Dans le Mecklembourg-Poméranie, l’AfD passe de 18% à 39,5% des voix, devançant le SPD qui progresse en voix et en pourcentage, de 35% à 37%, mais recule en sièges. Die Linke recule de 11% à 7%. La CDU s’effondre radicalement, de 17% à 5%.
A Berlin, Die Linke est en tête passant de 13 à 24% des voix. L’AfD passe de 8% à 16%. Le total Die Linke/SPD/Verts est d’environ 54%.
Quatre leçons et enjeux immédiats.
Premièrement, la poussée de Die Linke à Berlin n’efface en rien la menace de l’AfD flanquée du BSW, qui fait d’ailleurs 4 dans le Mecklembourg comme à Berlin. L’AfD est l’héritier des nazis clairement identifié comme tel par l’électorat. Derrière l’AfD et le BSW, Poutine, Musk et Vance.
Deuxièmement, la chute de la CDU est celle du parti bourgeois historiquement lié aux institutions de la République Fédérale allemande, et à l’ordolibéralisme. C’est une crise de régime en même temps qu’une crise nationale qui se rouvre en Allemagne. La réunification, arrachée par la volonté démocratique du peuple, avait vu les dirigeants de l’Ouest comme de l’Est éviter toute refondation démocratique et républicaine de l’Allemagne, en écartant l’élection d’une assemblée constituante et en organisant un simple agrandissement de la RFA. La soi-disant « ostalgie », qui nourrissait autrefois le vote Die Linke et maintenant celui pour l’AfD, procède de cette impasse nationale, et le vote AfD fait revenir en force, ave l’aide de Poutine, Vance et Musk, la division du pays et sa régression.
Troisièmement, la victoire de Die Linke à Berlin est porteuse d’une alternative démocratique, précisément parce que depuis que Die Linke est débarrassé des son ancienne dirigeante Sarah Wagenknecht, ce parti s’est éloigné de ses racines étatiques est-allemandes, c’est-à-dire staliniennes, et a commencé à se développer comme un parti démocratique du mouvement ouvrier et de la jeunesse, avec de nombreuses discussions en son sein. Sa dirigeante berlinoise, Elif Eralp, issue d’une famille ayant fui la répression en Turquie, est l’antithèse vivance de Sarah Wagenknecht.
Die Linke n’est pas LFI, contrairement à ce que partisans comme adversaires de LFI nous répètent en France. L’organisation la plus proche de LFI en Allemagne lors de son lancement était le BSW, que LFI évite maintenant, un peu comme le RN essaie d’éviter l’AfD. Mais pour clarifier vraiment, encore faudrait-il que le POI, cercle dirigeant de LFI autour de J.L. Mélenchon, rompe ses liens notoires avec le BSW, qui fut encore une composante active de la conférence « pacifiste » de Londres en juin dernier …
Quatrième leçon et enjeux immédiat : à Berlin peut se constituer un gouvernement d’unité populaire réelle, si le SPD rompt avec sa ligne nationale et accepte l’alliance avec Die Linke et les Verts, pour l’accessibilité et le logement public, pour une Allemagne unie et démocratique, contre le racisme, les nazis, Trump et Poutine.
VP.