Macron-Lecornu-Philippe gouvernent avec le RN.
À peine le pays était-il un peu dégagé, provisoirement, d’un choc thermique terrible – des milliers de morts, une souffrance populaire généralisée, des incendies terribles de la forêt de Fontainebleau au cap Fréhel, le collapsus des élevages industriels, les centrales nucléaires à l’arrêt et les trains en panne, la sécheresse… – qu’ont fait le gouvernement Macron/Lecornu et la majorité, non élue comme telle, de l’extrême droite, de LR et des ci-devants macroniens ?
Ils ont voté la loi Duplomb II, contre la science et la démocratie, contre la santé publique et les besoins du plus grand nombre. L’enjeu : l’eau. Dans sa qualité et dans sa quantité.
Sa qualité : les faux paysans, industriels et financiers chefs de la FNSEA et de la Coordination rurale, ont obtenu du pouvoir de l’empoisonner encore en pesticides et néonicotinoïdes.
Sa quantité : ils préemptent bassines et réserves, de façon à avoir le monopole quand l’eau manquera aux robinets, ce qui va se produire tôt ou (pas très) tard. Ils déclarent la guerre de l’eau. La Coordination rurale appelle à violer les consignes des préfets sur les usages de l’eau. Que fait la police ? Rien.
Qui a voté la loi Duplomb II ? Le bloc RN/UDR/LR/Horizons. Le reste des ci-devant macroniens a éclaté, mais Attal a voté pour.
Notons bien ce bloc RN/UDR/LR/Horizons : c’est l’union des droites que veut Stérin, flanquant le RN des fascistes, de Reconquêtes et des Identitaires, et l’unissant aux rameaux dégénérés du gaullisme UDR, LR et Horizons – Horizons compris, avec son chef Philippe qui veut passer pour le barrage républicain !
L’unité des députés élus sous le sigle du NFP a existé à nouveau dans le vote Contre, exprimant la majorité qui existe sans nul doute dans le pays…
Et pour compléter le tableau, les mêmes ont voté, quelques jours plus tôt, le permis de tuer aux policiers (légitime défense a priori dès qu’il y a des morts !), et Macron a nommé défenseur des droits un réactionnaire religieux.
Ah oui, au fait : il existe une ministre de la « Transition » (?), c’est-à-dire, à ce qu’il paraît, de l’écologie. Pendant la première catastrophe thermique, on se demandait si elle existait, on se passe d’ailleurs de connaître son nom. Elle a failli exister et avoir un nom en voulant démissionner à la suite du vote de la loi Duplomb II. Mais elle n’a pas démissionné, finalement. Elle restera donc plus inconnue que le Soldat inconnu, à la tête d’un ministère qui n’existe pas, dont toutes les agences sont en train d’être détruites aussi bien que sous Trump …
On a un problème et la provocation de Grenoble le porte à vif.
Cette situation scandaleuse nourrit l’explosion sociale qui, malgré les présidentielles, couve dans ce pays, et qu’ont annoncé aussi les manifestations féministes du mois de juin. Cependant, officiellement, tout débouché politique passe par les présidentielles, et là, on a un problème.
Ce problème est bien connu : à gauche, éclatement en dehors de la candidature Mélenchon qui, à ce jour, n’est pas à même de gagner, avec le RN qui est, lui, en position de le faire.
Dans ce contexte, l’incident de Grenoble n’est pas une affaire locale, ni périphérique, ni cantonnée à la sphère culturelle. C’est au contraire un signal politique gravissime.
Résumons les faits en allant droit au but. Barbara Butch, artiste se revendiquant lesbienne, grosse et juive, est déjà une cible de la haine de l’extrême droite, des intégristes, des masculinistes et des antisémites. Mais comme elle a signé, pour le regretter ensuite publiquement, une pétition en faveur de la loi Yadan non adoptée, une certaine « gauche radicale » a proclamé qu’elle est « sioniste » (ce qui n’est pas démontré), synonyme, pour eux, de génocidaire, de personne couverte de sang – ainsi qu’elle a été représentée dans les tracts grenoblois de la FI (à ce compte, que dire du soutien à Bachar el Assad de LFI, pendant des années ? …). Et le petit chef de LFI Grenoble, qui présente tous les traits du masculinisme homophobe, a organisé l’agression physique de son concert, parvenant à l’interdire de fait.
Il faut être très clair : cette opération est une main tendue à l’extrême droite antisémite et masculiniste, sous l’égide du parrain des « rouges-bruns » Poutine. Elle n’a rien à voir avec la cause palestinienne, les antisémites et les provocateurs homophobes étant les pires ennemis des droits humains, nationaux et démocratiques des Palestiniens.
À ce jour et à cette heure, pas de réaction de J.L. Mélenchon, un soutien de Bompard et Panot, une gêne affichée de Paul Vannier, et des déchaînements « antisionistes » de réseaux sociaux justifiant la violence et la censure.
Il serait de la responsabilité de J.L. Mélenchon de remettre les pendules à l’heure de manière tonitruante. Mais manifestement ceci lui pose un problème. Car se démarquer de la provocation offerte à l’extrême droite par la LFI grenobloise inciterait à se démarquer des méthodes antidémocratiques, de l’injonction au ralliement inconditionnel, de l’intimidation stalinienne, pour redevenir démocratique et unitaire. Et, du même coup, à rompre avec l’alignement sur Poutine et Xi Jinping, et par là sur Trump et Vance, en faisant des libertés démocratiques en Europe l’ennemi principal « fauteur de guerre » ! Autrement dit, Mélenchon se démarquant des antisémites et des masculinistes serait un Mélenchon redevenant démocrate et unitaire !
Or, le seul Mélenchon susceptible de gagner la présidentielle et de battre Marine Le Pen, c’est celui-là !
Que veut Mélenchon dans la présidentielle ? Veut-il gagner ? Veut-il battre Marine Le Pen ? S’il le veut, il doit se soumettre à l’unité, à la démocratie. Place au peuple ! Ni Dieu, ni César, ni tribun !
Mais quand il appelle à une politique étrangère poutino-trumpiste, et s’il cautionne la provocation de Grenoble, cherche-t-il à gagner ?
Où à écraser le reste de la gauche pour contrôler l’opposition parlementaire… une fois Marine Le Pen élue ?? Oui, cette question terrible se pose.
Le peuple mobilisé peut résoudre le problème.
Non, nous ne sommes pas pessimistes. Car les mouvements sociaux avant, et bien avant, la présidentielle, sont inévitables. La présidentielle n’est pas l’issue politique : Marine Le Pen doit être battue avant le 18 avril 2027, elle ne le sera dans les urnes qui si l’affrontement social et démocratique a eu lieu auparavant.
Et la question Mélenchon, qui ne peut gagner qu’en étant autre chose que ce qu’il est devenu ? Car, si une candidature unitaire semble impossible, Mélenchon ne peut gagner qu’en assumant de l’être. Ce à quoi il se refuse.
C’est dans l’affrontement social et la lutte vivante que ces questions seront tranchées. Si nous avions la recette, le sésame, nous le divulguerions, mais il n’existe que dans l’action commune et dans le libre débat. Cependant, le peuple ukrainien vient de nous apporter, à nouveau, une grande leçon.
Zelensky s’est soumis, lui, à la volonté populaire, en virant Syrsky, chef militaire dont la rue réclamait le départ. La rue ukrainienne, et en tête la jeunesse et les femmes, a fait la loi et entend diriger la guerre. Quand le peuple veut, le peuple peut.