Son départ d’Ukraine lorsque l’invasion à grande échelle se heurte à la résistance de tout le pays, sans que l’on connaisse les détails, a fait passer Sydorchenko, sans aucun changement politique, du KPU qui, en tant qu’organisation, est en fin de vie malgré ses quelques députés, et se trouve – très tardivement – interdit du fait de son lien avec l’État envahisseur, à l’émigration, dans laquelle il rejoint le groupe, principalement russe, de la « Post-Sovietic Left » (PSL), dans lequel il est l’une des deux principales personnalités ukrainiennes, avec un prétendu « déserteur », Konovalov.

Le principal animateur de ce groupe, Alexei Sakhnine, a fait l’objet d’une investigation journalistique récente, (où il est aussi question de Konovalov) qui ne traite pas encore la totalité du sujet, enquête commentée depuis dans un article d’Aplutsoc. Alexei Sakhnine, qui a été l’un des promoteurs de Borotba, et V. Sydorchenko, semblent se connaître de longue date. Sakhnine est depuis son arrivée en France fin 2022 le personnage présenté comme l’opposant à Poutine préféré de Jean-Luc Mélenchon, ainsi que le démontre la lecture de l’Insoumission et d’Informations Ouvrières.

On notera ici que Sakhnine, proche ami politique de Sydorchenko, a, durant son séjour en Suède de 2012 à 2019 (quand il rentre en Russie où il n’avait fait l’objet, en fait, d’aucune poursuite), mis en avant sa collaboration avec l’antisémite notoire Israël Shamir, soutenu par le « national-socialiste » Alain Soral (aujourd’hui basé à Moscou), et qui a en 2025 salué la réélection de Trump comme le début de la fin du « siècle juif », et avec le fils de Shamir, Johannes Wällstrom, lesquels mènent également la lutte contre la « tyrannie féministe ».

Cette dimension antiféministe, masculiniste, demeure un aspect tout à fait patent du combat « politique » de V. Sydorchenko. C’est en fait une continuité politique : dès les débuts de Sydorchenko, le KPU combattait le féminisme, « occidental », comme on l’a vu.

Le 17 novembre 2024, il est à Berlin, aux côtés de Konovalov (qui intervient dans les meetings « pour la paix » du POI), dans un évènement choisi à cette date, car il s’agit, voyez-vous, de la « journée internationale des hommes ». Le thème de ce tout petit rassemblement (pas plus d’une quinzaine de participants), mais abondamment diffusé sur les réseaux sociaux russes, était avant tout la dénonciation des « tortures de Zelenski » (thème de l’un des panneaux). Mais à cette occasion, Victor Sydorchenko a été présenté et brièvement interviewé (c’est le type avec casquette et doudoune blanche) dans un reportage sur la chaîne Telegram de Sergeï Khorolsky.

Voici, selon un article bien renseigné de Viktoria Kovtun de fin 2025, qui est, selon elle, Sergeï Khorolsky, allié de PSL et de Victor Sydorchenko pour la défense des « hommes » en Ukraine contre le recrutement militaire… et la domination féminine :

« L’autre coorganisateur du rassemblement du 17 novembre 2024 est Sergeï Khorolsky, l’un des leaders de la Manosphère Russophone, Sur sa chaîne YouTube cumulant 34 000 abonnés, il milite pour “les droits des hommes” et “contre les discriminations contre les hommes”. Avant l’invasion à grande échelle, il publiait des chansons appelant à la violence extrême contre les femmes et les féministes, ainsi qu’au harcèlement sexuel des femmes sur Internet, depuis son émigration en Allemagne il milite pour “les droits des hommes”. Ses chansons anti -féministes sont relayées par la Manosphère Russophone sur des chaînes Telegram de propagande russe à plusieurs centaines de milliers d’abonnés. Il publie sur sa chaîne YouTube toujours, des parodies sexistes et islamophobes visant les réfugiées ukrainiennes. Il aborde dans ses vidéos, de multiples sujets tels que les dangers de la “pédo-hystérie et les nuances de la psychologie féminine” ou encore les dangers de la “domination des femmes dans le milieu juridique “. »

Ajoutons que manosphère et masculinisme relient Trump et Poutine et se retrouvent bien entendu dans les réseaux « MAGA ». C’est à cela – la réaction sur toute la ligne – que l’on a affaire ici.

À suivre.


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