Nous n’avons pas eu le temps de traiter de manière approfondie de la très importante vague mondiale de manifestations de la jeunesse sur la question climatique, qui a pris le nom, après les mouvements des femmes ayant également employé ce terme, de grève mondiale pour le climat.

Il y a bien entendu des débats à avoir et des éléments à analyser avec ces mouvements et leurs différentes composantes. Mais depuis quelques semaines, se développent des phénomènes de haine venant des secteurs les plus arriérés de la société, dans certains cas il faut le dire aussi dans le mouvement ouvrier, le tout avec en arrière-plan les lobbies du climato-scepticisme (charbon, pétrole, gaz, armements …).

On a vu des groupes fascisants pendre Greta Thunberg en effigie à Rome et un « philosophe » médiatique, se voulant subversif, français, dénoncer cette jeune fille sur le plan de son physique, comme si la menace n°1 était constituée par elle.

Ces réactions ont le caractère délirant et pathétique d’un vieux monde capitaliste qui sait qu’il n’a pas d’avenir mais refuse de laisser la place et qui, en effet, ne la laissera pas : pour avoir un avenir, nous allons le chasser.

Et puis, last but not least, c’est Mme … Ségolène Royal qui appelle à ce que Extinction Rebellion, mouvement récemment apparu qui organise des happenings, blocages et occupations de lieux publics, soit « réprimé très rapidement ».

La sottise est un facteur historique, qui survient quand les forces agonisantes ne veulent pas céder la place. Les mots de Mme Royal trahissent une peur. La peur de ce qu’ils appellent, dans leur langue, la « radicalisation » de la jeunesse. Nous disons, nous : vive la jeunesse radicalisée ! Place à la jeunesse radicalisée ! Bas les pattes devant la jeunesse radicalisée !

Greta Thunberg appelait les employeurs et les chefs d’État à « écouter les scientifiques ». Constatant leur refus, leur paternalisme suffisant et leur irresponsabilité, elle leur a crié à l’ONU : « comment osez-vous ? » Ces mots entreront dans l’histoire. Pour un Macron, elle s’est « radicalisée ». Elle exagère, elle pose problème ! Non, c’est vous, les destructeurs, les pollueurs, les négateurs d’avenir, c’est vous le problème. Et les actions, pour l’heure spectaculaires mais inoffensives, d’Extinction Rebellion, annoncent ce qu’il va falloir faire, ce contre quoi Mme Royal veut une « répression rapide » : l’action directe contre les gros pollueurs, contre les pétroliers, contre les banquiers, contre les navires fumants, contre les bases militaires.

Parce qu’il s’agit de sa vie, la jeunesse va aller vers l’action directe.

Militants ouvriers révolutionnaires, nous serons et sommes avec elle. La grève mondiale pour le climat ne se réduira pas au happening que certains voudraient voir en elle. Elle pose la question de l’action directe pour stopper l’incendie en affrontant les incendiaires.

Bas les pattes devant la jeunesse !