L’Ukraine a temporairement refait les titres de nos médias : un journaliste russe anti-Poutine réfugié à Kiev, Arkadi Babtchenko, était annoncé tué à Kiev puis réapparaissait, avec des officiers du SBU (la police spéciale ukrainienne issue de la branche locale du KGB, cousine ennemie, en principe, du FSB russe), dans ce qui était présenté comme une mise en scène visant à éviter son assassinat effectif tout en confondant les services russes.

Soudain, déontologues distingués et politologues patentés se mirent à disserter : est-ce bon pour la liberté de la presse et le journalisme de faire des choses pareilles, mon bon monsieur, qu’en pensez-vous ?

Pendant ce temps des choses graves se passent.

Oleg Sentsov est en grève de la faim illimitée exigeant la libération de tous les prisonniers politiques ukrainiens en Russie, depuis le 14 mai.

Alexandre Koltchenko, militant anarchiste condamné en même temps que Sentsov, est parti en grève de la faim le 28 mai exigeant la libération d’Oleg Sentsov.

Et, le 3 juin, le journaliste ukrainien Roman Souchtchenko a été, à Moscou, condamné à 12 ans de prison sous l’accusation – car ceci est une accusation – d’être un officier du renseignement ukrainien.

Le régime russe veut envoyer un « message » par cette condamnation : en tant que puissance impérialiste et coloniale, il s’octroie le droit de kidnapper, séquestrer et condamner des citoyens ukrainiens.

La coupe du monde de Foot commence le 14 juin.

Il est de l’honneur et du devoir du syndicalisme, du mouvement ouvrier en France et en Europe de peser pour la libération de Sentsov, de Koltchenko, de tous les prisonniers politiques ukrainiens en Russie, de tous les prisonniers politiques !

05-06-2018.