhailo Fedorov de son poste de chef du ministère de la Défense ukrainien. Les habitants ont défilé dans la rue Soborna en scandant des slogans en soutien à l’ancien ministre de la Défense.
Ternopil : Un rassemblement de soutien à Mykhailo Fedorov a également lieu à Ternopil.
À Kropyvnytskyï, des manifestants se sont rassemblés près de la place des Héros de Maïdan. Ils exigent la réintégration de Fedorov et la destitution du commandant en chef Oleksandr Syrskyï.
Les manifestants brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « La Russie célèbre la démission de Fedorov », « L’indifférence est l’amie de la tyrannie ».
Environ un millier de personnes se sont rassemblées rue Deribasovskaya à Odessa. Les manifestants protestaient contre la démission de Fedorov de son poste de ministre de la Défense ukrainien.
Des rassemblements de soutien à Fedorov ont également lieu à Rivne, Khmelnytskyi, Tcherkassy, Jytomyr, Loutsk, Tchernivtsi et Vinnytsia.
À Dnipro, des manifestations contre la démission de Mykhailo Fedorov de son poste de ministre de la Défense ukrainien se poursuivent pour le troisième jour consécutif. Au moins 200 personnes y ont participé. Parmi les slogans scandés par les manifestants, on retrouve : « Les militaires ne sont pas des esclaves », « Syrsky, dehors ! », « Le pouvoir appartient au peuple » et « Le pays a besoin de changement, le pays a besoin de réformateurs ».
Le soir du 18 juillet, les habitants de Jytomyr sont descendus dans la rue pour la troisième fois, protestant contre le limogeage du ministre de la Défense ukrainien Mykhailo Fedorov et réclamant la destitution du commandant en chef des forces armées ukrainiennes Oleksandr Syrsky. Une centaine de personnes se sont rassemblées place Korolev, face à l’hôtel de ville de Jytomyr, brandissant des pancartes en carton avec des slogans réclamant la réintégration de Mykhailo Fedorov et la destitution d’Oleksandr Syrsky. On pouvait entendre les slogans suivants : « Rendez-nous Fedorov ! », « À bas Syrsky ! ».
Le 18 juillet, un troisième rassemblement de soutien à Mykhailo Fedorov a eu lieu à Khmelnytskyï . Les participants protestaient contre la décision du président Volodymyr Zelensky de ne pas reconduire Fedorov au poste de ministre de la Défense. Près de 150 personnes ont participé à ce rassemblement
Plus d’une centaine de personnes sont descendues dans les rues de Cherkasy pour soutenir Mykhailo Fedorov, que le président a limogé de son poste de ministre de la Défense le 15 juillet.
Source : PLT/RESU



Voir aussi : https://samizdat2.org/vitaliy-dudin-declare-le-limogeage-de-fedorov-nest-pas-la-question-principale-lavenir-de-lukraine-lest/
Vitaliy Dudin déclare : « Le limogeage de Fedorov n’est pas la question principale. L’avenir de l’Ukraine l’est »
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Il me semble utile de reproduire ici tout le billet de Vitaly Dudin tel que publié sur divers sites, et de le discuter rapidement. Voici ce billet :
« Le remaniement du gouvernement ukrainien a suscité des débats enflammés. Beaucoup discutent des personnalités : Mykhaïlo Fedorov était-il un ministre efficace, est-il devenu trop influent, ou le président Zelensky cherche-t-il à éliminer des rivaux potentiels ?
Ces questions peuvent être politiquement pertinentes. Mais elles passent à côté de l’essentiel.
La vraie question est celle de l’État que l’Ukraine est en train de devenir sous la pression d’une guerre longue.
Sotsialnyi Rukh (Mouvement social) [5] a constamment critiqué l’agenda néolibéral de Fedorov. Sa vision de l’« État numérique » a trop souvent rimé avec dérégulation, externalisation et affaiblissement des protections du travail, le tout en célébrant l’esprit d’entreprise à la Silicon Valley. Les travailleuses et les travailleurs ont toutes les raisons de rester critiques à l’égard de ce modèle.
Pourtant, s’opposer au néolibéralisme ne signifie pas soutenir l’influence politique croissante du commandement militaire.
Les informations suggérant que le commandant en chef a joué un rôle décisif dans la composition du gouvernement civil devraient préoccuper toutes celles et tous ceux qui sont attachés à la démocratie [6]. Les dirigeants militaires sont responsables des opérations militaires. Les gouvernements civils doivent rester responsables devant la société.
Le débat stratégique va bien au-delà d’un seul ministre.
L’Ukraine est confrontée à deux approches concurrentes pour une guerre longue.
L’une cherche à compenser la supériorité numérique de la Russie par une mobilisation toujours plus grande, une centralisation accrue et des marchés publics concentrés chez un nombre limité de grands producteurs de défense.
L’autre cherche à compenser le désavantage démographique de l’Ukraine par l’innovation technologique, la production distribuée, la concurrence entre développeurs, une adaptation rapide et le recours intensif aux drones, à la robotique et aux systèmes numériques [7].
Pour l’Ukraine, il ne s’agit pas simplement d’une question de doctrine militaire.
La Russie peut se permettre d’énormes pertes humaines. L’Ukraine ne le peut pas.
Chaque soldat expérimenté est aussi un travailleur, un ingénieur, un enseignant, un médecin ou un parent dont les connaissances seront indispensables pour reconstruire le pays après la guerre. Une stratégie de défense réussie doit donc maximiser les avantages technologiques de l’Ukraine tout en minimisant les pertes humaines inutiles.
Ce n’est pas seulement une nécessité militaire. C’est une nécessité sociale.
En même temps, la modernisation technologique ne peut pas devenir un autre prétexte à la restructuration néolibérale. Le secteur de la défense doit servir la société plutôt que les monopoles privés. L’innovation devrait renforcer les capacités publiques, les conditions de travail décentes et la responsabilité démocratique — et non enrichir une nouvelle génération d’oligarques ou d’investisseurs étrangers.
L’Ukraine a besoin à la fois de démocratie et d’innovation.
Elle a besoin d’un contrôle civil sur les forces armées.
Elle a besoin d’une modernisation technologique sans dogme néolibéral.
Et elle a besoin d’une stratégie qui défende non seulement les frontières de l’État, mais aussi les personnes qui devront reconstruire le pays une fois la guerre terminée.
L’avenir de l’Ukraine ne sera pas décidé en choisissant entre des factions concurrentes de l’élite politique. Il sera décidé par la capacité du pays à se défendre tout en préservant les fondements démocratiques et sociaux qui méritent d’être défendus. »
Vitaliy Dudin est avocat spécialiste du droit du travail et figure de proue de Sotsialnyi Rukh (Mouvement social), la principale organisation socialiste démocratique d’Ukraine
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Voici maintenant la réponse de Yana, militante féministe radicale anticapitaliste, co-fondatrice du groupe féministe Bilikis, de L’viv, à la question : « Yana pourquoi tu participes aux manifs pour soutenir Fedorov ? » :
« « Je suis fière de faire partie de cette nation.
J’ y participe pour soutenir toutes celles et tous ceux qui se battent pour notre liberté et notre indépendance dans la guerre contre la Russie
Sirsky, dehors !
Fedorov, ministre de la Défense de l’Ukraine ! »
(transmis par Patrick LT dans le cadre du RESU).
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Je vais vous dire franchement : je préfère la réponse de Yana à la sage explication de Vitaly, même si tout est vrai et bien pesé dans celle-ci. Mais ce qui semble ne pas s’y trouver, et sans quoi les meilleures explications du monde sont fausses, c’est le mouvement réel.
Yana et les larges masses, la jeunesse et les femmes, sont « 1000 fois plus à gauche » que les organisations, conformément à une vieille expression, entre autre employée par Léon Trotsky faisant l’histoire de la révolution de février 1917 !
Se fait-elle des illusions sur Fedorov ? Peut-être, mais ce n’est pas sûr du tout. Elle saisit qu’il y a là le levier pour agir. La preuve : les larges masses n’en sont déjà plus à crier pour rétablir Fedorov. Elles veulent virer Syrsky, mettre tout l’état-major sous contrôle, elles égratignent sévèrement Zelensky, et elles savent que la masse des soldats est avec elles.
C’est cela, le mouvement réel. Ce sur quoi il porte, ce qui se joue avec lui, c’est le contrôle de l’armée, c’est donc la nature de l’Etat. Maintenant. C’est seulement dans ce mouvement que le néolibéralisme peut être battu, et pas dans des livres.
Le limogeage de Fedorov n’est pas la question principale ? Bien sûr que si ! les masses en ont fait la question principale et en même temps par cela même elles sont en train de la dépasser, car elles en font la question de l’armée, la question de l’Etat !
Etre intellectuellement tout en avant des masses avec une compréhension aiguisée risque donc d’avoir ici pour conséquence d’être loin en arrière de leur action réelle telle qu’elle est engagée.
Avec Yana, avec la jeunesse ukrainienne, pour une armée démocratique et sous contrôle, en avant ! Maintenant !
VP.
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