Mine de rien, le gouvernement a remarquablement joué sur du velours en interdisant de fait la manifestation Pour l’urgence climatique qui aurait dû avoir lieu ce samedi à Paris dans le cadre de la mobilisation nationale autour de l’appel du 26 septembre.

La visite papale a été un prétexte très commode pour cela. Il est utile de rappeler qu’à 17H, ce samedi, le Pape était déjà à Orly dans son avion pour Lourdes et, de plus à cette heure-là, la tonne d’hosties consacrées avait déjà été consommée depuis bien longtemps par les croyants venus applaudir leur mentor.

En guise de lot de consolation, il y a eu le rassemblement concédé par la préfecture à République. Seulement voilà, la surface de l’esplanade a fixé la limite d’une mobilisation qui aurait pu connaître une expression bien supérieure sans ce musellement.

La responsabilité des 4 grands partis de gauche (PS, PCF, LFI, Verts), soutiens théoriques de cette mobilisation, est engagée face à ce déni de démocratie. L’interdiction de manifester n’a pas rencontré de grandes protestations, ne serait-ce que sous la forme d’une dénonciation des conditions imposées par le ministère de l’Intérieur qui a bénéficié de l’acceptation du prétexte papal. Le ministère a invoqué avoir requis 14.000 agents des forces de l’ordre pour le Pape. Etait-il si compliqué d’en affecter un millier pour l’encadrement d’une manif localisée dans l’est parisien, bien loin de Concorde et des Champs Élysées, et venant après la grande messe pontificale ?

Il faudra veiller à ce que cela ne se reproduise pas sur les prochaines échéances de mobilisation. Au passage, il est bon de souligner que la visite papale n’a pas dispensé les lycéens de la région parisienne, mobilisés cette semaine contre les conditions d’étude qui leur sont imposées, de se faire gazer et matraquer. Indulgence pour les uns, fermeté répressive pour les autres … c’est l’onction du macronisme qui dégouline !

OD