Un référendum d’initiative populaire (obtenu par plus de 400 000 signatures, 300 000 étant légalement nécessaires) aux Pays-Bas, vient de porter sur le traité d’association entre l’Union Européenne et l’Ukraine.

La grande majorité des citoyens néerlandais n’est pas allé voter, mais la barre des 30% légalisant le vote a été de peu franchie : 32% de votants, 61% de votes Non.

Est-il bien légitime pour les Pays-Bas d’organiser un référendum sur une question qui concerne avant tout la nation ukrainienne ? Celle-ci va d’ailleurs, forcément, réagir par un peu plus de scepticisme envers cette Union Européenne, alors qu’elle souhaite s’associer, sincèrement et réellement, aux peuples européens.

En fait, il est évident que l’immense majorité des votants Non, qui représentent donc 19,5% du corps électoral, n’a pas étudié la question de la place de l’Ukraine par rapport à l’Europe et à la Russie, mais s’est exprimée à l’encontre de l’Union Européenne, qui, rappelons-le, a ici comme en France mis en œuvre la plupart des mesures que la majorité (en l’occurrence avec une participation élevée ! ) avait rejetées en 2005.

La nation néerlandaise ne considère pas l’UE comme un cadre démocratique qui respecte ses droits, voilà la réalité déjà connue que met à vif ce vote. Il pose aussi la question de l’union libre des peuples de toute l’Europe, dont ceux d’Europe centrale et orientale, comme alternative à l’UE.