Le coup d’État militaire manqué en Turquie reste en partie mystérieux, et ce n’est pas Erdogan qui aidera qui que ce soit à y voir clair. Il en est finalement le principal bénéficiaire (ce qui ne veut pas dire qu’il était derrière, nous n’en savons rien). Ni la victoire des militaires, ni celle d’Erdogan, ne pouvait être une bonne chose pour la population et pour la démocratie. Assurément, il y a eu dans la soirée du vendredi 15 juillet et depuis, un mouvement populaire contre ce coup, mais ce mouvement n’a rien de démocratique. Il a aidé à l’arrestation d’une grande partie du personnel judiciaire du pays, purge de l’État au service du régime. Les sévices commis ouvertement contre les soldats – souvent de jeunes hommes pas au courant de ce à quoi les uns ou les autres ont voulu les utiliser- ouvrent les vannes d’un possible déchaînement. Les Kurdes et les Halévis sont directement en danger. Dans un État qui repose sur la négation des génocides des Arméniens et des Assyriens, ceci est à prendre au sérieux.

Le 18-07-2016