Dans un vote serré, qui n’a mobilisé que 15.000 adhérents, les militants socialistes ont mis le dernier clou dans le cercueil de la primaire. C’est un choix de clarification. Le PS décide de tourner le dos à la gauche et de pivoter vers le centre, vers la droite.
Restera donc dans l’histoire son irresponsabilité dans un moment grave pour notre pays, à la fin d’une semaine où Marine Le Pen, condamnée lourdement deux fois pour détournement de fonds publics, s’est déclarée candidate à la présidentielle, où la loi offrant un permis de tuer aux policiers a été votée, où la macronie a proposé pour le poste de défenseur des Droits un homme connu pour son opposition franche aux droits et aux libertés fondamentales. Affligeant.
Au fond, les socialistes sont restés le nez rivé sur leurs enjeux internes, et pas ceux du pays. Ils ont opté pour le repli. Depuis le lancement à Bagneux en juillet dernier de Front Populaire 2027 à l’initiative de Lucie Castets, le PS n’a pas permis de construire la dynamique nécessaire pour rendre évidente et incontournable la primaire de la gauche et des écologistes. Il eut fallu investir le cadre, honorer la promesse de conventions thématiques, assurer des meetings dans toute la France donnant à voir l’union, avancer le travail programmatique commun (sans attendre le vote du programme du PS qui est intervenu… en juin !), mettre en place des collectifs locaux et transpartisans… En un mot : assurer la réalité et la vitalité de notre démarche partout en France. Ainsi nous aurions pu devenir crédibles, et la candidature commune aurait trouvé sa place dans les sondages.
Mais dès l’automne, les socialistes ont préféré mettre leur énergie dans les négociations avec Sébastien Lecornu pour éviter la censure du gouvernement, fragilisant au passage l’union de la gauche et des écologistes. Pendant ce temps, les opposants à Olivier Faure, avec Raphaël Glucksman et poussés dans le dos par François Hollande, ont musclé leurs critiques, leur jeu, sapant l’espoir du rassemblement. Nous, les partenaires, nous sommes montrés compréhensifs à l’égard des contestations internes qu’affrontait la direction du PS. Au risque de l’enlisement. C’est finalement Boris Vallaud qui a donné le coup de grâce, en prêtant main forte à l’opération de destruction du rassemblement de la gauche et des écologistes en cours avec FP27.
Le tournant est cinglant. Le PS montre qu’il n’a pas tiré les enseignements de la catastrophe des années Hollande, et par la suite, du score d’Anne Hidalgo en 2022 – 1,75%. Avec la NUPES et le NFP, nous étions fondés à penser que des leçons avaient été tirées, que le PS s’était réancré durablement à gauche. Mais le vote du 9 juillet montre que les vieux démons ont resurgi. C’est tragique pour le PS. Mais c’est surtout lamentable pour l’avenir de la gauche et du pays.
Ce qui me frappe, c’est le décalage saisissant entre, d’une part, les choix d’appareils politiques – le PS mais aussi LFI – qui ont décidé de rejouer les deux gauches irréconciliables – et, d’autre part, l’aspiration du peuple de gauche à l’union. Je rappelle que 80% des électeurs·rices veulent une candidature unique pour 2027. Pourquoi ? Parce qu’elles et ils savent la menace de l’extrême droite. Parce qu’elles et ils ont conscience que pour accéder au 2nd tour, le plus sûr chemin, c’est d’unir les forces. Parce qu’elles et ils ont bien vu que sur le fond, nous sommes capables de trouver des compromis, des consensus, et pas à l’eau de rose, comme nous l’avons montré ces dernières années avec la NUPES puis le NFP.
Même si des rebondissements ne sont vraiment pas à exclure, le tapis rouge est maintenant déroulé pour la candidature de Raphaël Glucksmann. Or elle s’adresse à la bourgeoisie, au détriment des classes populaires. Elle vise les électeurs macronistes déçus, au détriment du cœur de la gauche. Raphäel Glucksmann n’incarne pas l’espoir d’une transformation profonde, sociale et écologiste. Il ravive le spectre des ères Hollande et Macron. On a déjà donné.
Tous les ex-partenaires du PS qui aspiraient à la primaire l’ont écrit ensemble, dans une lettre adressée au PS il y a dix jours : nous ne participerons pas à ce scenario.
Si la situation est dangereuse, préoccupante voire désespérante, les carottes ne sont pas cuites. En réalité, nous sommes encore loin du but. Il peut se passer beaucoup de choses d’ici l’élection présidentielle. Gardons le cap : l’union sur la base d’un projet de changement radical de l’ordre existant.
En attendant que le paysage s’éclaircisse, ne restons pas les bras croisés, prenons l’initiative. Tous les partenaires hors PS de la primaire ont vocation à se rencontrer et à chercher ensemble la voie de l’espoir.
Maintenant que la primaire est enterrée, ce sont les sondages qui vont servir de boussoles ! C’est consternant pour une gauche attachée à la démocratie, aux médiations, et qui conteste le présidentialisme dans son projet politique. Mais, avec la mort de la primaire, nous en sommes là. La solution n’est pas d’ajouter des candidatures aux nombreuses existantes mais de voir comment nous pouvons en propulser une, celle qui fédère le plus.
S’il se confirmait à l’automne que Jean-Luc Mélenchon était toujours en tête à gauche, ce serait à lui de créer les conditions du rassemblement. S’il veut gagner, il doit chercher des alliés. Et ce d’autant que, si les droites s’unissent, notamment avec la fusion des candidatures d’Édouard Philippe et de Gabriel Attal, voire celle aussi de Bruno Retailleau, la marche du second tour risque d’être bien plus haute que prévue. Et les 15 ou 16% de Mélenchon aujourd’hui ne suffiront pas, sans compter l’effet inquiétant sur l’électorat de gauche de son (très faible) score de second tour face à Marine Le Pen ou Jordan Bardella, tel qu’il est aujourd’hui mesuré dans les enquêtes d’opinion. Ce n’est pas en galvanisant seulement les sphères insoumises, comme il a su le faire en ce début de campagne, qu’il peut emporter le morceau. C’est en ouvrant les bras, les portes et les fenêtres.
Jean-Luc Mélenchon peut-il démontrer sa capacité à fédérer ? S’il a su le faire à plusieurs moments importants de sa trajectoire, dès le début de son ascension avec le Front de Gauche, il ne l’a pas fait ces derniers temps, notamment depuis qu’il a torpillé le NFP et refusé tout cadre de rassemblement pour 2027. Peut-il sortir de ses haines cuites et recuites, qui ne sont jamais de bons guides quand on aspire à changer le quotidien des gens et à présider la France ? Peut-il infléchir son profil pour rassembler davantage que cliver, à gauche et dans le pays ? Là est la question que beaucoup de dirigeants, de militants et de sympathisants se posent.
C’est une folie de penser que la France insoumise pourrait seule gagner dans le pays et avoir seule une majorité pour gouverner ! Qui peut y croire ? C’est pourquoi Jean-Luc Mélenchon, encore une fois s’il veut gagner, doit convaincre très au-delà de sa fan-zone. Or pour l’instant, il n’a envoyé aucun signal d’ouverture vis-à-vis d’éventuels partenaires. Il s’enferre dans les ultimatums et phrases comminatoires – « Ici est la force. Vous avez compris ? », quand il n’insulte pas les uns puis les autres. La logique de la soumission ne peut pas fonctionner. En réalité, la balle n’est pas de notre côté : elle est dans ses mains.
L’histoire n’est jamais écrite. La présidentielle est jalonnée de surprises et d’inattendus. Dans la tempête, face aux monstres qui resurgissent, garder la tête froide et le cap stratégique général est la seule attitude qui vaille.
Clémentine Autain, le 11 juillet 2026.
Source : https://clementine-autain.fr/apres-le-dernier-clou-dans-le-cercueil-de-la-primaire-pose-par-le-ps/
Saluons donc, et dans le cadre de cette analyse de Clémentine Autain, la position très claire du NPA anticapitaliste qui annonce qu’il ne présentera ni POUTOU ni autre candidat, au vu de la nécessité impérieuse de construire ce que décrit à sa manière Clémentine, un barrage à la montée du fascisme. Même si le personnage de Mélanchon me révulse pas mal si ses positions pro poutiniennes me font gerber, j’irai voter pour lui, tout en connaissant bien le client, depuis des dizaines d’années, avec son campisme opportuniste, ses raccourcis et sophisme typiques POI et toute les scories lambertistes et réac qui vont avec. J’espère que LO va se situer autrement que d’habitude, et qu’ils ne vont pas encore jouer la nième posture d’isolement, en attendant la révolution prolétarienne de masse etc…Là c’est d’unité qu’il faut parler, au delà des grosses divergences. Il y a des millions de gens qui refusent l’arrivée des fascistes au pouvoir : fournissons leur une perspective d’unité large de mobilisation pour sauver ce qu’il reste de la gauche et des mouvements sociaux, détruits et divisés par les sociaux démocrates et les néo staliniens marchands de bretelles. Parlons à celles et ceux qui n’ont pas le souci primordial de survivre en tant qu’élus, bureaucrates installés, professionnels de la politique bourgeoise mais regroupons nous sur des plateformes larges comme celles du nouveau front populaire que les Hollande, Roussel, Glucksmann, Faure, etc. etc.ont cassé, dispersé, pour leurs petites boutiques de « planqués bien à l’aise » dans cette pseudo démocratie française. Je suis vieux et j’ai le souvenir de tellement de trahisons depuis plus de 70 ans, de cette miterrandie toxique qui a affaibli la classe ouvrière, démantelé la notion même de « services public » que je trouve bien que des gens comme Autain, et bien d’autres se manifestent avec précision. Je ne pensais pas, jeune militant en 1981 que les trahisons iraient de Ralite à Rocard, de la CFDT à la CGT et FO, et pourtant on se méfiait de ces dirigeants, déjà bouffés par la pression et la séduction du Capital. Souvenons nous de cette secrétaire de la CFDT qui a fait le bonheur du patronnat et a utilisé sa renommée pour aider des politiques anti ouvrières. Et ils furent si nombreux, à la CFDT, à LA FEN, à la CGT, à FO, à se retrouver dans l’appareil d’état vérifier la qualité de la soupe. Krivine et Bensaïd Daniel DESME aussi sont morts, sans avoir touché au chaudron du diable, car quelque soit la longueur de la cuillère ce ragoût il ne sent pas bon. Qu’ils soient remerciés ces camarades et tant d’autres qui n’ont pas mis leur mouchoir sur leurs principes et fini dans les poubelles des médias ou des ministères. Ces tristes sires puent la mort et le ridicule, des Julien Dray et autres comiques sur C’est niouse et ailleurs, prouvent bien que les pouvoirs de la bourgeoisie sont forts insidieux et efficaces. Alors quand Clémentine et autres recadrent les choses, ce la fait du bien. L’indépendance de classe est un vieux débat très actuel ! DRP Royan
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Peut-être de la même génération, je ressens spontanément le même sentiment.
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Marine Le Pen, et pas seulement elle mais l’union des droites, seront battues avant, je dis bien avant, le 18 avril 2027, ou ne le seront pas. Il n’y aura pas de sauveur suprême.
Le front commun en défense de la démocratie, en défense des droits et des libertés, est la seule voie du succès, et cette unité doit être imposée, comme a été imposé en 1934 le pacte d’unité d’action (SFIO-PCF et CGT-CGTU).
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La preuve par l’analogie n’en est pas une. On postule l’existant d' »invariants », d’ordre quasi supra-individuel, doués de qualités et de réflexes propres, dont seuls quelques oracles auraient la clé du transcodage. Or si on en appelle, comme conscience anticipatrice agissante, à une possibilité toujours ouverte de l’ « Evènement » (la bifurcation, le renversement), il faut alors se faire et se laisser disponible à sa Singularité, ontologiquement inscrite dans son apparition. La redite, la répétition c’est incunablement, le signe que « c’est de la fausse », de la mise en scène, de l’habillage sémiotique.
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