Rajoy est tombé de la corruption qui ronge son régime et son parti. Il est tombé aussi de n’avoir pu vaincre le mouvement démocratique et national des Catalans.

Quoi de plus amusant et irritant en même temps que ce concert journalistique sur la « coalition hétéroclite » qui aux Cortés a finalement bien été obligée de renverse Rajoy ? Qu’on en juge : le PSOE, Podemos, la Gauche unie (autour du PCE), le PNV basque jusque là allié à Rajoy, et les députés du PDCat et de l’ERC catalans. Hétéroclite ?

Profondément logique en tous cas : les partis issus du mouvement ouvrier ou prétendant le remplacer (dans le cas de Podemos) et les partis nationaux basques et catalans ont dû s’unir pour renverser Rajoy. Si ces formations politiques respectaient leurs bases, sociales et nationales, ils se seraient unis pour cela depuis longtemps. Leur coalition n’apparaît « hétéroclite » que parce qu’ils y ont été contraints par une logique d’airain, celle de la crise de la monarchie post-franquiste.

Le gouvernement Sanchez va maintenant s’efforcer de protéger celle-ci. Mais l’aspiration au nettoyage de l’œuvre de Rajoy et de ce qu’il représente s’étend à toutes ses lois antisociales comme à sa répression antidémocratique notamment en Catalogne. Au lieu de protéger le régime, c’est sur les aspirations sociales et démocratiques qu’il faut miser, au lieu de permettre à Ciudadanos de restructurer un parti capitaliste offensif en Espagne. Ne pas leur en laisser le temps exige l’offensive, dans tout l’État espagnol, pour l’abrogation des lois anti-ouvrières et des oukazes anti-démocratiques de ces dernières années, ce qui conduit au renversement du régime monarchique post-franquiste.

05-06-2017.