La stratégie de la tension déployée par l’exécutif a échoué : nous étions ce samedi tout autant, voire plus nombreux sur Paris, que la semaine dernière.

Le meilleur, c’est que, en dépit de dizaines de décisions d’interdiction de manifestations et de voltefaces des préfectures quand elles étaient autorisés, les revendications portées par le mouvement, qui fait preuve d’une grande maturité, n’ont pas été estompées par les  » violences  » dont le parti de l’ordre et ses sbires médiatiques font leur beurre.

Les plus radicaux diront que les débordements limités ce samedi, qui a quand même vu de nouvelles mutilations de la part des forces du désordre, sonne la phase de normalisation du mouvement, qui serait repris en main entre autre par la CGT.

Il n’en est rien : par ces basses manœuvres de police administrative, dont beaucoup ont été censurées par la justice quand elle avait le temps de faire son travail, la mobilisation a pris un tour plus politique, qui dépasse les revendications légitimes de la jeunesse et contre la vie chère, en faveur des libertés démocratiques d’expression et de manifestation et a même fait revivre, pour un temps, le NFP à l’exception notable de Place Publique.

C’est sur ce terreau que pousse la montée vers la grève générale du 5 novembre : après des centaines de lycéen-es mobilisés au tout début sur la seule région Ile-de-France puis des milliers, rejoints par les étudiant-es, dans toute la France avant d’entrainer avec elles et eux leurs enseignant-es pour se retrouver à des dizaines de milliers puis désormais des centaines de milliers avec les travailleurs/travailleuses les plus conscientisés, ce sont des millions d’hommes et de femmes qui doivent désormais faire irruption sur la scène politique où se décide leur destinée.

Entretemps, que Macron et les vampires de la finance se préparent à une nuit d’horreur avec celle Halloween…

LD, 24/10/2026.

Source : https://blogs.mediapart.fr/laurent-degousee/blog/241026/une-force-tranquille