Une « task force » spirituelle !?

A propos d’union sacrée encore, Macron après avoir réuni une « task force économique », selon le site de l’Élysée, a réuni lundi matin une autre « task force » : celle qui vise à « alimenter les politiques publiques » en échangeant sur la « cohésion morale du pays » avec les personnalités suivantes : Eric de Moulins-Beaufort, président de la conférence épiscopale (catholiques), François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France, Mohamed Moussaoui, président du Conseil français du culte musuman, Haïm Korsia, grand rabbin, Olivier Reigen Wang-Gengh, coprésident de l’union des bouddhistes, Emmanuel Adamakis, métropolite orthodoxe, Jean-Philippe Hubsch, grand-maitre du Grand-Orient, Jean-Pierre Sakoun, GM de la Grande Loge, Marie-Claude Kervalla-Boux, GM de la GL féminine, Jean-Pierre Sakoun, président du comité Laïcité République, Christian Eyschen, SG de la Fédération nationale de la Libre-Pensée.

On nous précise que le dernier invité, par ailleurs membre du POI (Parti Ouvrier Indépendant), ne s’est pas rendu à cette invitation, mais on ne sait pas si c’est pour des raisons de principe – une réunion anti-laïque mélangeant politique, religieux, philosophie, « morale » et sanitaire, ça fait beaucoup ! – ou parce que la Ligue des Droits de l’Homme et la Ligue de l’Enseignement n’ont pas été invitées, un communiqué commun aux trois organisations étant en préparation …

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Notes politiques internationales – 24 mars 2020

Dès le début de la montée à l’horizon du coronavirus, nous avons estimé que la pandémie était un phénomène à prendre au sérieux, mais non pas isolément. Nous assistons à l’effondrement du marché mondial, engendrant en surface un krach boursier, combiné à la pandémie. Les réactions des États capitalistes, à de rares exceptions près qui demanderaient une analyse spécifique (Corée du Nord et Taïwan), sont organisées autour du « confinement ».

A l’heure où sont écrites ces lignes, nous sommes 2 milliards d’êtres humains confinés – mais dans des pays comme la Colombie « amie de l’oncle Sam » ou le Venezuela « anti-impérialiste », qui « confinent » autant l’un que l’autre, il est permis de se demander en quoi cela peut bien consister vu que la population est majoritairement composée de pauvres vivant dans des taudis ou dans des conditions précaires découlant des crises récentes – nul doute qu’armée et paramilitaires ne tuent au nom du « confinement » à Bogota comme à Caracas …

Laissant un instant de côté ici la question, qui doit faire débat, des vertus anti-épidémiologiques du confinement et de ses modalités, nous pouvons dire que l’« entrée en confinement » a un côté « mobilisation générale » visant à tétaniser la population, toutefois d’autant plus active sur les réseaux et dans les solidarités locales et de quartiers. Lire la suite

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Polémique scientifique sur le moyen de combattre l’épidémie : un sujet politique

Monte en France, devant l’impéritie du pouvoir exécutif qui lance toujours plus d’injonctions contradictoires, la polémique « Raoult ». Le professeur Raoult est cette sommité de l’infectiologie qui affirme qu’il a le médicament, et que celui-ci n’est pas rare, puisque la chloroquine est un antipaludéen éprouvé – dangereux en automédication, déconseillé aux femmes enceintes, aux cardiaques, etc., mais éprouvé.

Le pouvoir exécutif a tenté de le faire passer pour un imposteur, ce qui ne veut pas dire qu’il faille le prendre pour un prophète ou un sauveur. Cette tentative s’expliquait peut-être par ses propos – mais il est très loin d’être le seul- contre le confinement, et pour le dépistage massif. En clair, un dépistage massif, techniquement possible, permettrait de doser judicieusement le confinement (au lieu de surveiller et punir avec la stupidité d’un préfet Lallement, indigne d’une nation civilisée), et de mieux anticiper les cas à risques au lieu d’attendre leur arrivée en souffrance respiratoire aigüe dans les hôpitaux.

L’absence de toute volonté et, pire, l’incapacité structurelle, de ce régime à organiser un débat scientifique transparent entre médecins, a ouvert la route au pire. Effectivement des âneries complotistes circulent en faveur du « Pr. Raoult », mais à qui la faute si ce n’est à ce gouvernement qui veut envoyer les profs dans des boutiques relais rencontrer les parents (Blanquer) et les chômeurs et les coiffeurs aux champs (D. Guillaume !), pendant que Castaner et Lallement verbalisent !?

Beaucoup de pauvres gens sont prêts à espérer en « Raoult » devant la stupidité crasse et l’insolence de Macron et de son pouvoir. On a même vu … Benalla réapparaître sur Twitter pour raconter qu’il mettait Raoult et Macron en contact ! Les comptes se régleront, comme dit le Dr J.P. Hamon, président de la Fédération des Médecins de France …

24-03-2020.

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Document – Face à la pandémie, retournons la « stratégie du choc » en déferlante de solidarité !

Présentation 

Nous reproduisons cet texte qui, face à la catastrophe organisée par ceux d’en haut, fait appel à l’entraide et à la solidarité de ceux d’en bas pour que, pendant comme après la présente crise santaire, le combat contre un système injuste, exploiteur, destructeur et meurtrier soit toujours possible.

Le comité de rédaction d’Apltusoc appelle à le signer dans l’esprit de nos éditoriaux récents sur cette crise sanitaire

Document

Face à la pandémie, retournons la « stratégie du choc » en déferlante de solidarité !

Publié le 21 mars 2020

Près de 230 personnalités parmi lesquelles des médecins, infirmier.e.s., psychologues, réanimateurs, enseignant.e.s, comédien.ne.s, paysan.ne.s, artistes, chercheuses, scientifiques, musicien.ne.s, syndicalistes, éditrices, libraires appellent à s’auto-organiser face à la pandémie de Covid-19 et à rejoindre le réseau de solidarité COVID-ENTRAIDE FRANCE.

Cet appel a été publié samedi 21 mars simultanément sur Reporterre, Bastamag, Médiapart, Lundi Matin, Politis, Terrestres, Regards, Rapports de Force, Mouvements, Contretemps

Pour signer : https://covid-entraide.fr/signe-la-petition-pour-lentraide/

Depuis une semaine la France est entrée dans une nouvelle réalité vertigineuse. Le Covid-19 n’est plus une « petite grippe », selon nos gouvernants, mais la « pire crise sanitaire depuis un siècle ». Un choc intime qui nous fait trembler pour nos proches et toutes les personnes particulièrement fragiles. Une secousse géopolitique qui fait s’effondrer la mondialisation néolibérale comme un château de cartes. 2019 avait été une année d’incendies ravageurs en Australie, Amazonie et ailleurs, et d’immenses soulèvements populaires. 2020 a d’ores et déjà les traits d’une paralysie totale, une crise systémique majeure. Lire la suite

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Contre l’épidémie, NON à la loi d’urgence de Macron et du MEDEF !

Ajout du lundi 23 mars : finalement à l’Assemblée, les groupes PCF et LFI ainsi que 3 députés PS ont voté contre la « loi d’urgence », le reste du groupe PS s’abstenant.

Dimanche 22 mars, au 5° jour du « grand confinement », le bilan peut être fait clairement.

Tout d’abord : pas de tests, pas de masques, pas de lits, pas de respirateurs, pas de moyens massifs débloqués pour l’Hôpital public. Sans appel.

Le gouvernement fait le forcing pour contraindre au travail les salariés angoissés. Il est plus patronal que les patrons qui, dans le BTP, rechignent à mettre « leurs » travailleurs en péril. Il coupe l’aide au chômage partiel. Il laisse Amazon confiner des centaines de salariés dans des hangars, avec des cas déjà signalés de contamination.

Par contre, inflexibilité affichée contre les « mauvais citoyens » qui vont marcher ou faire du vélo. Le pass’ Castaner, propiska ou Ausweis, est censé repousser le virus ! Le préfet Lallement frétille de sadisme : des drones parlant, équipés de haut-parleurs pour engueuler les gens, survoleront bientôt les marchés (toujours autorisés : ils n’en sont pas à une injonction contradictoire près). Et pendant ce temps M.M. les recteurs de Blanquer demandent aux profs d’école de se donner rendez-vous avec les parents dans des « points relais » pour ramasser des copies d’élèves : motif d’amende pour Castaner, pourtant !

Le corps social se défend tout seul, l’État ne l’aide pas, au contraire il l’entrave. Des femmes de ménage deviennent la providence des personnes âges isolées de tout un immeuble ou de tout un village. Dans les cités les gens se mettent au balcon à 20 h pour acclamer les personnels de santé, et le slogan « Du fric, du fric, pour l’hôpital public » commence à monter. Les mesures élémentaires qui auraient dû aller avec le confinement ne sont pas prises par l’État : loger les SDF, fermer les centres de rétention, recenser les personnes isolées et/ou fragiles, libérer les libérables et organiser un droit de visite circonscrit et sécurisé dans les prisons, centraliser le ravitaillement à l’échelle des unités d’habitation et des quartiers. Certaines de ces mesures sont assumées, tant bien que mal, spontanément ou par des associations et municipalités. D’autres ne peuvent l’être car l’État est là pour empêcher la lutte contre l’épidémie : l’aide médicale aux primo-arrivants, cette mesure phare de Macron, reste supprimée pendant leurs trois premiers mois !

La transparence sur la pandémie n’existe absolument pas. Le gouvernement a été totalement incapable, et pour cause, de justifier le refus de tests massifs. De vifs débats traversent le monde médical, certains spécialistes affirmant que face à une maladie hyper-contagieuse, mais bénigne pour le plus grand nombre, il aurait été rationnel de tester en masse, ce qui ne présente pas de difficultés techniques majeures, afin de repérer les foyers d’infection, de protéger les personnes à risques et d’évaluer à l’avance les cas graves possibles. Au lieu de quoi, le gouvernement serait en train d’organiser la mise à mort de centaines, voire de milliers de patients à risque qui seront testés trop tard et admis en réanimation trop tard aussi. Et, pour couronner le tout, d’organiser la seconde vague de l’épidémie lorsque surviendra le « déconfinement » … pour lequel le ministre de la Santé a annoncé qu’il y aurait cette fois-ci des tests ! Autre polémique sur les médicaments possibles. Le choix du pouvoir d’infantiliser et de pratiquer la politique du secret et des petits coups d’État liberticides au dernier moment tout en tentant de culpabiliser la population, empêche ce qui serait le BA-ba : réunir tous ces spécialistes ensemble, leur intimer l’ordre d’arrêter de se tirer dans les pattes et de travailler à la lutte contre l’épidémie en rendant tout PUBLIC au fur et à mesure.

Mais est-ce qu’un gouvernement qui, comme l’a bien montré Mme Buzyn, ment sciemment depuis des mois le peut ? Il ne le peut ni ne le veut. Pour combattre l’épidémie efficacement, il nous faut la démocratie !

Les lois d’exception qui sont en train de passer à l’Assemblée nationale et au Sénat réunis en formations restreintes instaurent un régime pire que l’article 16 de la constitution de la V° République, par sa durée et l’absence de contrôle institutionnel.

La loi de Finance rectificative qui les inaugure a été adoptée à l’unanimité. Les groupes PS, PCF et LFI ont donc voté Pour. Soyons clairs : la lutte contre l’épidémie n’implique en aucun cas la confiance et le soutien politique à Macron et au gouvernement que signifie politiquement ce vote, au contraire.

La loi d’urgence proprement dite renforce les pouvoirs de l’exécutif au-delà de l’article 16 et permet aux patrons de déroger aux conventions collectives, d’imposer un temps partiel encore plus partiellement payé, de bricoler à leur avantage avec les congés, RTT et comptes épargne temps, ainsi que le travail le dimanche. La définition du « télétravail » est 100% à la main de l’employeur.

La séance publique à l’Assemblée nationale est cet après-midi : il est nécessaire au monde du travail que les groupes PS, PCF et LFI votent CONTRE la totalité de cette loi qui n’a pas pour finalité la lutte contre l’épidémie, mais qui met en œuvre la stratégie du choc du pouvoir contre la société à la faveur de l’épidémie !

L’enjeu de ce vote se retrouve plus encore dans les enjeux portés par les prises de positions des organisations syndicales. OU EST PASSÉE L’INTERSYNDICALE NATIONALE CGT / FO / FSU / Solidaires / UNEF constituée contre le projet anti-retraites ? Elle serait aujourd’hui plus que jamais nécessaire !

Au niveau départemental, de nombreux communiqués ont été pris par ces 4 organisations maintenant leur unité sur le plan du refus de l’union nationale et de l’autodéfense sociale contre l’épidémie. Huit organisations de retraités dont CGT, FO, CGC, FSU, Solidaires, FGR-FP, ont déclaré refuser « l’union sacrée ».

Elles exigent :

  • des crédits supplémentaires en masse pour l’Hôpital public,

  • les fonds immédiats pour les personnels de santé en masques et matériel,

  • la réquisition des cliniques privées,

  • la levée de l’Objectif National de Dépenses d’Assurance Maladie.

  • la « transparence totale sur la pandémie ».

Ces exigences élémentaires sont incompatibles avec la « loi d’urgence » de Macron, qui n’est ni amendable, ni votable, et qui doit être rejetée.

La déclaration commune voulue et organisée par la CFDT, que CGT et FO ont signée avec le MEDEF, vaut par son existence : elle voudrait sceller le dépassement de l’intersyndicale formée contre la casse antisociale de Macron et saisie par des millions et des millions comme point d’appui les trois mois ayant précédé l’état d’urgence. C’est aussi le sens politique d’une déclaration signée par la Fédé Métallurgie de FO avec la CFDT, la CGC et le patronat (Union des Industries Métallurgiques et Minières).

Ces actes d’union sacrée vont à l’encontre, il faut l’expliquer, de la lutte contre l’épidémie. Car une lutte efficace exige des mesures démocratiques radicales, de réquisition de moyens, de publicité totale, qui vont totalement à l’encontre de l’ordre social en place et du régime macronien de la V° République.

En France, depuis 5 jours maintenant, et pour une durée indéfinie, comme dans bien des pays, la Taupe en est réduite à creuser. Mais dites-vous bien qu’elle creuse intensément !

22-03-2020.

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Contre le virus et le gouvernement, non à l’Union sacrée ! Billet du 20 mars 2020

La crise sanitaire progresse implacablement. A l’heure où sont écrites ces lignes, la presse annonce 627 morts en Italie sur les dernières 24 heures, ce pays passant le cap des 4000 morts. Quand on rapporte le chiffre des décès italiens à celui des morts constatés en Chine, la comparaison du nombre d’habitants de la Chine (plus d’un milliard ..) à celui de l’Italie (quelques dizaines de millions) indique clairement que l’Italie est dans une situation d’explosion de l’épidémie et que ce n’est pas fini.

Et l’Italie, c’est non seulement le voisinage frontalier avec la France, c’est aussi la même histoire des dernières décennies dans la destruction systématique des systèmes sanitaire et hospitalier à travers les cures d’austérité répétées. L’Italie donne l’aperçu de ce que nous allons connaître si …

… Si Macron et sa bande continuent dans leurs exploits des dernières semaines, des derniers jours. Rappelons leurs mensonges pendant plusieurs semaines, les aveux – ineffaçables – d’Agnès Buzyn sont là pour en témoigner. Ils ont entraîné le retard dans la prise en charge et le déploiement des mesures, le maintien du 1er tour des municipales, le refus du testage systématique qui permet de repérer et de traiter les cas, notamment les plus graves (Corée du sud et Taïwan ne s’en sont pas privés, et çà a l’air d’avoir fonctionné, la Suisse s’y met), la panique dans les rayons des supermarchés, l’insouciance persistante de beaucoup cultivée par l’exemple venu d’en haut, l’explosion du zèle imbécile et contradictoire des petits et grands chefs (Mention spéciale du jury à Jean-Michel Blanquer ).

Ce jour, après la consigne de lundi «  tous confinés », on passe aux pressions ignobles de Pénicaud pour refuser aux patrons du bâtiment les aides d’État si ceux-ci ferment les chantiers sous la pression de leurs salariés. Petit à petit, Pénicaud veut rétablir la normalité de la production partout alors que la raison indique que le confinement est encore et toujours de mise. Ce soir, Le Monde annonce que le ministère du travail menace la CGT de son service de poursuites pénales si les inspecteurs syndicalistes persistent à respecter leur mission de protection des salariés.

Ce jour, des patrons, comme à la Poste, ont appelé la police pour mater les salariés qui voulaient faire jouer leur droit de retrait. On a même trouvé un patron, celui de Téléperformance à Belfort, qui a demandé aux flics d’infliger des amendes de 135 euros aux salariés récalcitrants.

Ce jour, le gouvernement a présenté son projet de loi d’urgence au Sénat : rien contre le virus, tout contre les salariés.

Qu’on en juge : « modifier les conditions d’acquisition de congés payés et permettre à tout employeur d’imposer ou de modifier unilatéralement les dates de prise d’une partie des congés payés, des jours de réduction du temps de travail »… « Il ne s’agit pas de supprimer les congés payés, mais d’utiliser une prérogative de l’employeur dans le code du travail en supprimant le délai de prévenance, normalement de quatre semaines, pour six jours ouvrés seulement » dixit Pénicaud.

Ainsi, le gouvernement pourra, par ordonnance, « permettre aux entreprises de secteurs particulièrement nécessaires à la sécurité de la Nation ou à la continuité de la vie économique et sociale de déroger aux règles d’ordre public et aux stipulations conventionnelles relatives à la durée du travail, au repos hebdomadaire et au repos dominical ». Ben voyons…

La lutte contre l’épidémie, c’est le confinement et l’auto-défense sociale, c’est à dire l’applicable responsable des consignes du corps médical, l’entraide de nos proches, voisins et collègues, le refus des mesures imposant le travail à tout prix dans les industries et activités non essentielles à la lutte contre le virus, le refus du travail sans mesures de protection sérieuse, ceci s’appliquant en tout premier lieu au personnel de santé, toutes catégories confondues, qui « va toujours au front tout nu », la lutte contre les dérogations au code du travail et les remises en cause des normes horaires et des droits aux congés que nous concoctent Macron et Pénicaud.

La lutte contre l’épidémie par l’auto-défense sociale, c’est de refuser le moralisme culpabilisant et hypocrite des mêmes qui ne prennent pas les mesures nécessaires à l’approvisionnement en masques, en gants, en gel, en moyens immédiats pour la santé. L’auto-défense sociale, c’est de continuer à faire vivre, à maintenir nos organisations syndicales et démocratiques pour contrer les atteintes à notre santé, à nos vies, les restrictions à nos libertés de lutte et d’organisation de la part des patrons et du gouvernement .

La lutte contre le virus, ce n’est pas l’Union nationale comme le promeuvent CFDT et MEDEF.

Voulant reproduire en France l’accord signé en Italie – encore l’Italie ! – entre patronat et directions syndicales pour le maintien de la production et donc le maintien de l’exposition des salariés au virus, Roux de Bézieux et Laurent Berger ont réussi à obtenir les signatures des dirigeants de la CGT, de FO, de la CFTC et de la CFE-CGC pour le « maintien d’un service minimum de l’économie » sous le doux euphémisme de « sécurisation des conditions de travail », le tout ficelé sous les odes du « dialogue social ». Bien évidemment, ce texte ne va nullement dans le sens de l’incrimination des responsabilités du gouvernement dans l’ampleur de la crise.

Heureusement, des syndicalistes qui voient plus loin que le bout de leur nez et qui réfléchissent par eux-mêmes ont commencé à organiser la protestation dans la CGT pour que cette signature soit retirée. Par temps de crise sanitaire, plus que jamais, la lutte de classe continue !

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Sous le confinement monte la colère – Billet du 19 mars 2020.

Genève – Chantier de l’aéroport – Les salariés contestent les conditions de travail dans le contexte de l’épidémie, les forces de l’ordre appelées à la rescousse pour les mettre au pas.

Si le plan de Macron est que, comme le disent des tweets macroniens, « le corps social se resserre autour de la figure présidentielle », hé bien nous n’en sommes pas là.

Le matin suivant la proclamation de l’« état de guerre » par Macron, Agnès Buzyn, en larmes (et peu importe de savoir si ces larmes auraient été les mêmes avec un autre résultat aux municipales) déclare sans ambages à propos des municipales qu’« on aurait dû tout arrêter, c’était une mascarade. » et qu’elle avait alerté Macron le 10 janvier, et écrit à Philippe qu’il fallait reporter les municipales le 30 janvier. Donc, qu’elle-même, Macron et Philippe mentaient sciemment depuis des semaines.

Ainsi commençait la soi-disant « guerre » de Macron contre le virus. A qui fait-il la guerre en vérité ? On le savait déjà, mais le projet de loi dit d’urgence sanitaire adopté mercredi en conseil des ministres l’indique clairement : aux salariés, actifs, chômeurs et retraités. Oui, nous passons à l’économie administré. Non, l’économie étatisée barricadée derrière ses frontières n’est fondamentalement pas différente du « libéralisme ». Dans les deux cas, il s’agit de reproduire la domination capitaliste.

Que contient ce projet de loi ?

Il donne au premier ministre pleins pouvoirs pour restreindre « la liberté d’aller et venir, la liberté d’entreprendre et la liberté de réunion », permet des réquisitions, des mises aux arrêts – pardon, des confinements – à domicile, et donne tout latitude aux préfets pour les mesures d’application : plus besoin de recourir à l’article 16, nous y sommes. Elle accorde aux entreprises, mais pas aux gens, la suspension des « charges », loyers, factures de gaz et d’électricité. Elle permet aux patrons de modifier comme ils veulent les « conditions d’acquisition des congés payés » – le flou de cette formule supprime de facto le droit aux congés payés conquis en juin 1936 – et la répartition des RTT. Le tout est présenté comme provisoire mais Macron lundi soir a affirmé qu’après la crise, on ne serait plus comme avant …

Ces mesures ont-elles un rapport avec la lutte contre l’épidémie ?

Partout, les salariés obligés de travailler sans mesure de sécurité protestent, font grève sous la forme du droit de retrait. La Fédération des patrons du bâtiment elle-même, de nombreux petits patrons n’y tenant plus eux-mêmes, annonce des fermetures. La ministre Pénicaud « scandalisée », voyez-vous ça, la tance pour son « manque de civisme » !

Pire encore : voila le gouvernement qui menace les entrepreneurs en BTP de ne pas leur payer le chômage partiel promis à tous les patrons ! Ils veulent forcer les patrons du BTP à mettre leurs salariés en danger ! Et ils prétendent diriger la lutte contre le virus ?

Le MEDEF s’affole : « les entreprises ne sont plus en mesure de poursuivre leur activité sous la pression des salariés ». Merci, M. Martin (président du MEDEF) pour la clarté de ces propos : la pression des salariés, c’est la lutte contre l’épidémie. Macron, lui, « exhorte les entreprises et les salariés à poursuivre leurs activités » (titre de Libération) : Macron lutte contre les salariés, pas contre l’épidémie. Et l’État-patron de même : honte et infamie, M. Dussopt, l’auteur de la loi de destruction des statuts de la fonction publique, annonce que la journée de soi-disant « carence » punissant d’un jour de salaire tout arrêt maladie s’applique aussi au coronavirus !

Au fait, Macron lundi soir avait annoncé d’un ton martial que tous les personnels soignants auraient des masques à la date de … hier soir. Inutile d’en dire plus … et même à Mulhouse, même dans le Haut-Rhin, médecins et infirmiers « vont au front tout nus », comme le décrit le coordinateur des médecins du Haut-Rhin, Didier Kleimberg.

Par contre, ils nous font la morale : ce seraient les « comportements » des Français qui diffuseraient l’épidémie. Ils s’opposent aux mesures pour aider les personnes isolées, les vieux, les handicapés, les migrants, les prisonniers, et favorisent autant de foyers d’infection. Le préfet de Paris Lallement ose plastronner : « Vous me connaissez ! Vous allez voir ! ». Il a mis en scène une descente à Belleville. Des violences policières, notamment contre des femmes n’ayant pas le « pass Castaner », se sont déjà produites. C’est intolérable.

A trois jours du confinement général, la tension monte. Le peuple respecte et fait respecter le confinement. La lutte contre l’épidémie est menée par la population, par les associations, les sections syndicales, les salariés usant de leur droit de retrait, et, en première ligne, nos camarades les personnels soignants. Le sabotage de la lutte est conduit par le pouvoir exécutif qui prétend l’avoir déclenchée alors qu’il l’a retardée et qui prétend rogner les libertés et les droits au lieu de stopper le virus. Il n’y a toujours ni masques ni tests alors que l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) exhorte à développer les tests, choix refusé par les autorités françaises depuis le début !

Le monde du travail est en train de réaliser le confinement, pas parce que Macron l’a ordonné mais contre lui. Toutes les infamies, toutes les vilenies, de ce pouvoir, doivent être comptabilisées et exposées au grand jour. Cela va avec la lutte contre l’épidémie. En effet M. Macron, il n’y aura pas de retour à la case départ.

19-03-2020.

 

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