La grève.

Pas mal de militants ont ressenti l’appel de toutes les fédérations de fonctionnaires au 10 octobre comme un obstacle à la mobilisation qu’ils escomptaient contre les ordonnances de Macron. Cela peut se comprendre, mais c’était une position trop limitée, comme cela arrive souvent : un point de vue se limitant à certaines couches militantes, les plus mobilisées ou se considérant comme telles. A une très large échelle le caractère unitaire de l’appel dans la fonction publique, se conjuguant avec les mouvement des routiers et avec le désaveu d’un dirigeant confédéral national (J.C. Mailly), a été saisi comme un point d’appui. C’en est donc un.

Et c’en est un parce que c’est autour de la grève que le regroupement avance. La grève est et reste l’arme première, qui permet de se regrouper, et qui peut permettre aussi aux jeunes, aux chômeurs, aux retraités, de se joindre au mouvement des grévistes. L’importance du 10 octobre tient à ce que l’offensive anti-fonctionnaires, mais aussi le terrible plan de licenciement des contrats aidés, du gouvernement, a conduit toutes les fédérations (y compris CFDT, UNSA CFTC, CGC) à un appel à la GREVE qui sera suivi notamment dans les couches aux salaires les moins élevés de la fonction publique !

Le gouvernement sent la menace. C’est un mouvement d’ensemble qui monte lentement et se cherche. Dès lors les journées d’action successives, quand bien même auraient-elles été lancées pour occuper, faire diversion, disperser, deviennent des étapes successives. Et ce mouvement qui monte vient de remporter une première victoire. Quoi qu’en dise le gouvernement, ainsi que J.C. Mailly qui avait cherché à nous faire croire qu’il avait sauvé les branches, l’accord signé par les fédérations patronales des entreprises de transports routiers avec tous les syndicats dont CGT, FO et CFDT, préserve à cette étape le rôle de la branche dans la détermination des primes et frais de routes. C’est un premier coup réel aux ordonnances sur l’objectif de leur abrogation. Et des secteurs du privé et des transports vont ajouter leur force à la GREVE de la fonction publique mardi.

Dés lors, faut-il que les confédérations aillent au rendez-vous que M. Macron leur a fixé jeudi 12 pour « parler » de la suite de ses « réformes » ? N’Y ALLEZ PAS, voila la meilleure chose à faire. Aucune messe au sommet n’est à l’origine du recul chez les routiers. Et le lendemain vendredi 13, faut-il que les fédérations de fonctionnaires se rendent à ce qui n’est pas une négociation salariale mais un « rendez-vous salarial » où le ministre de l’Action contre la Fonction publique, ainsi qu’on doit l’appeler, M. Darmanin, les a convoquées ? Si elles veulent de vraies négociations elles feraient mieux de ne pas y aller.

 

 

 

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