Lundi 9 avril.

L’exécutif macronien a choisi cette nuit pour lancer l’assaut contre la « Zad » de Notre-Dame-des-Landes, opération qui n’a strictement aucune raison d’être autre que la restauration de l’autorité du pouvoir, c’est-à-dire de sa capacité politique à user de la force.

Et il a, le même jour, employé la force contre les assemblées générales étudiantes à Nanterre et à Lille. Que les brutalités visent les assemblées générales vaut programme : elles sont ce qui fait peur au pouvoir car c’est là que se forme la confiance, la décision, et que se confrontent les positions, parmi les couches sociales qui entrent en mouvement.

Ces brutalités diffusent un profond sentiment d’avoir à défendre nos jeunes, nos enfants, nos élèves, d’un régime qui leur refuse le choix de leurs études et le droit à l’emploi et donc, dans cette société, à l’existence sociale.

Lundi 9 avril encore, les AG – justement : les AG – de cheminots de Paris-Nord et d’Austerlitz ont voté la grève reconductible, et non perlée, à compter du 13. Elles l’ont votée avec une claire conscience d’avoir à affronter l’exécutif.

La discussion sur comment l’affronter et comment le battre s’étend dans le pays.

Ironiquement, ce pouvoir qui entendait commémorer à sa façon « mai 68 », c’est-à-dire – mais il ne voulait pas le dire ! – la grève générale de mai-juin 68, en reproduisant à grande vitesse le pire de la V° République (1), met à l’ordre du jour pour de larges couches sociales le même type de discussions qu’en mai 68.

 

(1) Son président, ce même 9 septembre n’est-il pas allé à la conférence épiscopale catholique, aux Bernardins, proclamer qu’il faut « réparer », c’est-à-dire rétablir, « le lien entre l’Église et l’État » – la phrase exacte est : « Le lien entre l’Église et l’État s’est abîmé, il faut le réparer. »