Depuis hier (dimanche 27 septembre), plusieurs camarades ayant des responsabilités diverses m’ont signalé directement, ou ont signalé à Aplutsoc, avoir été contactés par le PT (Parti des Travailleurs) pour signer une déclaration se solidarisant avec Daniel Gluckstein « contre la calomnie » (c’est le titre) dont il serait victime de la part de « Monsieur Vincent Présumey ».
Ce texte, qui est en toute transparence reproduit ci-dessous, n’informe pas ses signataires éventuels de ce que j’ai réellement écrit, n’en donnant que des citations tronquées, et prétend qu’Aplutsoc menace la Tribune des Travailleurs de « poursuites judiciaires », en évitant de dire que c’est une demande de droit de réponse qu’Aplutsoc a adressé à ce journal.
C’est donc sur la base d’informations tronquées, et par là mensongères, que D. Gluckstein, dès réception de cette demande de droit de réponse, n’a eu de cesse que de partir en campagne, fiévreusement, contre Vincent Présumey et Aplutsoc, lui qui se présente comme le dirigeant du grand « Parti des Travailleurs » …
Il est donc nécessaire, pour l’information correcte des militants, de donner les éléments de cette affaire dans leur ordre chronologique.
Ils sont au nombre de cinq : l’édito de D. Gluckstein dans la Tribune des Travailleurs du 5 août 2026, la critique polémique de cet édito par V. Présumey dans un article du 12 août, un billet de D. Gluckstein dans la Tribune des Travailleurs (TT) du 19 août, la demande de droit de réponse du Comité de rédaction d’Aplutsoc, et le texte « Contre la calomnie ». Voici le premier de ces documents :

J’ai choisi, dans un article paru sur Aplutsoc le 12 aout que vous pouvez lire ici en lien (on notera que l’édito en question y était intégralement reproduit) de me livrer à une critique aigüe de cet édito. Cette critique comporte plusieurs aspects. L’un d’eux consiste à alerter dans ces termes sur le rapprochement opéré par D. Gluckstein entre Netanyahou et Zelensky, les mettant dans le même sac comme fauteurs de guerre entrainant Trump :
« Mais D. Gluckstein a-t-il trouvé tout seul la calomnie qu’il lance ici, non pas principalement contre Zelensky, mais contre la nation ukrainienne en lutte contre l’impérialisme ?
La question se pose en effet, car le thème qu’il reprend ici circule largement dans la stalinosphère et la poutinosphère, ainsi que dans les milieux fascistes à la manière de Soral : ce serait Israël qui aurait sollicité l’attaque ukrainienne, et Zelensky, dans ces écrits, est, comme l’écrit Gluckstein, le second « supplétif » de Washington, car il a un point commun avec Netanyahou … comme juif. D. Gluckstein évite ce thème, mais partage la représentation fondamentale : l’impérialisme unique, c’est Washington, et Israël et l’Ukraine sont ses agents provocateurs. C’est là une position impérialiste, celle de l’axe Moscou-Téhéran, largement partagée aussi dans les milieux MAGA et indissociable de l’antisémitisme. »
Ce passage, qui pose une question, ne traite pas D. Gluckstein d’antisémite et celui-ci d’ailleurs, nous allons le voir, ne prétend pas cela. Ce sont les officines rouges-brunes et la fachosphère qui y sont accusés de rapprocher Netanyahou et Zelensky en tant que juifs, pas D. Gluckstein. Par contre, la position politique de celui-ci, à savoir l’amalgame qu’il opère entre Netanyahou et Zelensky, est mise en parallèle avec cette propagande, de source poutinienne et iranienne pour l’essentiel, et il est souligné que cette position impérialiste est « indissociable de l’antisémitisme ».
La question posée ici n’est pas : « D. Gluckstein est-il antisémite ? » (à ce jour tout indique qu’il n’en est rien).
Elle est : « D. Gluckstein se rend-il compte que ses positions le conduisent à des « éléments de langage » que l’on trouve chez des antisémites et qui sont indissociable de leur antisémitisme ? Est-il conscient de l’origine de cette thématique ? »
Cela, pour alerter, répétons le, sur les parallélismes et rapprochements dangereux auxquels conduit une analyse campiste des relations internationales, faisant fi de la lutte des classes et des peuples opprimés, et affirmant donc, comme le fait régulièrement la Tribune des Travailleurs, que la guerre de la Russie contre l’Ukraine serait une guerre entre impérialismes.
Cet article a suscité le billet suivant de D. Gluckstein dans la Tribune des Travailleurs du 19 août :

Comme on peut le lire, ce billet n’accuse pas V. Présumey, et pour cause, d’avoir traité D. Gluckstein d’antisémite. Mais il l’accuse de semer « la graine du doute » pour que d’autres, ensuite, répriment la Tribune des Travailleurs pour antisémitisme. Et, pire encore, il se conclut en affirmant que Vincent Présumey « partage » la « logique (policière) » qui y conduit « avec la droite et l’extrême droite ».
A ce stade, quiconque dispose de ces documents – déjà rendus publics par Aplutsoc, à la différence à ce jour de ce que font D. Gluckstein et les solliciteurs du PT quêtant des signatures-, qu’il soit d’accord ou non avec les arguments des uns et des autres, et même s’il peut trouver exagérée la critique faite de l’orientation campiste pro-poutinienne développée dans l’édito de la TT du 12 août, quiconque, s’il sait lire, peut faire deux constats :
- Vincent Présumey n’a pas traité D. Gluckstein d’antisémite, et pour cause car il ne pense rien de tel.
- Daniel Gluckstein, lui, a associé explicitement Vincent Présumey à la police, à la droite, et à l’extrême droite.
Si le mot « calomnie » a un sens, il n’est que là.
Ayant eu connaissance de cet article du 19 août dans la TT, ce n’est pas moi-même, mais des camarades du Comité de rédaction d’Aplutsoc, puis celui-ci réuni fin août, qui ont décidé d’adresser la demande suivante de droit de réponse à la TT :

C’est cette demande qui a suscité de la part de D. Gluckstein la production et la diffusion fiévreuse de l’ « appel à signer » que voici donc :

Tout lecteur mis, comme nous le faisons nous (et pas, à ce jour, D. Gluckstein, le PT ni la TT) en connaissance de l’intégralité des écrits en cause, pourra remarquer la manière dont cet « appel » tronque les citations pour donner à croire qu’Aplutsoc et moi-même se seraient lancés dans une sombre campagne de calomnies contre D. Gluckstein. Il se garde bien de citer et de dire que c’est une demande de droit de réponse qui le conduit à agir ainsi.
Tout lecteur peut également constater que D. Gluckstein se garde d’écrire directement que je l’aurai traité d’antisémite, mais essaye de le dire quand même en conclusion, en prétendant que j’ai « assimilé » ses positions à celles de « l’extrême droite complotiste et antisémite ». Non : je n’ai pas « assimilé », j’ai alerté sur une proximité éclatante dans le cas des affirmations concernant Zelensky et Netanyahou.
Toutefois, une remarque intéressante s’impose : les calomnies associant Vincent Présumey à la police, à la droite, et à l’extrême droite, ne sont pas réitérées dans cet appel qui porte uniquement sur les prétendues calomnies dont aurait été victime D. Gluckstein. Ce sont ces accusations scandaleuses que nous avons qualifiées, dans notre demande de droit de réponse, de procédé relevant des « méthodes staliniennes ».
Et il se garde bien, répétons le encore, de donner connaissance de cette demande de droit de réponse qu’il a reçue, dans laquelle il est signalé que je suis, réellement et régulièrement, menacé de mort par l’extrême droite …
Alors, que penser de tout cela ? Pourquoi D. Gluckstein, à la tête d’un « parti » disposant d’un hebdomadaire imprimé, part-il ainsi en croisade contre un petit site militant, et contre un militant ouvrier par ailleurs menacé de mort par l’extrême droite, en tentant au passage, puis en laissant tomber cela dans son « appel à signer », de le lier à la police, à la droite et à l’extrême droite ?
N’y a-t-il pas mieux à faire que ce type de campagne ?
Par exemple, la TT a, à juste titre dans son numéro du 26 août, appelé à la libération de syndicalistes chinois de Hong-Kong Lee Cheuk-yan et Chow Han-tung, un sujet sur lequel Aplutsoc a décidé de faire campagne : ne serait-il pas plus judicieux de récolter des signatures à ce sujet parmi les contacts syndicaux de D. Gluckstein et du PT, plutôt que de s’enferrer dans une obscure campagne contre de prétendues calomnies, et calomniant en fait Vincent Présumey et personne d’autre ?
Car oui, ce serait là des méthodes staliniennes. A qui, à quoi servent-elles ?
Une chose est sûre : elles ne peuvent servir à la défense de la presse ouvrière et démocratique. Tout au contraire. Car s’il est une chose dont a besoin une telle presse, qui seule peut la faire vivre, c’est le libre débat, et il ne saurait y avoir de libre débat si la critique, au besoin impitoyable, des positions campistes effaçant la lutte des classes et des peuples opprimés, est interdite.
Ce débat est nécessaire, il est nécessaire et se cherche dans le PT lui-même, sans aucun doute, et, même avec nos petits moyens, nous le disons fermement : personne ne nous interdira, militants ouvriers, de le mener et de l’imposer.
Vincent Présumey, le 28/09/26.