C’est vers la rupture avec le capital et la V° République qu’il faut aller.

François Hollande trouve que « cette campagne sent mauvais ». François Hollande est insultant et déplacé.

Propos déplacé de la part du responsable n°1 de la situation présente. Si tout ne dépendait que de François Hollande, c’est à se demander si Mme Le Pen ne serait pas déjà au pouvoir. Loi El Khomri, casse du code du travail, destruction du collège, réforme territoriale contre les territoires et contre l’égalité, utilisation des attentats islamistes contre les libertés démocratiques : un bilan honteux qui devrait lui interdire, politiquement, intellectuellement, moralement, quelque jugement de valeur que ce soit. Mais il est président de la V° République : ne plus exister alors que le premier tour de l’élection présidentielle approche, c’est problématique !

Surtout, propos insultant, et insultant d’abord pour ces millions de gens atteints dans leur vie, dans leurs enfants, par la précarité et la baisse des salaires réels, la casse des services publics, l’affaiblissement de l’école et de l’hôpital.

Insultant y compris pour ceux que désorientation et crise sociale conduisent au vote FN, et qu’une offensive sociale et démocratique du salariat organisé peut seule ramener à la défense de leurs véritables intérêts alors que chaque moue dédaigneuse de M. Hollande et des siens les renvoie dans leur ghetto.

Insultant envers le courant qui, à l’évidence, est en train de se porter sur le vote Mélenchon. Ce courant vient de loin et s’il ne choisit que maintenant de se porter sur ce vote là, c’est parce que le candidat ne le recherchait pas, ayant choisi pour sa part une autre orientation.

Mais il n’empêche que le courant qui, en mars 2016, imposait la véritable unité syndicale pour le retrait de la loi El Khomri, qui a combattu pendant des semaines par la grève et les manifestations, qui a rendu politiquement impossible la candidature du président, qui a porté un coup à son premier ministre à l’occasion des primaires du PS, qui a suscité l’exigence d’une candidature unique, ce courant se porte actuellement, pour une très large part, sur le vote Mélenchon, suite à la démolition de la candidature Hamon par les hommes de l’exécutif et autres barons régionaux, dans un réflexe unitaire visant à barrer la route à Le Pen, Fillon et Macron.

C’est ce courant, ce n’est pas en tant que telle l’orientation politique de J.L. Mélenchon, qui inquiète le président et suscite une campagne de peur.

Ce courant ne se limite d’ailleurs pas au vote Mélenchon.

Il s’exprime aussi dans la résistance des intentions de vote Hamon, qui « devraient » être écrasées à 3% si seules la campagne du pouvoir en place et la pression médiatique avaient opéré : ce vote, loin d’être le vote d’arriérés que dépeignent certains « insoumis », est en train de prendre le sens d’un vote de résistance démocratique à la fois contre Macron et contre le diktat « insoumis » visant à l’éradication de toute pluralité issue de la gauche et du mouvement ouvrier.

Il s’exprime encore dans la popularité acquise par P. Poutou, du fait qu’il a été le seul lors du « débat des 11 » à briser le statu quo de protection du régime qui voulait qu’aucun autre candidat ne rentre directement « dans le lard » de Mme Le Pen et de M. Fillon à propos de leurs « affaires ».

Contrairement à ce qu’aiment à répéter ces jours-ci ses partisans les plus proches, le programme de J.L. Mélenchon n’est pas en lui-même une cause d’inquiétude pour ce qu’ils appellent « l’oligarchie », terme confusionniste qui veut faire croire que seule une infime minorité, qui plus est soupçonnée de ne pas être vraiment « nationale », dirige le capitalisme, alors que ce sont les rapports capitalistes de production, et donc la propriété privée des moyens de production, qui sont la cause de la misère, du chômage, de la précarité, de l’avenir bouché et du péril écologique.

Le retournement, d’ailleurs encore très limité, du CAC 40 et la hausse du spread sur les titres de dette soi-disant publique entre France et Allemagne, relèvent de tendances prégnantes qui ne peuvent pas ne pas s’imposer, Mélenchon ou pas Mélenchon et la campagne de peur du Figaro reste bien en deça de celle de 1981 !

Plus Mélenchon monte, plus il affirme une orientation d’union nationale et de préservation de la propriété privée et de l’appareil d’État modelé par la V° République, quel que soit le numéro dont on affublera celle-ci. La renégociation de la place de l’impérialisme français dans un ordre international marqué par le Brexit et la crise au sommet à Washington, renégociation qui est le contenu réel du « programme  de la France insoumise» de sortie sans sortir tout en sortant mais en restant quand même un peu dans l’UE, peut prendre toutes les formes possibles y compris celle de la continuité.

Par contre, la poussée d’en bas qui envisage de mettre Mélenchon au second tour, elle, menace l’ordre établi et ne sera pas facilement encadrée – le petit appareil de la « France insoumise », récent et ultra-centralisé, n’y suffira pas ! On comprend que l’exécutif, qui a tant manœuvré pour imposer un second tour Macron/Le Pen afin de faire élire Macron, s’affole : l’élimination de l’un des deux ou des deux le 23 avril prochain serait pour lui la déconfiture finale.

Un débat politique intense se mène parmi les soutiens de B. Hamon : Jean-Yves Lalanne, maire socialiste de Billère (Pyrénées-Atlantiques) appelle B. Hamon à se désister, en envisageant ce désistement comme un acte de combat contre Le Pen, Fillon, Macron et la politique gouvernementale, prolongeant d’ailleurs le fait que B. Hamon lui-même a déclaré préférer avoir à se désister pour J.L. Mélenchon plutôt que pour Macron. G. Filoche fait remarquer, sur son blog, que J.L. Mélenchon doit créer les conditions de ce regroupement : la réalisation de l’unité ne consiste pas dans l’élimination de telle ou telle de ses composantes. On touche là la question de de fond : « France insoumise » ou front commun contre la droite et le patronat ? – et c’est pour cela que d’autres secteurs militants soutenant B. Hamon sont, eux, sur une position de « résistance ». Ce débat est très sérieux et n’est pas du tout un reliquat du PS : il correspond à la recherche des conditions de la victoire.

La victoire, cela peut être J.L. Mélenchon élu, mais il faut être clair :

  • c’est sur une ligne d’unité ouvrière contre le capital, contradictoire à l’union nationale contre «l’oligarchie », que cette élection sera imposée ;
  • c’est sur le soutien à la souveraineté de tous les peuples, contre l’UE et Trump aussi bien que contre Poutine, en Syrie comme en Ecosse, en Ukraine comme au Mali, pour une politique étrangère démocratique et pas pour une politique étrangère impérialiste, que le combat devra être mené ;
  • c’est pour l’abrogation de la loi El Khomri tout de suite, la hausse immédiate des salaires, un SMIC à 1800 euros, la retraite à 60 ans à partir de 37,5 annuités, et pas pour l’encadrement des syndicats dans une politique supposée de relance financée par la BCE assortie de mesures fiscales en faveur des PME,
  • c’est sur la perspective de la socialisation des moyens de production, pas sur celle du patronat citoyen, national et pas « oligarchique » !
  • c’est sur l’accueil de tous les réfugiés, pas sur la perspective du retour nécessaire de ceux-ci « dans leur pays »,
  • c’est sur l’exigence démocratique d’une constituante tout de suite, dés les législatives de juin, réellement souveraine, brisant avec la V° République et le carcan préfectoral de l’appareil d’Etat, suspendant les prérogatives anti-démocratiques des préfets et présidents de Régions, et pas d’un référendum présidentiel sur un texte négocié avec le Conseil constitutionnel programmant un machin à moitié tiré au sort et sans souveraineté d’ici deux ans,
  • c’est sur tout cela que nous, les travailleurs et la jeunesse, pouvons mettre Mélenchon à la présidence, contre toute son orientation, pas pour une « France insoumise » mais pour un salariat émancipé, et c’est seulement par ce contenu de classe, qu’il ne faut pas laisser détourner, que ceci est possible.

D’ores et déjà s’impose le soutien au peuple guyanais et la préparation d’un 1° mai dans lequel l’abrogation de la loi El Khomri doit figurer en tête des revendications syndicales.

Unité ouvrière contre le capital !

Politique étrangère démocratique : ni Trump ni Poutine, union libre des peuples d’Europe et de Méditerranée, aucune reconnaissance de Bachar el Assad !

Abrogation immédiate de la loi El Khomri, SMIC à 1800 euros, retraite à 60 ans avec 37,5 annuités !

Vers la socialisation démocratique des moyens de production !

Accueil de tous les réfugiés !

CONSTITUANTE TOUT DE SUITE !

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