Le Conseil de l’Union européenne a pris la décision de prolonger jusqu’au 4 mars 2028 la protection temporaire, mise en place en mars 2022, destinée à donner droit au séjour, à l’emploi, aux études, à un hébergement, à des soins aux populations déplacées d’Ukraine, depuis l’invasion russe.

Le Comité français du RESU accueille avec soulagement cette décision de prolongation, mais en même temps, il exprime sa stupéfaction et son inquiétude de voir une catégorie de personnes exclues, à compter du 5 août 2026, du bénéfice de cette protection, à savoir les personnes arrivant d’Ukraine après cette date et qui ne seraient pas à jour de leurs obligations militaires en Ukraine. Nous sommes également inquiètes et inquiets de voir une première restriction mordre ce statut déjà fragile.

Le Comité français du RESU note que cette restriction relève d’une discrimination de nationalité et de genre, puisqu’elle vise les seuls hommes ukrainiens. Cette restriction pénalise la liberté de conscience puisqu’elle interdit à des hommes de faire défaut dans les rangs ukrainiens. Cette restriction est aussi en contradiction flagrante avec le droit des personnes à vivre en famille puisqu’elle va empêcher des hommes de rejoindre leurs conjointes et /ou leurs enfants résidant en Europe.

Enfin, cette restriction crée un grave précédent car on ne voit pas ce qui empêcherait demain le Conseil de restreindre encore le droit à la protection temporaire et d’en priver d’autres catégories de population.

Cette restriction, dans le droit fil de la surenchère anti-immigration au niveau européen, est une atteinte de plus à la liberté d’installation et de circulation.

Le Comité français du RESU, qui lutte pour la victoire de l’Ukraine, qui soutient la résistance armée et non armée et les forces combattantes d’Ukraine, civiles ou militaires, masculines ou féminines, volontaires ou non, exige le retrait de cette restriction.

Paris, le 7 août 2026

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