Notre billet de la semaine dernière sur Alep et sur la situation des forces kurdes au Nord de la Syrie a suscité des réactions. De deux sortes.

Ceux qui nous disent « ils luttent les armes à la main alors il faut taire toute critique » ne méritent pas vraiment qu’on leur réponde. Taire les critiques envers un mouvement qui lutte les armes à la main, c’est non assistance à personne en danger !

D’autres nous font remarquer que selon beaucoup de sources, et contrairement à certaines craintes que nous avions exprimées, les YPD ne voient pas d’un bon œil l’avance russe et craignent qu’au final des accords, ou des prétextes, permettent aux forces turques d’investir le Nord de la Syrie et empêche la légitime unification des régions kurdes.

C’est bien possible.
Quoi qu’il en soit, il faut défendre la population d’Alep contre les bombardements dont elle est la victime, bombardements russes, et contre la terreur de masse qui se prépare avec le retour d’Assad. Le fait que des milices d’al-Nosra jouent un rôle important, bien que loin d’être exclusif, à Alep, permet trop facilement les amalgames et les dénis de secteurs de « gauche » qui ne demandent que cela. Ce ne sont pas les islamistes qui sont menacés de destruction, mais bien les habitants d’Alep. Parce qu’Alep, c’est le symbole du soulèvement et de la ténacité. Défendre Alep et le peuple syrien majoritairement traité de « terroriste » par Assad, défendre le peuple kurde globalement traité de « terroriste » par Erdogan : la non prise en charge de ces deux taches nécessaires, liées, et conjointes, souligne toute la carence d’internationalisme aujourd’hui et l’ampleur des taches en ce domaine.