Pourquoi cela ? C’est l’autre volet de la situation : oui la lame de fond s’est levée mais tant qu’elle n’aura pas défait ce gouvernement et ce président, ouvrant la crise de régime, les mauvais coups porteront.

La poussée gréviste est à un palier depuis début avril, puisque la possibilité de gagner a été évitée, la grève totale rapide n’ayant pas été réalisée, et la question se posant évidemment toujours. En ce curieux mois d’avril, nous sommes donc dans un entre-deux où la lame de fond cherche à repartir, en s’inquiétant lourdement sur le fait qu’il ne sera pas possible de jouer à saute-mouton jusqu’à l’été.

Les actions du type « Nuit debout » ne traduisent pas un renforcement du mouvement, mais la recherche d’une issue qui, parfois, risque d’aller dans l’impasse de la non-revendication et du « rêve général » opposé à la grève générale bien réelle, et qui se déroulera le jour. Ni pâmoison, ni mépris condescendant pour ce phénomène, qui traduit la recherche d’une issue et d’autres perspectives, mais qui ne fournira pas par lui-même le débouché.

La prochaine grève interprofessionnelle est appelée par la CGT, FO, la FSU, Solidaires et l’UNEF, le jeudi 28 avril, et le débat public parlementaire sur la loi El Khomri commence officiellement le mardi 3 mai, le 1° mai tombant le dimanche entre les deux.

Le comité confédéral national de la CGT-FO vient de réaffirmer la revendication de retrait total de la loi El Khomri. Le congrès confédéral de la CGT qui se tient la semaine prochaine à Marseille aura forcément à discuter d’une action centrale et unitaire pour gagner.