Cette rentrée de septembre 2026, sociale, scolaire, politique, n’est pas du tout une rentrée comme les autres. Elle s’inscrit dans l’effondrement qui a commencé sur le plan climatique. Depuis trois mois, les pompiers, les agriculteurs, les personnels de santé, la population, souffrent et luttent contre des conditions de vie dramatiquement dégradées, et les personnels de l’école publique entrent en scène avec la rentrée. Cette souffrance et cette lutte au quotidien vont se convertir et se concentrer en affrontement social et politique.
C’est cela le fait déterminant, non pas les présidentielles. Non pas bien sûr que celles-ci soient absentes des préoccupations collectives. Mais alors que tout le fonctionnement de la scène officielle et médiatique vise à en faire le seul horizon, c’est, à l’inverse, cette réalité dominante de l’effondrement climatique du capitalisme et de l’affrontement social, qui vont les encadrer et les conditionner.
Nous reproduisons au bas de cet édito l’impressionnante et partielle liste d’actions appelées à partir de cette rentrée, telle que l’ont collecté les participants du Collectif Bloquons Tout Ile-de-France, issu de l’important mouvement du 10 septembre 2025 qui, rappelons-le, a renversé le premier ministre Bayrou.
Il convient d’ailleurs d’y ajouter, c’est important, l’appel des associations féministes et enfantistes qui entendent poursuivre le combat massivement engagé en juin 2026 pour imposer le vote d’une loi intégrale contre les violences sexuelles, à des rassemblements devant les palais de justice lundi 7 septembre à 19 h.
Ce grand nombre de dates, de natures parfois diverses, pourrait donner une impression de dispersion, comme lorsque les directions syndicales programment à l’avance plein de journées d’action « dans la durée ». Cette impression, pour la plupart de ces initiatives, serait fausse. Ces initiatives découlent de la situation et leur multiplication doit aboutir, pensons-nous à Aplutsoc car la question du pouvoir est déterminante, à leur généralisation combinée à leur centralisation.
Dans ce cas, ce ne seront pas les présidentielles qui surdétermineront la situation réelle, ce sera le contraire, car l’issue politique réelle n’est pas dans ce scrutin taillé pour les Le Pen dans le cadre de la V° République, mais dans une assemblée constituante imposée et réalisée par les mouvements sociaux.
Intéressons-nous aussi à nos camarades de Wallonie et de Bruxelles en Belgique où la grève de masse de défense de l’enseignement public est en train de reprendre à la rentrée, alors que les Hautes Fagnes ont brûlé et que la tourbe y brûle encore. Un camarade nous écrit :
« Pour le moment, la grève a repris particulièrement à Liège, mais le pays recommence à bruisser, et les appels se multiplient. L’enseignement supérieur reprend le 14 septembre et un appel à la grève reconductible, couvert par un préavis syndical, est lancé pour leur rentrée. On travaille à fédérer un peu le supérieur autour des hautes écoles d’Arts, les plus offensives. Le principal syndicat étudiant appelle a la manifestation le 16 septembre. Avant cela, il y a le 10 septembre une manifestation des profs, et élèves, organisée par les syndicats, à Liège.
Nous, on a travaillé tout l’été à élargir, on a renforcé nos liens vers les académies (écoles d’Arts) et on a rejoint un groupe qui lutte pour la convergence écologique. On sera le 6 septembre à Bruxelles pour une manif avec de nombreuses autres associations et des agents du Département Nature et Forets avec qui nous avons pu tisser des liens étroits. On essaie un peu une cartographie des groupes actifs, mais c’est difficile, ce qui en soit n’est pas une mauvaise nouvelle, les tentations bureaucratiques de certains se heurtent à la pluralité et c’est assez réjouissant.
Il nous reste à négocier un préavis général pour le 10 septembre, également. Les syndicats semblent penser que la négociation est possible avec la ministre le 1er septembre, on ne sait pas comment cela influera sur la suite, ni ce qu’ils sont prêts à accepter comme base. »
En France, le mardi 15 septembre, une première manifestation pour l’urgence climatique aura lieu en direction de Bercy (ministère des Finances). Le samedi 26 septembre, les manifestations et rassemblements climatiques vont se généraliser. Le même jour, les syndicats unis des pompiers vont poser leur « colonne de renfort de la colère » place de la République à Paris, en vue de leur montée nationale à Paris, en direction du gouvernement, le mardi 29 où les fédérations de la Fonction publique appellent à la grève pour les salaires.


