A l’issue du sommet mouvementé de l’OTAN, du voyage de Trump ayant suscité des manifestations de masse en Grande-Bretagne, et de la rencontre Trump/Poutine annoncée pour la semaine prochaine, nous reviendrons bientôt sur cette « séquence diplomatique » illisible et incompréhensible pour quiconque cherche ses repères « géopolitiques » habituels, pro ou anti US ou Chine et Russie, mais saisissable, pour agir contre tous les grands de ce monde, si on l’analyse sur la base de la lutte des classes mondiale.

Pour donner à réfléchir aux uns et aux autres, voici deux hors d’œuvre.

Le New Yorker du 9 juillet dernier a longuement développé une information diplomatique de première importance : la pression exercée, depuis un moment déjà, sur Trump par les États saoudien, émirati et israélien, et singulièrement par Benjamin Netanyahou et le prince d’Abou Dabi, Mohamed Ben Zayed (MBZ), serait en passe d’aboutir. De quoi s’agit-il ? Les États-Unis jetteraient par dessus bord les « sanctions » prises contre la Russie suite à l’annexion unilatérale de la Crimée en 2014, en échange d’une pression russe maxima contre l’Iran, pour éliminer Iran (et Hezbollah) de la reconquête gouvernementale syrienne des derniers territoires insurgés qui avaient été libérés du régime de Bachar el Assad en 2011, Deraa en ce moment même et prochainement Idlib.

Autrement dit, Israël, l’Arabie saoudite et les Émirats ont répercuté auprès de Trump une offre de Poutine que Trump est tenté d’accepter. Ce n’est naturellement pas un hasard si Trump, dans le même temps, accentue sa fuite en avant réactionnaire aux États-Unis et verrouille la Cour suprême, alors que l’enquête contre lui s’étend à des diplomates russes, touchant aux connexions mafieuses dans l’immobilier (la sphère du capital où batifole Trump). Il s’agit non seulement d' »abandonner » l’Ukraine face à Poutine, mais de casser la place de l’impérialisme allemand en Europe. Voila qui donne cohérence à toutes les gesticulations récentes de Trump, quasiment revenu à la ligne sur laquelle, ne l’oublions pas, il a battu Clinton fin 2016 : Sainte Alliance avec la Russie contre la Chine, et, pour commencer, contre l’Iran.

Cette Sainte Alliance de brigands implique, pour commencer, que le « nettoyage » de Deraa soit l’œuvre des nervis de Bachar sans aide iranienne. D’où l’ampleur des bombardements russes. Ce que signifie ce « nettoyage » « propre », voila qui est donné par cette glaçante information : les chefs de l’armée syrienne ont invité leurs soldats à aller faire leurs besoins sur la tombe de Hamza el Khatib, le jeune héros de 13 ans dont la mutilation et la torture à mort par la même engeance, parce qu’il avait écrit sur un mur avec ses camarades « le peuple veut la chute du régime », avait été aux origines de la révolution syrienne il y a 7 ans et demi.

La Sainte Alliance, c’est ça : à méditer par tous les courants qui remplacent peu ou prou la lutte des classes par le soutien aux États soi-disant anti-occidentaux …

14-07-2018