Présentation
Le choix d’une majorité du PS de refuser des primaires larges fait craindre dans toute la gauche l’impossibilité d’une candidature de gauche permettant non seulement de figurer au second tour de la présidentielle, mais aussi de gagner en battant Marine Le Pen.
Ceci génère une poussée au ralliement envers la candidature de Mélenchon et des discussions sur les conditions de ce ralliement.
Ici, nous reproduisons une lettre adressée par un groupe de parlementaires (Assemblée, Sénat, Parlement Européen) des Écologistes à l’ensemble des militant.es de leur parti en faveur d’un soutien à JLM négocié fermement. A la suite, nous reproduisons la réponse d’un militant de base des Écologistes.
Document 1
« Cher.es ami.es,
Il y a deux ans, le Nouveau Front Populaire réunissait 8 995 226 voix au premier tour des élections législatives. Une semaine plus tard, les écologistes et la gauche arrivaient en tête des élections et le Rassemblement national échouait bien loin des 289 député.es nécessaires à une majorité absolue. Un combat mené grâce à la ténacité des Écologistes, à l’union de toute la gauche et à une mobilisation citoyenne exceptionnelle. Une victoire porteuse d’espoir pour le peuple de gauche !
Deux années plus tard, la haine de l’extrême droite se diffuse dans toute la société. Les violences racistes se multiplient : Aboubakar Cissé, assassiné dans une mosquée ; Hichem Miraoui tué car il était arabe ; des enfants poursuivis par un homme armé d’une carabine car ils sont noirs et arabes ; Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis, cible d’un harcèlement raciste ; de nombreux candidat.es victimes d’un déluge d’insultes racistes, antisémites et islamophobes.
Alors que les États-Unis, l’Italie, la Colombie, l’Argentine, la République Tchèque sont aujourd’hui dirigés par l’extrême droite, que la Hongrie vient tout juste de sortir de 16 années d’autoritarisme, la France risque, elle aussi, de basculer et de faire basculer l’Europe avec elle.
Toujours les écologistes ont défendu la préservation des terres, de l’eau et de nos vies face à la voracité des carbo-fascistes. Toujours les écologistes ont agi pour l’égalité entre tou.tes face au projet xénophobe et masculiniste du RN. Toujours les écologistes ont refusé la remise en cause de nos libertés publiques face aux logiques autoritaires. Ainsi, nous portons en notre sein une partie de la lutte antifasciste et de la réponse politique contre l’extrême-droite.
Depuis plus d’un an, nous portons la primaire des écologistes et de la gauche, une dynamique citoyenne et programmatique. Et nous pouvons en être fièr.es. Cependant, force est de constater que ce processus est asphyxié par les querelles intestines du PS. Nous n’avons actuellement ni plateforme commune, ni processus commun et nous sommes perdus dans des débats de méthodes.
Il est temps d’avancer. De porter nos idées, notre programme, comme Marine [Tondelier] a réussi à le faire avec le congé climatique. Nous devons faire entendre notre voix singulière qui s’appuie sur une réflexion systémique, une ligne politique globale.
Dans cette période de turbulences, saluons la lucidité de notre candidate lorsqu’elle affirme que jamais, elle ne sera « le bulletin de vote qui fera gagner le RN ». Oui, nous devons éviter la victoire de l’extrême-droite. Notre responsabilité est d’être l’un des acteurs de la défaite du Rassemblement National.
Acteur de la bataille électorale. En prenant part à une dynamique de rassemblement des forces de gauche en capacité d’accéder au second tour, une dynamique à laquelle les Écologistes apporteront leurs idées et leurs énergies. Et cela n’est possible que si nous discutons avec tous nos partenaires. Nous devons sortir du tête-à-tête avec le PS et lancer des discussions avec LFI et le PC sur des bases claires et partagées : sortir du modèle productiviste qui nous mène socialement et écologiquement à notre perte, construire une société juste et apaisée, construire une Europe qui accueille et défend le droit international, restaurer un État qui protège, un État stratège. Nous ne pourrons pas nous contenter d’un programme égrainant quelques mesures et remettant nos désaccords à plus tard pour quelques sièges négociés.
Acteur de la bataille culturelle. L’extrême-droite ne doit pas être seulement défaite dans les urnes, elle doit aussi l’être dans les idées. Ces idées nauséabondes qui se propagent et s’enracinent – que les immigrés seraient trop nombreux, que l’islam ne serait pas compatible avec la République, que les femmes ne feraient plus assez d’enfants – et qui préparent les politiques d’exclusion et de contrôle des corps. Ces idées sont reprises par la droite républicaine, qui se transforme en une droite extrémisée.
Quel sera notre choix final dans cette bataille acharnée ? C’est à tou.tes celles et ceux qui font vivre ce parti, adhérent.es, membres des instances, militant.es actifs de le décider suite à un débat éclairé. Le choix ne sera pas facile. Il déterminera non seulement l’avenir de notre parti, mais aussi une partie du dénouement de la présidentielle.
Dans ce moment charnière, nous refusons de penser que les Écologistes pourraient se cantonner à un rôle de témoin. Au contraire, ensemble, nous pouvons peser sur cette campagne, battre l’extrême-droite et ouvrir une nouvelle page de l’histoire des Écologistes.
Si ce texte vous intéresse, vous interroge, vous souhaitez en discuter, vous pouvez nous envoyer un mail avec votre contact à lavenirdesecologistes@ecomail.fr
Nous vous souhaitons une bonne soirée,
Christine Arrighi, Lisa Belluco, Arnaud Bonnet, Mélissa Camara, Cyrielle Chatelain, Charles Fournier, Marie-Charlotte Garin, Steevy Gustave, Julie Laernoes, Akli Mellouli, Raymonde Poncet, Sandra Regol, Sabrina Sebaihi
#Presidentielle2027 #Legislatives2027
Document 2
« Chères et chers camarades,
Je suis militant Les Écologistes dans la circonscription d’Arnaud Bonnet.
Je trouve votre texte bienvenu, notamment sur la volonté de négocier un véritable accord programmatique avec LFI, là où les camarades du NPA-A se sont malheureusement ralliés inconditionnellement, mettant sous le tapis l’alignement des positions de Jean-Luc Mélenchon sur celles de Poutine et de Xi Jiping, faisant le jeu du partage du monde multipolaire dessiné par eux main dans la main avec Trump. Cette ligne anti-internationaliste, héritée des réseaux du stalinisme, est une ligne de soutien (plus ou moins passif) au néofascisme.
Pour moi, un rassemblement avec LFI sous la bannière de son candidat aux présidentielles n’est possible que s’il accepte de revoir complètement ses positions en la matière, et à soutenir activement le droit à l’autodétermination des peuples ukrainien et taïwanais, aux côtés du peuple palestinien.
Dans le cas ukrainien, cela passe par une aide militaire massive, car Poutine a déjà montré à maintes reprises qu’il ne veut d’aucune paix qui ne soit une capitulation de l’Ukraine, qui signifierait étendre à tout son territoire ce qui se passe dans les zones occupées (et que Jean-Luc Mélenchon est prêt à avaliser sous couvert de « referendums » qui ne pourraient se faire dans des conditions démocratiques) : déportation d’enfants, viols, tortures, colonisation.
L’autre point sur lequel je voudrais insister est la 6e République. Vu l’attachement de JLM au pouvoir, je crains fort qu’une fois qu’il y aura accédé, il fasse en sorte qu’il n’y ait pas d’assemblée constituante ou que celle-ci prenne la forme d’un bac à sable, bref : il s’agit ici de négocier des garanties sérieuses pour que, non seulement la 5e République soit réellement abolie dans les faits, mais aussi pour que la 6e République soit pleinement démocratique (anti-concentration du pouvoir).
Cela passe aussi par une valorisation des législatives qu’il s’agit dès maintenant d’opposer aux présidentielles : il faut contraindre JLM à affirmer qu’il mettra fin au pouvoir présidentiel et que c’est le Parlement qui aura le pouvoir, et qu’en conséquence, il faut faire des législatives le plus gros enjeu.
J’aurais encore beaucoup de points à évoquer, mais me suis limité aux plus importantes lignes rouges pour ne pas être trop long. Merci pour votre initiative.
Solidairement,
Rémy Victor,
membre des Écologistes à Dampmart (Seine-et-Marne)