Le Sénat brésilien a donc limogé Dilma Roussef, présidente élue, et mise à sa place son vice-président, formant un gouvernement minoritaire et rejeté par le pays qui entend mener à bien des contre-réformes austéritaires dans les 6 mois qui arrivent, durant lesquels la chute de la présidente doit être actée.

Il s’agit bien d’un coup d’État, et il y a un symbolisme digne d’intérêt pour la réflexion quant à sa simultanéité avec la crise française.

Il est beaucoup plus grave : ce sont les corrompus (pour qui la corruption n’est que celle des parvenus issus du mouvement ouvrier, mais jamais la leur ! ) qui ont pris tout le pouvoir et qui sont totalement rejetés par l’immense majorité.

Est donc posée la question de l’action pour les chasser. Sauver les conquêtes sociales et démocratiques au Brésil ne peut se faire par le retour au statu quo, mais par la reprise du combat démocratique et révolutionnaire pour détruire l’État corrompu, élire une constituante, placer la démocratie sous la protection de la classe ouvrière et des paysans organisés. Ce qui, à son tour, conduit à un bouleversement des organisations existantes, notamment le PT, la CUT et le MST, qui ont par leurs « renoncements » conduit à la situation présente.

La bataille au Brésil ne fait que commencer. Le grand corps du prolétariat brésilien va s’ébrouer et chercher à retrouver sa voie. C’est une nouvelle étape latino-américaine et mondiale qui s’annonce.