Galyna Rymbu, poétesse anarcho-féministe originaire de Russie et vivant en Ukraine, l’a présenté dans son important article (qui lui a valu les menaces des réseaux dont font partie ce personnage et quelques autres que nous allons signaler) de fin 2025 :

« Sur la plateforme de la PSL [Post-Sovietic Left, au nom de laquelle il intervenait au meeting du PT, NDR], Victor Sydorchenko, auteur d’un article surprenant intitulé « Le champ d’expérimentation ukrainien », mène également des activités politiques visant à mettre fin aux livraisons d’armes européennes à l’Ukraine.

Victor Sydorchenko est un citoyen ukrainien qui vit en Allemagne depuis début 2022. Il a été membre du Parti communiste d’Ukraine (KPU), secrétaire du comité municipal de Kharkiv du KPU et responsable du département idéologique du comité régional du KPU. En 2012, il s’est aussi présenté comme candidat du KPU au poste de député lors des élections à la Verkhovna Rada ukrainienne.

Déjà en 2014 – immédiatement après la Révolution de la Dignité [le Maïdan], Sydorchenko est devenu activiste de l’Anti-Maïdan de Kharkiv, ou il réclamait la tenue d’un référendum et « une autonomie économique et culturelle-historique complète » de la région de Kharkiv (c’est-à-dire la création de la soi-disant RNKh [« République populaire de Kharkiv »] par analogie avec les RPD [« République populaire de Donetsk] et RPL [« République populaire de Louhansk »]. Ces meetings ont été préparés par le KPU, l’organisation pro-russe Borotba, ainsi que par les services spéciaux russes et les organisations paramilitaires d’extrême droite Rus’tredinaya (la Russie trine et unique), Russky Vostok (Est russe), Velikaya Rus’ (Grande Russie), Oplot (Bastion). Leurs principales revendications étaient « Oui à l’union des peuples frères », « Kharkiv exige un référendum » et autres, les manifestants agitaient des drapeaux russes et scandaient « Berkut » [les snipers de la police responsable des prés de 200 morts sur le Maïdan], « Russie ». »

Cet organisateur des milices de l’ « anti-Maïdan » de Kharkiv était en outre, à la veille de l’invasion de février 2022, selon G. Rymbu et des militants anarchistes russes et ukrainiens, non démentis, directeur de la communication d’une grande usine de Kharkiv, membre de la direction de l’entreprise où des grèves avaient éclaté contre la direction.

Lorsque l’invasion se déclenche, il disparaît et réapparaît peu après en Allemagne. De partisan d’une prétendue auto-détermination de Kharkiv, qui visait à conduire tout droit à l’occupation russe de la ville comme à Donetsk et à Louhansk, le voilà promu en Occident « partisan de la paix » (et de la fraternité des peuples, etc., etc.).

Tous les groupes fascistes énumérés par Galina Rymbu ont notoirement participé à l’anti-Maïdan de Kharkiv aux côtés du KPU dirigé par Syrdorchenko, et de Borotba, sur lequel nous reviendrons, en 2014. Le plus important d’entre eux, Oplot, est né à Kharkiv, d’un club de sports de combat, dès les environs de 2010, et a fourni les premiers cadres politiques de la « République populaire de Donetsk » à défaut d’avoir pris le pouvoir à Kharkiv, éliminés dans divers attentats par la suite, l’État russe ayant choisi de s’en débarrasser après les avoir bien utilisés. Il s’agissait d’une véritable milice paramilitaire, bien armée, et notoirement antisémite. C’est donc avec de tels groupes que travaillait Sydorchenko, comme va le confirmer le parcours de sa propre tentative de réfutation.

A suivre.