« Nécessaire pour la démocratie ». Telle serait la candidature Hollande selon … J-L. Mélenchon. Au moment précis où le petit coup d’État picrocholin du livre « Un président ne devrait pas dire ça » déstabilise ce projet déjà bien compromis, J-L. Mélenchon vient à son secours. Cette position va à l’inverse des besoins réels de la démocratie.

La démocratie, ce sont les millions qui ont fait grève et manifesté tout au long du printemps au lieu d’espérer en la présidentielle, la démocratie, c’est un peuple qui très largement ne voit rien de bon qui puisse sortir de ces prochaines élections présidentielles, la démocratie, c’est le contraire du présidentialisme et du bonapartisme, et la démocratie, c’est ce que Hollande avec ses gouvernements a piétiné pendant 5 ans, poursuivant et aggravant toute la politique de Sarkozy. 

Sa candidature, ou celle de son premier ministre pour laquelle les manœuvres de translation ont commencé, n’aura pas de légitimité démocratique. Dans la V° République un passage non écrit de la constitution veut que le président en place se représente. L’impossibilité démocratique de se représenter pour F. Hollande et l’illégitimité de toute candidature qui représenterait le même exécutif s’expriment notamment dans cette évidence : la seule fonction d’une candidature Hollande ou Valls serait d’assurer la mise en place d’un second tour LR/FN.

L’exigence démocratique, c’est le refus de ce scénario, c’est la rupture avec les institutions de la V° République.

La rupture réelle, pas la rupture fictive par un candidat-président promettant d’être élu et d’octroyer une constituante, alors qu’une constituante souveraine ne peut qu’être imposée par la mobilisation populaire contre ce régime.

La démocratie exige que l’on combatte, dans les luttes sociales, toute candidature issue de cet exécutif-là. Il aurait dû être battu pendant les mobilisations contre la « loi travail » et il n’a pas été loin de l’être. Qu’il parte, et son départ sera le début de ce qui doit advenir : la crise finale de ce régime. Tout adversaire véritable de la V° République ne peut que dénier toute légitimité démocratique à une candidature du président sortant aussi bien que de son premier ministre.

Et voilà pourquoi Cécile Duflot fut battue …

J-L. Mélenchon proclamera-t-il que « la démocratie » exige sa candidature ?

Cécile Duflot, produit de la Jeunesse Étudiante Chrétienne, passée par les écoles de com’, a été battue aux « primaires écolos », en 3° place avec 3000 voix, derrière Yannick Jadot, 4400 voix, et Michèle Rivasi, 3700 voix, et devant Karima Delli, 1200 voix. En termes d’orientation, la seule différence perceptible par le citoyen ordinaire est que Rivasi et Duflot ont évité de trop parler d’alliance avec le PS, que Jadot et Delli excluent explicitement. Ancienne ministre de Hollande, Duflot était médiatiquement et institutionnellement la plus connue, déjà choisie comme candidate verte par les instituts de sondages. C’est pour cela qu’elle a été battue : même entre quelques milliers d’écologistes,ce qui fait le tri c’est la proximité apparente plus ou moins grande avec l’exécutif . Voila au moins un point où ce milieu ne se distingue pas de la masse !