Ce second tour découle directement du premier tour. La défaite politique du monde du travail privé de représentation au second tour, résultat direct du quinquennat Hollande qui n’aurait toutefois pas pu s’effectuer sans la substitution de la « France insoumise » à l’unité sur la base de nos revendications, y conduisait logiquement. Emmanuel Macron, produit politique direct du capital ayant été propulsé à partir de son action en pointe dans les politiques antisociales de Hollande, est élu avec 65,8% (à cette heure) des suffrages exprimés, contre 34,2% à Marine Le Pen. En tenant compte, comme cela est nécessaire mais occulté, des 25,3% d’abstentions et des près de 12% de votes blancs et nuls, cela n’en fait pas un président « bien élu », mais cela en fait assurément le président de la V° République, celui que les défenseurs des droits sociaux et de la démocratie vont avoir à affronter, dés ce soir.

Son programme est facile à résumer : il s’agit de l’amplification et de la démultiplication de la loi El Khomri dans tous les domaines, donc de la loi des patrons, de la concurrence, contre la civilisation de l’égalité des droits, des services publics, du code du travail et de la Sécurité sociale. Cette orientation ne sera pas compatible avec le « nouvel humanisme » et « l’esprit des Lumières » qu’il a proclamés ce soir.

La question politique immédiate, qui s’impose avant tout à toutes celles et tous ceux qui ont voté pour lui en souhaitant que les abstentionnistes contrecarrent ses revendications de légitimité, comme à toutes celles et tous ceux qui ont refusé de voter en souhaitant que les votants battent Mme Le Pen, est de le battre aux législatives et en même temps de battre à nouveau le Front national qui voudrait passer pour l’opposition qu’il n’a jamais été. C’est possible à condition de combattre politiquement deux écueils, deux obstacles, symétriques : les ralliements au président, auxquels on opposera notamment la revendication d’abrogation de la loi El Khomri, et le choix des dirigeants de la « France insoumise » de pratiquer la politique de la terre brûlée, ne visant pas à la victoire, mais au partage des dépouilles des vieux partis bureaucratiques issus du mouvement ouvrier, avec le même Macron.

Pour une majorité démocratique et unitaire contre Macron, contre Le Pen, pour mettre fin à la V° République en commençant par priver son président de majorité parlementaire, pour l’abrogation de la loi El Khomri : la bataille doit se démultiplier. Elle n’est pas facile, car elle est et sera une bataille interne au monde du travail et à la jeunesse, pour imposer l’unité sur nos revendications et le débat démocratique. En l’imposant, nous iront de l’avant.

La rédaction, 07-05-2017 – 23h00.