Aggravation de la crise politique de l’Europe capitaliste.

Catalogne.

A l’heure où sont écrites ces lignes, dimanche 1° octobre à 16h, les informations de Catalogne donnent 337 personnes blessées parmi les manifestants et défenseurs du droit de vote, dont 4 gravement, et 13 parmi les forces dites de l’ordre envoyées voler les urnes, vandaliser les locaux publics, et attaquer les électeurs.

Surtout pas de mort, telle est sans aucun doute la consigne donnée aux forces dites de l’ordre, car au premier qui se produirait, l’Etat espagnol commencera réellement à exploser. Mais le sang coule déjà. Il est 16h 45.

La question catalane n’a rien à voir avec un « égoïsme de riches » qui voudraient ne pas être solidaires fiscalement des pauvres d’Espagne. Tous les militants ouvriers, partisans de la vraie démocratie, de toute l’Espagne, soutiennent la Catalogne. Les manifestants pour l’unité de l’Etat espagnol reprennent, eux, les chants franquistes.

La question catalane met à l’ordre-du-jour ce que, pendant près de quatre décennies, le PSOE, le PCE suivis depuis peu par Podemos avaient tenté d’interdire : la remise en cause des accords de 1978 accordant libertés démocratiques et élections libres tout en préservant l’appareil d’Etat forgé par la dictature franquiste dans le cadre de la monarchie.

Par conséquent, après l’Ukraine, après la crise ouverte par et avec le Brexit, la question catalane pose pour toute l’Europe la question de la libre organisation de toutes les nations qui la composent, une libre organisation que l’UE n’est pas, ne veut pas et ne peut pas être.

Allemagne.

La bataille démocratique pour le droit à l’auto-détermination catalane survient une semaine après les élections législatives allemandes. Celles-ci ont fait éclater au grand jour l’usure et la crise profonde du premier impérialisme européen, puissance dominante de l’UE et de l’eurozone. Les deux partis associés dans les politiques antisociales des deux dernières décennies, CDU et SPD, reculent tous deux sensiblement. L’AfD, qu’il ne faut pas prendre pour le parti nazi mais dont la progression en Allemagne est évidemment un fait d’une portée certaine, dépasse les 13% avant tout dans les Länder de l’ancienne RDA (qui ont l’immigration le plus faible !).

Angela Merkel toujours au pouvoir est profondément affaiblie par cette situation. Les difficultés et les incertitudes adviennent en Allemagne.

Et Macron …

Dans ces conditions – panne du « leader » allemand, Brexit et retour en force des questions nationales britannique et irlandaise, caractère explosif de la question catalane pour l’Etat espagnol – le « grand discours » de M. Macron sur l’avenir de l’Europe ne peut plus apparaître que pour ce qu’il est : non pas un récit visionnaire sur « l’Europe du XXI° siècle » mais une défense apeurée du statu quo de la part du chef d’Etat d’un impérialisme de seconde zone voué à quémander les capitaux allemands ou italiens pour « relancer son tissu industriel », et n’ayant d’autre grand dessein que de détruire en France la civilisation du code du travail, de la sécurité sociale et des services publics.

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