La multiplication, depuis la rentrée, des grèves et mobilisations sectorielles, à commencer par celle des soldats du feu, lancée le 8 septembre dernier, et le succès de la Fête de l’Humanité montrent que le frémissement social est là, mais c’est au bouillonnement, mieux au débordement que nous devons passer.
Nous avons besoin pas seulement de mouvements, mais d’un mouvement, d’abord pour mettre en échec le budget, alors que le gouvernement est sur la défensive pour sa préparation, puis pour pousser à l’unité de notre camp au plan politique.
Ce mardi devant le Ministère de l’Économie [cf. illustration], c’est un millier de participant-es, essentiellement des jeunes, qui se sont rassemblées à l’appel d’un vaste collectif pour revendiquer l’urgence climatique après l’été calamiteux que l’on sait. Ce fut surtout une rampe de lancement pour les manifestations climat du 26 septembre prochain, dont le nombre ne cesse d’augmenter et qui sont désormais appuyées par trois organisations syndicales.
La nature de la traditionnelle journée de mobilisation de la fonction publique du 29 septembre en est, du coup, changée, d’abord parce qu’elle se tiendra la veille de la présentation du budget en Conseil des ministres : la CGT, dans son appel, est obligée de convenir que les enjeux de cette date dépassent les seuls fonctionnaires et les pompiers seront bien mobilisés dès le 27 septembre sur le Champ de Mars avant de se constituer en cortège national dans la manifestation parisienne du 29.
Mieux, le spectre des Gilets Jaunes resurgit, qui suscite moultes commentaires médiatiques, pour la date du 17 octobre : alors que la hausse du prix de l’essence a déjà donné lieu à l’exaspération de plusieurs corporations qui en dépendent étroitement, il est évident que son extension et son intensification ne pourra que donner corps à cette hypothèse tout comme l’a montré la poussée autour du mot d’ordre Bloquons Tout ! le 10 septembre 2025.
Faire non seulement que ces échéances réussissent, mais faire progresser la conscience que seul un mouvement d’ensemble permettra non seulement de défendre les intérêts vitaux de notre classe, mais de poser la question du pouvoir, c’est là le meilleur moyen de mettre en échec le RN présenté inéluctablement, comme en 2024 et avant la poussée du Nouveau Front Populaire, aux portes du pouvoir où la crise d’orientation politique – et de leadership – couve lentement.
LD, le 18/09/2026.