2016 commence fort

Hé oui, nous le disions en tout début d’année : les conditions sont réunies pour que 2016 soit « pire » que 2015. Mais cela signifie que 2016 devra être marquée par la lutte, la conscience et l’organisation.

L’année financière commence fort.
L’annonce, attendue mais longtemps différée, par la Fed (Banque centrale des États-Unis) d’une remontée progressive des taux d’intérêts signifie que l’impérialisme nord-américain estime ne pas avoir la capacité, à moyen terme, de soutenir la capitalisation boursière mondiale, le capital fictif confronté à la baisse des taux de profits réels, par des émissions financières et monétaires (ce que l’on appelle vulgairement la « planche à billet » même si son fonctionnement est devenu un peu plus compliqué). D’une part, donc, le vieux pilier de l’ordre mondial fait savoir, ce qui n’est plus un scoop, qu’il n’y arrive plus mais qu’il n’hésite évidemment pas à faire passer ses intérêts propres avant ceux de n’importe lequel de ses partenaires/concurrents.

C’était en décembre. En janvier, les krachs répétés, non enrayés, au contraire, par les fermetures de la bourse de Shanghai, des bourses chinoises, se sont répercutés sur toute la planète. Pendant que l’impérialisme nord-américain fait savoir à la finance mondiale, au capital concentré, qu’il ne peut pas alimenter indéfiniment la planche à billet, l’impérialisme chinois fait savoir, involontairement et d’une manière convulsive qui aggrave l’affolement, qu’il ne va pas bien, la crise mondiale lui ayant fermé ses débouchés et la fameuse transition vers le marché intérieur n’ayant pas lieu. D’autre part, donc, le second pilier de l’ordre économique mondial fléchit lui aussi.

De plus, voici maintenant un an que l’Arabie saoudite a abandonné le contingentement de la production pétrolière, confrontée à la concurrence des schistes US (une catastrophe pour l’environnement) et profitant de l’alibi consistant à porter un coup au prix du pétrole russe, tout en préparant aussi une baisse des prix pour saluer le retour de son ennemi iranien sur les marchés ; le résultat est une concurrence généralisée, faisant chuter les prix, et un choc en retour violent sur l’économie rentière et parasitaire des magnats saoudiens du pétrole, famille royale en tête.

L’ensemble de ces facteurs ont globalement la signification suivante : la crise globale ouverte en 2007-2008 n’est en rien terminée, au contraire le mode de production capitaliste, pour l’heure, s’enlise dedans. Les éléments de reprise cyclique conjoncturelle, réels, sont de toute façon surplombés par le poids du parasitisme financier et rentier.

Il n’est pas surprenant que cette situation globale voit les facteurs régionaux d’explosion guerrière se multiplier. L’Arabie saoudite est en voie de devenir un maillon faible à son tour. Elle a provoqué une partie de sa population et, en général, les chiites, par l’exécution d’un important opposant début janvier, qui devait « équilibrer » les exécutions d’opposants sunnites radicaux, la concurrence du discours apocalyptique de Daesh étant devenue un problème en soi pour le régime saoudien – cependant que le martyr des athées et des opposants combattant pour la pensée libre se poursuit. Cette provocation ne pouvait qu’être suivie de bruits de bottes avec l’Iran. Pourtant, si le grand affrontement tant annoncé entre sunnites et chiites devait avoir lieu, il aurait dû déjà se produire. Les masses iraniennes comme saoudiennes veulent la paix et la liberté. Qui passent par la chute de ces régimes devenus des jumeaux.

L’État de Corée du Nord a fait exploser, dit-il, une bombe H. Cette provocation d’une clique d’exploiteurs militaristes n’ayant rien de commun, de prés ou de loin, avec un « État ouvrier », va servir de prétexte à la remilitarisation japonaise, à la répression anti-syndicale en Corée du Sud et aux manœuvres militaires nord-américaines en mer de Chine. La perpétuation de cet État présente essentiellement cet intérêt là pour Washington et Tokyo, toujours disposés à l’utiliser comme prétexte sécuritaire idéal, et craignant ce que souhaite, par contre, profondément, le peuple coréen : une réunification nationale qui, forcément, mettrait aussi en cause les fondements de l’État sud-coréen.

Les spectres de la guerre et la crise financière sont donc plus que jamais insistants et présents en ce mois de janvier 2016. Et pour couronner le tout, la fuite massive de méthane d’une ancienne mine non sécurisée par les patrons en Californie, après la pollution massive du Rio Doce au Brésil, elle aussi d’origine minière, vient confirmer que juste après que la COP 21 ait prétendu avoir des solutions pour … la fin du XXI° siècle, c’est tout de suite, ici et maintenant, que l’accélération de la crise de notre milieu de vie, causée par le capital, se produit …

Article publié dans APLS N°29 du 16 janvier 2016

A propos aplutsoc

Arguments Pour la Lutte Sociale - Ce bulletin, ou circulaire, est rédigé par des militants pour qui le siècle commencé est gravement menacé par le capital, et pour qui la révolution prolétarienne, prise en main de leur destinée collective par les exploités et les opprimés eux-mêmes, est plus que jamais à l’ordre du jour. Il a pour but de fournir des arguments, des éléments politiques, des propositions d’action et matière à débat à toutes celles et tous ceux qui veulent ouvrir, en France et au niveau international, une issue politique aux luttes sociales qui ne cessent pas.
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