A l’échelle mondiale, de fortes tendances autoritaires s’affirment dans les principaux États capitalistes. Trois faits emblématiques, non exhaustifs cependant, signent ces derniers jours.

Les lois d’exception chinoises à Hong-Kong visent à écraser le mouvement démocratique et à normaliser la situation du point de vue de Xi Jinping.

L’annexion annoncée d’une partie importante de la Cisjordanie par le gouvernement israélien du corrompu Netanyahu piétinerait non seulement les droits nationaux et démocratiques des Palestiniens, mais les espoirs d’une insertion pacifique, un jour, du peuple judéo-israélien, dans le Proche-Orient.

Et le référendum ostensiblement et grossièrement truqué en Russie permet à Poutine de rester au pouvoir jusqu’en 2036 (!), constitutionnalise « Dieu », la sacro-sainte histoire tsariste et stalinienne, et le caractère « hétérosexuel » du mariage.

Aucune de ces affirmations d’arbitraire n’est, pourtant, une manifestation de force sûre d’elle-même.

Si la Chine dite « populaire » et Hong-Kong ne font plus « un pays, deux systèmes » -et il n’y a plus « deux systèmes » en effet à partir du moment où le capital règne de part et d’autre avec la garantie des lois d’exception du PCC – alors luttes sociales et démocratiques vont s’additionner à moyen terme.

Le projet d’annexion de Netanyahou n’a pour appui décisif que celui de Trump, justement affaibli mortellement par le soulèvement social de la jeunesse noire et de toute la jeunesse américaine.

Quant à Poutine, l’annonce de son maintien au pouvoir à l’infini est assortie de sa plus faible « popularité » historique et de rumeurs sur son état de santé.

Aucune des mesures dictatoriales des grands de ce monde ne stabilisera la situation.

Dans l’immédiat, la pandémie du Covid rebondit. Il faut dire que deux grands agents infectieux ont tout fait pour : l’un s’appelle Donald Trump, l’autre Jair Bolsonaro. L’Europe est cernée par la reprise de l’épidémie, qui ne semble pas reculer à la saison estivale (à moins que ce soit l’effet Trump-Bolsonaro qui permette au virus de résister à l’été). Mais les gouvernements ne voudraient plus « confiner » ou plutôt, ils voudraient confiner, envoyer au turbin, confiner, envoyer au turbin, etc., sans limite aucune.

Dans ce contexte global, la nomination du dénommé Jean Castex à Matignon par Macron (un évènement qui a, à juste titre, suscité moins d’attention que l’élection de la maire de Marseille), ne dément en rien la tendance générale. Ignorant la reprise mondiale de la pandémie, l’exécutif macronien annonce vouloir « terminer rapidement » le « Ségur de la santé » et, voyez-vous ça, la réforme contre les retraites !

Le fait que les partis de gauche et apparentés n’aient d’autres grenouillements, d’ores et déjà, que les présidentielles, ce fait est une assurance pour Macron et Castex.

Et les directions syndicales, engluées dans le « Ségur de la santé », n’ont bien sûr pas annoncé leur rupture avec le dialogue social que Castex est mandaté pour installer afin de faire passer une réforme contre les retraites actualisée des nouveaux besoins du capital : la collaboration des directions syndicales est donc l’autre volet de l’assurance donnée à Macron.

Mais, comme ailleurs, ces opérations sont précaires. Elles reposent sur un volcan. Macron le sait bien et ne cesse de le dire, que la rentrée sera difficile. Il nous appartient de faire en sorte qu’il en soit ainsi.

Soyons, certes, ouverts à toutes les discussions, qu’elles portent sur « le socialisme que nous voulons » à un bout, ou sur « comment avoir un bon candidat aux présidentielles » à l’autre bout. Mais nous proposons de rendre sérieuses et réalistes de telles discussions, en plaçant à la base ceci : nous avons fait le 17 novembre 2018 et le 5 décembre 2019. Nous pouvons faire en sorte que Macron, comme Trump, soit défait avant les présidentielles.

Le 05-07-2020.