Cette note introduit la réunion extraordinaire d’Interventions syndicales destinée à produire un tract, prévue ce jour à 15h 30.

Comme on pouvait s’y attendre les manifestations ont eu une grande puissance – le 1,6 million de la CGT y est voire plus – et ceci constitue une nouvelle défaite du pouvoir exécutif, et une victoire de la démocratie et du droit à manifester qui s’est imposé contre interdictions, entraves et violences.

Beaucoup de forces politiques et, spontanément, beaucoup de manifestants, disent chercher la grève générale. La grève générale n’est pas la simple « convergence des luttes » et ne s’obtient pas en poussant verbalement à la grève, car c’est l’affrontement pour poser et régler la question du pouvoir, donc à ce stade chasser Macron, évidemment pas pour que Larcher le remplace : ce serait l’ouverture de la crise révolutionnaire renversant le régime de la V° République, avant l’élection présidentielle dont la fonction est de le perpétuer.

Les obstacles politiques sont évidents : la ligne d’attente de la présidentielle présentée comme le débouché notamment par LFI (qui n’a en rien manipulé le mouvement et qui ne l’attendait pas), d’une part, et d’autre part, au niveau des directions syndicales, la demande de « réponse aux revendications » adressée au pouvoir en place, voire d’un « budget à la hauteur des besoins », comme seul horizon de la lutte, mais sans plan de mobilisation pour y arriver effectivement.

Sur le plan politique général, cette situation appelle à ce qu’il y ait débat – y compris dans les AG quand il y a des AG – sur ce que signifie « Macron démission » maintenant : le renversement du régime et une défaite majeure du capital au plan international, inaugurant la voie vers le renversement des Trump et des Poutine, et en France, comme suite, l’exigence d’un gouvernement d’unité immédiat (référant donc, avec ou sans l’intitulé, au NFP), et l’issue véritable d’une assemblée constituante organisée par le prolétariat (salariés actifs, chômeurs, retraités, et la jeunesse) mobilisé.

Sur le plan « syndical », la question n’est pas tant que les directions syndicales appellent à chasser Macron – ce n’est même pas nécessaire – mais aident le mouvement par un véritable plan de mobilisation pour gagner.

Or, l’intersyndicale s’est réunie jeudi soir, mais a différé toute décision commune pour attendre le rendez-vous qu’a fixé Lecornu aux abois lundi. Cela alors que la veille du 5 novembre, le 4 au soir donc, la partie recette du budget a été repoussée à l’unanimité de l’Assemblée nationale !

Prise sous l’angle des revendications, la question de gagner contre le budget de Macron/Lecornu/Le Pen, de gagner contre Parcoursup, de gagner pour la hausse généralisée des salaires, retraites, pensions et minima sociaux, à la mesure de l’inflation, serait résolue par un appel explicite pour que le budget soit défait avant la date butoir du mardi 17 novembre (fin des débats à l’Assemblée nationale).

Le gouvernement est ébranlé : il a commencé à vaciller sur Parcoursup, il fait maintenant courir la rumeur d’un « coup de pouce » au SMIC – ce pourquoi Le Pen tente de l’aider en déclarant « la hausse des salaires c’est l’URSS » ! – et en même temps le ministère de l’Intérieur continue une répression sans bornes légales.

Une action syndicale conséquente pour gagner doit donc unir dans la grève pour battre une bonne fois pour toute ce budget. Ceci ouvrirait de fait la voie au renversement de l’exécutif en place.