Où va la France sous Hollande et Valls ?

Où vont Hollande et le gouvernement ?
Ils vont là où M. Gattaz leur dit d’aller : il a réclamé un « contrat de travail agile » (sic ! ) pour toutes et pour tous, et F. Hollande annonce que, au conseil des ministres de mercredi prochain, 18 janvier, c’est lui qui va divulguer le « projet de loi travail » dont il est clair que le but est de casser le code du travail et les Contrats de travail à Durée Indéterminée (CDI).

Dans la fonction publique, les mesures de compression des salaires et d’alignement des carrières sur la seule ancienneté tempérée par le « mérite » évalué par le supérieur hiérarchique, qui découlent du protocole PPCR (Parcours Professionnels, Carrières et Rémunérations), commencent à s’appliquer. La préparation de la « réforme du collège » sème le désordre dans les établissements.

A l’encontre des libertés publiques, l’ « état d’urgence », dont il est évident maintenant pour le plus grand nombre qu’il ne vise pas l’organisation fasciste islamiste Daesh, devrait donc être « constitutionnalisé » avec la déchéance de nationalité contre les binationaux natifs compris, mettant en œuvre une partie du programme du Front National, contre la garantie des droits, contre l’égalité des citoyens, et contre le droit du sol.

Les « grandes Régions » de la réforme territoriale se mettent en place et leurs potentats annoncent vouloir les gouverner à leur façon dans le cadre d’une « République des territoires » qu’entendent bien promouvoir aussi bien Mme Delga (Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon, PS) que M. Wauquiez (Rhône-Alpes-Auvergne, LR).

Avant les échéances électorales de 2017, Hollande et le gouvernement veulent avoir fait un maximum de sale boulot, dans tous les domaines, au compte du capital. Mais ce n’est pas une marche en avant, mais bien une fuite en avant.

Fuite en avant devant la menace d’une « explosion sociale », c’est-à-dire devant la réalité des grèves et des conflits n’allant pas forcément jusqu’à la grève, mais d’une virulence montante, dans des centaines de petites et moyennes entreprises et dans tous les secteurs de la fonction publique, dont la centralisation permettrait de battre patronat et gouvernement.

Fuite en avant devant le risque d’un effondrement financier mondial, qui est clairement d’actualité en ce mois de janvier 2016, et qui viendrait balayer tous les éléments de faible reprise conjoncturelle existant dans certains secteurs industriels.

Fuite en avant devant la multiplication médiatisée d’incidents racistes ou antisémites, que l’ « état d’urgence » ne contrecarre pas, bien au contraire, et les risques d’attentats de Daesh, président et gouvernement sachant que leur exploitation politique des crimes de masse du 13 novembre était un tir à un seul coup.

Ayant sauvé le parti « Les Républicains » en cassant le Parti socialiste lors des élections régionales, Hollande et Valls se sont volontairement constitués prisonniers du bon vouloir des dits « Républicains » pour le vote de la révision constitutionnelle qui doit marquer le renforcement autoritaire du régime de la V° République, d’où un débat qui ronge les dits « LR » sur l’attitude qu’ils doivent adopter : doivent-ils étayer le renforcement de ce régime, leur régime, sous l’égide de Hollande ou doivent-ils lui porter le coup de grâce en spéculant sur son probable échec ?

Dans cette situation politique et sociale grosse d’affrontements en préparation, la décision de soi-disant « justice » contre les 8 syndicalistes CGT de Goodyear, pour avoir séquestré pendant deux jours des cadres de l’entreprise qui ont, depuis, retiré leur plainte, dans le cadre d’un combat légitime contre 1173 licenciements, est centrale. C’est l’état d’urgence contre grévistes et syndicalistes. Il s’agit très clairement d’une mesure politique, d’origine gouvernementale (impliquant au passage la soi-disant « résistante de l’Intérieur » Taubira), destinée à baliser les affrontements qui se préparent.

Il manque une chose au monde du travail et à la jeunesse : une force politique qui systématiquement agisse pour la généralisation des combats sociaux par leur centralisation contre le pouvoir étatique et patronal. Une force qui relie le combat pour la levée de l’état d’urgence, pour la défense du code du travail, pour l’indépendance des syndicats envers les mesures gouvernementales, et la campagne de masse immédiate que les 8 de Goodyear appellent, à juste titre, de leurs vœux (1). Cette liaison porte avec elle la vague majoritaire susceptible de trancher la situation.

Mais la mise en réseau et la libre discussion entre militants d’origines et appartenances politiques diverses, sur cet objectif commun, est possible et nécessaire immédiatement. Sans s’accrocher à des « principes particuliers » prétendant modeler le mouvement ouvrier, faisons valoir les « intérêts du mouvement dans sa totalité » (2).

(1) Nous n’avons pas écrit « une force pour refonder la gauche » ou toute formule de ce genre. Il faut partir des réalités sociales telles que les gens les vivent et pas de mots, d’idées générales ou de fétiches. On verra bien si ceci « refonde la gauche » ou pas. Et en l’occurrence, la mise en avant d’un débat pour ou contre des « primaires à gauche » passe à côté de la situation réelle. Il faudrait éviter la catastrophe en 2017, mais on ne l’évitera pas en se focalisant sur les candidatures de « toute la gauche » aussi bien que de « la gauche de la gauche » ou « vraie gauche », etc. On l’évitera en affrontant patronat et gouvernement, maintenant. La levée de l’état d’urgence, la défense du code du travail et des 8 de Goodyear, voila la tache politique par laquelle il faut agir pour que, avant 2017, la centralisation des combats sociaux bouscule le soi-disant cours des choses !

(2) Marx, Manifeste du parti communiste.

Éditorial du N°29 du 16 janvier 2016

 

A propos aplutsoc

Arguments Pour la Lutte Sociale - Ce bulletin, ou circulaire, est rédigé par des militants pour qui le siècle commencé est gravement menacé par le capital, et pour qui la révolution prolétarienne, prise en main de leur destinée collective par les exploités et les opprimés eux-mêmes, est plus que jamais à l’ordre du jour. Il a pour but de fournir des arguments, des éléments politiques, des propositions d’action et matière à débat à toutes celles et tous ceux qui veulent ouvrir, en France et au niveau international, une issue politique aux luttes sociales qui ne cessent pas.
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