Appel à manifester dans toute la France
- Contre la guerre de Poutine.
- Pour une paix juste et durable.
- Soutenons plus que jamais la résistance ukrainienne.
Le 24 février, l’Ukraine entrera dans la cinquième année de la guerre d’agression déclenchée par la Fédération de Russie.
Des années de bombardements systématiques contre les civils et les infrastructures énergétiques, de déportations d’enfants, de tortures et de violences sexuelles commises par l’armée russe.
Dans les territoires occupés, ce sont plus de 20 000 enfants kidnappés et illégalement envoyés en Russie, la russification et la militarisation de centaines de milliers d’autres. Au moins 16 000 civils ukrainiens sont détenus par la Russie, torturés ou portés disparus. Dans les territoires occupés des expropriations massives sont organisées.
Poutine ne veut pas la paix mais la reddition de l’Ukraine et au-delà, il multiplie déjà les agressions hybrides contre l’Europe. En résistant, l’Ukraine ne fait pas que se défendre, elle est notre première ligne de défense et protège l’Europe tout entière.
Exigeons de notre gouvernement et de l’Union Européenne de :
- PROTÉGER LE CIEL UKRAINIEN
Livrer les armes nécessaires à la défense aérienne et utiliser les avions de chasse européens pour fermer le ciel ukrainien
- DÉFENDRE LES POPULATIONS DANS LES TERRITOIRES OCCUPÉS
Retour des enfants déportés, arrêt de leur russification et militarisation forcées, libération des prisonniers torturés, accès du CICR aux détenus, droit au retour en Ukraine libre, et fin des expropriations
- RENFORCER ET APPLIQUER LES SANCTIONS CONTRE L’ÉCONOMIE RUSSE
Arraisonner les pétroliers fantômes avec lesquels la Fédération de Russie tente de contourner l’embargo et saisir les 210 milliards d’avoirs russes gelés en Europe pour les affecter à la défense puis à la reconstruction de l’Ukraine
Toute paix de capitulation imposée par le tandem Trump-Poutine ne mettrait pas l’Ukraine à l’abri d’une nouvelle agression et ne ferait qu’encourager la Russie à poursuivre son offensive vers l’Europe.
Nous, associations ukrainiennes et françaises engagées aux côtés de l’Ukraine résistante, vous appelons à manifester partout en France autour du 24 février, à Paris le 21 février.
Pas de paix sans le retour des enfants déportés et la libération de tous les prisonniers !
Pas de paix sans l’Ukraine, pas de paix contre l’Ukraine !
Liste des signataires et informations sur les initiatives dans toutes les villes de France sur le site :
https://razom24fevrier26.org/
Cela fait depuis 4 ans que la guerre en Ukraine se poursuit – voire 12 ans si l’on compte depuis la réaction russe contre les conséquences de Maïdan. Et rien ne semble avancer : on nous prédit un coup la victoire des Russes, un coup celle des Ukrainiens…et, en attendant, ce sont lesdits Russes et lesdits Ukrainiens qui trinquent, à cause de l’impérialisme russe qui a directement déclenché cette guerre. Il est clair que les puissances occidentales craignent un renversement de Vladimir Poutine : ils ont peur qu’une défaite militaire réelle de l’armée russe ne provoque une « 1905 », donc une révolution en Russie qui risquerait, vu l’inflammabilité de la situation sociale dans le monde, de déclencher une vague révolutionnaire. Même ceux qui ne croient pas à la possibilité d’une révolution ont de bonnes raisons d’avoir peur : un effondrement non-révolutionnaire du régime russe sur lui-même risquerait de provoquer un Irak à grande échelle, dans un pays beaucoup plus peuplé et où pourraient circuler des armes nucléaires – et une intervention militaire occidentale jusqu’à Moscou, outre qu’elle justifierait de la part des Russes l’usage de l’arme atomique, pourrait bien avoir le même effet, en plus d’être extrêmement coûteuse en hommes. Il resterait presque la possibilité d’un leader-change sans regime-change comme Trump l’a fait au Venezuela et tente de le faire en Iran, mais la Russie n’est ni le Venezuela ni l’Iran et dispose de l’arme nucléaire, peut continuer de jouer le rôle de sous-impérialisme au Moyen-Orient et en Asie au service des Occidentaux (ce qui suppose de limiter son affaiblissement)…et puis, Poutine fait malgré tout un bon gardien de cirque or, quand on tue le gardien de cirque, on doit s’attendre à s’affronter aux lions et il n’est pas dit que les Occidentaux aient le désir d’affronter les lions ! Les Occidentaux (USA compris) sont donc coincés dans un soutien à l’Ukraine qui soit assez important pour empêcher Poutine de remporter une véritable victoire mais assez faible pour l’empêcher de subir une véritable défaite…autant dire la quadrature du cercle !
Les dirigeants bourgeois de l’Ukraine sont eux-mêmes coincés dans un nœud insoluble. Soit ils négocient une paix avec la Russie qui transformerait le pays en quasi-colonie russe, un État croupion désarmé et vassalisé par son grand voisin qui pourrait y exercer une influence politique absolue. Position indéfendable en l’état devant la population ukrainienne, et qui ne le serait que si l’Ukraine se retrouvait face à une menace de destruction totale. Soit – et c’est le choix qu’ils font – ils s’alignent aussi strictement que possible sur les intérêts des Européens et des Américains en espérant qu’ils ne les laissent pas tomber. Le prix à payer en sera la transformation de l’Ukraine en colonie euro-américaine. Donald Trump a déjà prévu, dans son « plan de paix », que la reconstruction devra profiter aux entreprises du BTP américaines en priorité. Même le soutien européen à l’Ukraine – très timide en France mais beaucoup plus prononcé en Allemagne ou en Italie – profite in fine aux États-Unis : un reportage télévisé sur France 2 d’il y a quelques jours nous apprenait que la quasi-totalité du matériel militaire livré par l’Union européenne à l’Ukraine était du matériel américain. On nous dit que Donald Trump a arrêté de soutenir l’Ukraine mais on devrait dire « a arrêté de la soutenir directement » pour son plus grand bénéfice : pourquoi livrer des armes à une Ukraine qui ne peut pas payer quand on peut les vendre aux Européens qui les livreront ensuite à l’Ukraine gratuitement ou peu s’en faut ? La politique de Trump consiste certainement à diminuer l’aide à l’Ukraine (ou du moins à la maintenir à un niveau qui ne permette ni la victoire ni la défaite) mais plus encore et surtout à faire payer le prix de cette aide aux Européens. Demander des livraisons gratuites d’armes à l’Ukraine et soutenir les dirigeants ukrainiens dans leur direction, cela revient, en l’état, à renforcer la vassalisation de l’Ukraine à l’Union européenne et la vassalisation de l’Union européenne aux États-Unis, donc in fine à faire de l’Ukraine le jouet de Trump. Avec cette Ukraine vassalisée, il pourra continuer d’affaiblir la Russie pour la forcer a minima à prendre une position de neutralité entre les États-Unis et la Chine quand surviendra la grande explosion – ce qui a toujours été son objectif en Europe orientale. D’ailleurs, les plans Trump sont hostiles au désarmement complet de l’Ukraine, car les États-Unis veulent garder une position utile pour surveiller la Russie (c’est d’ailleurs encore un point d’achoppement entre Trump et Poutine).
En fait, la seule paix que l’impérialisme, qu’il soit russe ou américain, propose à l’Ukraine, c’est la transformation en un État croupion vassalisé par l’une ou l’autre des grandes puissances (voire par les deux !). On comprend que la bourgeoisie ukrainienne, voire une grande partie du peuple, se résigne à la vassalisation par les États-Unis. La promesse d’une intégration à l’Union européenne (à laquelle même le pouvoir russe ne s’oppose pas) leur permettrait de bénéficier, pensent-ils, des mêmes avancées que celles dont on pu profiter les pays d’Europe centrale…d’abord au bénéfice bien entendu des bourgeoisies ouest-européennes et singulièrement allemande. Mais il n’est pas dit que les évolutions récentes (risque accru d’une crise capitaliste internationale, poussée de l’union des droites dans toute l’Europe, réorientation de l’Union européenne autour du couple Merz-Meloni) ne viennent doucher les espoirs ukrainiens. L’avenir de l’Ukraine libre est lié intrinsèquement à celui de l’Europe. Cette dernière est aujourd’hui prise entre le marteau russe et l’enclume américaine et cela ne fera que se renforcer : le rapprochement entre l’Allemand Merz (qui, dans son pays, pave la voie à une union des droites CDU-AfD) et l’Italienne Meloni (qui incarne déjà l’union des droites) est déjà le symptôme d’une bascule prochaine de l’Europe d’une part vers un projet austéritaire de grande envergure (qui consistera réellement cette fois-ci à réarmer massivement en finançant ce réarmement par des coupes dans les budgets sociaux, avec un renforcement autoritaire de l’Etat pour les faire passer) et d’autre part vers une insertion dans le nouvel ordre européen fondé sur l’entente pragmatique Trump-Poutine. Macron, comme à son habitude, macronise…mais ce n’est pas un caractère personnel : ce n’est que l’expression d’un épuisement de la bourgeoisie française prise entre ses vieux rêves néo-gaullistes d’une Europe européenne indépendante des États-Unis (d’où ses volontés de rééquilibrer le jeu en prenant langue avec Poutine, soutenu dans cette orientation par les marges gauche [Mélenchon] et droite [Le Pen] de la bourgeoisie) et le réalisme d’une bourgeoisie moderne mieux intégrée aux réseaux transatlantiques et plus servile vis-à-vis de Washington (ce qui, paradoxe des paradoxes, pourrait finir par en faire aussi, mieux encore que les néo-gaullistes, des agents objectifs de Poutine).
Pour sauver l’Ukraine, il n’y a pas trente-six solutions. Il faut combiner solidairement lutte contre les impérialismes russe et américain, lutte en Europe contre le projet austéritaire Merz-Meloni (qui va s’incarner en France dans l’union des droites), lutte en Russie et aux États-Unis contre les régimes dictatoriaux actuel dans un cas et en germe dans l’autre, enfin lutte en Ukraine contre l’orientation européiste-bourgeoise des dirigeants ukrainiens. L’Ukraine a besoin d’une aide, y compris militaire, contre la Russie – mais si cette aide consiste à vassaliser l’Ukraine à Trump, qui cherche lui-même un terrain d’entente avec Poutine, alors c’est contre-productif. Le seul moyen d’arrêter la guerre en Russie et d’éviter l’usage des armes atomiques, ce n’est pas de négocier avec Poutine, c’est de renverser son régime – ce qui suppose une coordination avec l’opposition russe et une action de cette dernière en direction des masses populaires (en particulier les travailleurs des hydrocarbures, les militaires du rang et les ouvriers des usines d’armement). Ce n’est pas dans le renforcement de l’Union européenne, que Merz et Meloni vont transformer en outil au service des intérêts trumpiens, que les Ukrainiens trouveront un soutien. Au contraire, le seul mot d’ordre qui permette de combiner tout cela est celui des États-Unis socialistes d’Europe : mettre à bas la bourgeoisie européenne et la bourgeoisie ukrainienne dont les orientations sont des obstacles à la défense réelle de l’Ukraine contre tous les impérialismes, en attendant de mettre à bas les bourgeoisies américaine et russe ; organiser une fédération d’Etats européens combinant progrès social et défense de l’Ukraine, voilà la seule solution.
J’aimeJ’aime