Ces commentaires répondent à la contribution récente de JC Chailley sur le dernier sommet de l’UE et ses résultats. Bien évidemment, cela ne clôt pas la discussion sur ce sujet.

Le caractère d’imposture totale et surdimensionnée du rôle de Macron et de « la France » dans ce sommet européen ressort bien de ces remarques. Faut-il pour autant parler d’un saut fédéraliste de portée « historique » ? Ce point a quelque importance car il est présenté comme essentiel et par les laudateurs de ce « sommet européen », qui prétendent que le Covid a accouché d’une Europe fédérale, et par ses adversaires, qui y voient la fin de toute souveraineté nationale et par là démocratique.

Cela semble très exagéré, qu’on soit pour ou contre. Le droit de regard des institutions « européennes » sur les politiques nationales économiques et sociales existe déjà, il est la marque de fabrique de l’UE et des traités successifs entre les États qui la constituent. Là, ce droit de regard est associé à l’utilisation des prêts et des subventions (les uns et les autres remboursables et donnant lieu à des paiement d’intérêts, actuellement faibles ou négatifs mais qui peuvent remonter). C’est le fait que les soi-disant « subventions » relèvent des 27 pays membres qui semble « fédéral », mais tant leur utilisation que leur remboursement avec les intérêts vont faire l’objet de négociations entre États. Il ne me semble donc pas que la nature de l’UE, qui n’est ni une fédération, ni une confédération, ait été modifiée par cet accord.

L’UE est en fait une alliance étroite entre plusieurs États, et, de manière non dite, elle est hiérarchisée. La suprématie allemande a été réaffirmée, et par ce sommet, et par l’épisode des exigences de la Cour constitutionnelle allemande qui l’a précédé. Pour autant, l’Allemagne n’est pas florissante : les contradictions de toute l’UE s’y concentrent de plus en plus.

Cet accord a été signé par Macron de façon parfaitement anti-démocratique. Mais la fausse assemblée nationale avec sa majorité chaloupée et incompétente LREM n’est pas en mesure d’y changer quoi que ce soit. L’exigence démocratique et sociale contre l’austérité et les coupes budgétaires après cet accord, se heurte encore plus directement au pouvoir exécutif en place.

VP, le 28-07-2020.