Vendredi dernier, nous étions près de 300.000 à défiler dans de nombreuses villes, dont plus de 50.000 sur Paris où nous avons tenu un point fixe avec des ex-grévistes CGT et SUD du magasin Biocoop de place des Fêtes, pour le progrès social et, en particulier, signifier notre attachement au seul jour férié, chômé et payé de notre calendrier qu’est le 1er Mai et ce depuis 1947.
Or, selon leur syndicat patronal, 70 % des boulangeries ont ouvert ce jour-là, un grand nombre en employant illégalement du personnel, peu importe l’application éventuelle des conditions de volontariat et de doublement du salaire visées par le Premier ministre, comme le Conseil d’État, saisi par nos soins, l’a rappelé dans son ordonnance rendue le 30 avril et dont nous attendons toujours la publication sur son site.
Ce rappel à l’ordre aura cependant permis in extremis aux inspecteurs/trices du travail de ne pas voir leurs contrôles bridés et, espérons-le, à la justice demain de faire son travail de sanction de violation de la loi.
Cependant, en allant ostensiblement acheter son pain et son muguet, imité en cela par d’autres présidentiables qui promettent du sang, de la sueur et des larmes au monde du travail en 2027, Lecornu a adressé un bras d’honneur au monde aux travailleurs/euses et à leurs syndicats.
Le jour d’après
Contrairement à l’intersyndicale nationale, ni à ses composantes dont notre propre union , qui n’ont pas trouvé bon non seulement d’ester en justice mais de condamner à cette heure, à l’exception de la CFDT, une telle provocation de sa part, nous n’attendrons pas sagement l’examen du projet de loi, prévu d’ici le 1er mai 2027, et supposé la changer pour de bon.
C’est, plus qu’une énième attaque anti-ouvrière de la part de son gouvernement, une atteinte préoccupante à l’État de droit qui a eu lieu sous nos yeux : pas besoin l’éventuelle arrivée au pouvoir de l’union des droites l’an prochain pour cela ! Ainsi, verra-t-on demain, pour satisfaire des automobilistes pressés, le Premier ministre décréter que les contrôles routiers sont neutralisés le temps que la loi modifie la vitesse maximale permise sur la route ?
C’est pourquoi, outre exhorter le Conseil d’examiner rapidement notre recours au fond, nous lui adressons une demande indemnitaire préalable en raison de l’atteinte à l’intérêt des professions que nous représentons.
Nous défendrons mordicus le 1er Mai !
Le 4 mai 2026.
Source : https://www.sudcommercesetservices.org/post/1er-mai-ce-n-est-qu-un-d%C3%A9but-continuons-le-combat
Le communiqué intersyndical SUD / CGT Inspection du Travail de l’Isère
Commentaires du 13 mai
Le 16 juin prochain, le Sénat examinera le texte du gouvernement à ce sujet qui circonscrit à priori la possibilité de déroger au 1er Mai pour les seuls boulangers et fleuristes.
Cela ne manque toujours d’irriter les centrales syndicales et un rassemblement est prévu à cette date à l’appel de la CGT du commerce.
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Communiqué commun CGT, FSU, LDH et Union syndicale Solidaires
Par un communiqué du 21 avril 2026, le Premier ministre a annoncé un nouveau projet de loi pour remettre en cause le jour chômé du premier mai à compter de 2027, en dépit de la motion préalable de rejet sur le précédent texte.
Ce même communiqué précisait que pour le 1er mai 2026, les services de l’Etat recevraient des instructions pour que les boulangeries-pâtisseries et les fleuristes puissent ouvrir « sans souffrir d’aucune conséquence », cela en méconnaissance d’une loi au demeurant d’ordre public.
Face à son échec pour modifier la loi, le gouvernement a créé de toute pièce un flou juridique en réalité inexistant. Plus encore, il s’est assis sur un principe fondamental du droit du travail que constitue l’indépendance de l’inspection du travail, consacré par de la convention 81 de l’OIT. Ce principe interdit notamment à l’exécutif de demander aux inspecteurs du travail d’exercer dans un sens déterminé, leur mission de contrôle de l’application de la législation du travail.
Sur le recours formé par plusieurs syndicats de travailleurs devant le Conseil d’Etat, le Premier ministre a rétropédalé, supprimé son communiqué et invité le Conseil d’Etat à constater qu’il n’y avait plus lieu de se prononcer. La décision rendue sur ce recours, qui condamne le Premier ministre au versement d’une somme de 4000 euros au bénéfice des requérants, constate et regrette la confusion persistant dans le public du fait de la communication gouvernementale.
La veille du 1er mai, le gouvernement a réitéré ses « engagements » vis-à-vis des boulangers-pâtissiers artisanaux et des artisans fleuristes, en totale contradiction avec les propos qu’il venait de tenir devant le Conseil d’Etat. Le 1er mai, le Premier ministre revendiquait l’ouverture des boulangeries.
Nos organisations condamnent cette stratégie de destruction des acquis sociaux qui consiste à encourager les employeurs à méconnaître la loi en se fondant sur des fausses incertitudes juridiques.
Elles fustigent le double discours adopté par le gouvernement lors de cette séquence et le mépris affiché pour l’indépendance des inspecteurs du travail.
Elles déplorent qu’un Premier ministre puisse appeler à ne pas tenir compte des lois en vigueur et constatent, avec gravité, une nouvelle attaque à l’Etat de droit émanant de ceux-là même qui doivent faire appliquer la loi.
Paris, le 6 mai 2026
Signataires : Confédération générale du travail (CGT), Fédération syndicale unitaire (FSU), LDH (Ligue des droits de l’Homme) et Union syndicale Solidaires
Source : https://www.ldh-france.org/mise-en-cause-de-letat-de-droit-au-service-de-la-degradation-des-acquis-sociaux-retour-sur-louverture-des-commerces-le-1er-mai-2026/
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