La divulgation des « Panama Papers » pose une question démocratique élémentaire, celle de la transparence. C’est bien qu’il y ait divulgation, mais les organes de presse qui en disposent sont eux-mêmes des entreprises capitalistes. La transparence, c’est la publicité intégrale de tous les documents, tout de suite, techniquement parfaitement possible par leur mise en ligne. C’est cela qu’il faut exiger.

L’onde de choc a commencé et c’est tant mieux. Le premier ministre islandais est tombé, parce qu’il y a eu manifestations populaires, dans la continuité de la crise révolutionnaire qu’a connue l’Islande après 2008. J. Cameron, le premier ministre britannique, semble pleinement concerné lui aussi … (1)

Ces messieurs de la Société Générale ont porté plainte contre J-L. Mélenchon, Jérome Kerviel et l’avocat de ce dernier, David Koubbi, parce qu’ils ont déclaré que la SG se livrait à des pratiques illégales, ce dont nul n’a jamais douté. Il faut évidemment être solidaires contre cette manœuvre grotesque d’intimidation, et la faire se retourner contre ces messieurs.

Mais, plus généralement, personne ne peut honnêtement se dire surpris du contenu des « Panama Papers ». Les « personnalités » concernés n’ont rien de marginal. C’est le cœur du capital et des États. La leçon à en tirer, c’est bien qu’il y a incompatibilité entre la simple transparence, condition de toute démocratie, et le mode de production capitaliste. Publication des Panama Papers et ouverture des livres de compte des banques et grandes entreprises sont des revendications démocratiques pour que l’humanité puisse s’occuper de ses affaires, de sa survie.

  1. Comme les Panama Papers disent bien des choses sur MM. Poutine et Xi Xinping, la complosphère et certains « anti-impérialistes » y voient déjà une manœuvre américaine et, pourquoi pas, « sioniste ». En fait, les affairistes nord-américains avec les paradis fiscaux du Delaware et du New Jersey ont tout simplement moins besoin d’y avoir recours.