Nous ne sommes pas en 1937, Daniel Gluckstein !
Le journal la Tribune des Travailleurs du 7 octobre 2026 publie « 460 premières signatures » à l’encontre de « monsieur Vincent Présumey » qui serait donc, selon ce titre, un calomniateur s’attaquant à la presse ouvrière et démocratique.
Voici cet appel :

Seul le site Aplutsoc.org a à ce jour rendu publics l’ensemble des documents censés fonder cette campagne. Jamais la Tribune des Travailleurs, ni les militants du PT quêtant des signatures, n’ont communiqué ces pièces aux signataires. Ceux-ci ont donc signé sur la base d’une citation tronquée et d’un mensonge par omission.
Voici, à nouveau, le passage incriminé de l’article de Vincent Présumey du 12 août, dans son intégralité :
« La question se pose en effet, car le thème qu’il [D. Gluckstein] reprend ici circule largement dans la stalinosphère et la poutinosphère, ainsi que dans les milieux fascistes à la manière de Soral : ce serait Israël qui aurait suscité l’attaque ukrainienne [contre des livraisons d’armes iraniennes à la Russie] et Zelenski, dans ces écrits, est, comme l’écrit Gluckstein, le second « supplétif » de Washington, car il a un point commun avec Netanyahou … comme juif. D. Gluckstein évite ce thème, mais partage la représentation fondamentale : l’impérialisme unique, c’est Washington, et Israël et l’Ukraine sont ses agents provocateurs. C’est là une position impérialiste, celle de l’axe Moscou-Téhéran, largement partagée aussi dans les milieux MAGA et indissociable de l’antisémitisme. »
C’est parfaitement clair : D. Gluckstein, prétendant que l’Ukraine aurait attaqué l’Iran pour entraîner les États-Unis toujours plus loin dans la guerre, amalgame Zelensky et le criminel Netanyahou, et V. Présumey alerte sur la similitude parfaite entre cette construction idéologique complotiste et la thématique de milieux d’extrême-droite qui se trouve être indissociable de l’antisémitisme, thème que Gluckstein ne reprend naturellement pas.
Voici maintenant comment ce passage est tronqué dans l’appel reproduit ci-dessus, des « 460 premiers signataires » de façon à tromper signataires, lecteurs et militants :
« Le 12 août 2026, mettant en cause l’éditorial de la Tribune des Travailleurs (n°551, 5 août), monsieur Vincent Présumey écrit sur le site aplutsoc.org que l’éditorialiste, Daniel Gluckstein, reprend un thème « qui circule largement (…) dans les milieux fascistes à la manière de Soral ». En l’occurrence, écrit Présumey, l’éditorialiste aurait insinué que Zelensky a « un point commun avec Netanyahou … comme juif ». Et il précise : « D. Gluckstein évite ce thème, mais partage la représentation fondamentale (…) largement partagée aussi dans les milieux MAGA et indissociable de l’antisémitisme. »
Quiconque sait lire, quelle que soit sa position, est à même de voir comment D. Gluckstein a tronqué ce passage, le coupant méticuleusement, de façon à faire croire que je l’aurai traité d’antisémite !
Le mensonge par omission consiste à présenter comme « une mise en demeure assortie de menaces de poursuites judiciaires » la demande de droit de réponse du Comité de rédaction d’Aplutsoc qui n’a jamais été communiquée aux signataires !
Cette demande faisait suite à la publication dans la Tribune des Travailleurs d’un billet de D. Gluckstein (publié également par Aplutsoc, qui, répétons-le, seul, a tout publié), accusant V. Présumey d’aider à ce que police, droite et extrême-droite puissent réprimer « un journal ouvrier » !
Voici donc, à nouveau, cette demande de droit de réponse dont D. Gluckstein et la Tribune des Travailleurs se gardent bien ne serait-ce que de mentionner l’existence :
« La Tribune des Travailleurs n° 553 du 19 août 2026 a publié p.6 un article signé « DG » accusant « Vincent Présumey » d’avoir, sur son « site », semé, « prudent, mais bien pourri », « la graine du doute » sur l’antisémitisme de DG dans le cadre de « la logique (policière) » en vue de la « répression contre un journal ouvrier », cela « avec la droite et l’extrême-droite ».
Le Comité de rédaction d’Aplutsoc demande un droit de réponse.
Premièrement, notre site n’est pas « le site de Vincent Présumey », il publie des articles divers, dont certains de lui, sous la responsabilité du Comité de rédaction.
Deuxièmement, V. Présumey, militant ouvrier, a été explicite dans l’article incriminé : la thématique de D. Gluckstein établissant un axe Netanyahou-Zelensky comme supplétifs provocateurs, mis sur le même plan, de l’impérialisme US, provient de la complosphère rouge-brune antisémite. Rien de plus, rien de moins.
Troisièmement, la méthode de la « graine du doute » est celle de « DG » insinuant que V. Présumey serait lié à la police et à l’extrême-droite – laquelle par ailleurs le menace de mort de façon répétée depuis un an en raison des victoires qu’il a contribué à réaliser contre elle dans l’Allier. V. Présumey s’exprime ouvertement. Le procédé d’insinuation calomnieuse de DG dans cet article relève des méthodes du stalinisme. »
Là encore, quiconque sait lire, quelle que soit sa position, peut constater comment D. Gluckstein cite un seul passage de cette demande de droit de réponse, tout en en taisant l’existence, en faisant croire qu’après avoir aidé police, droite et extrême-droite à attaquer le « journal ouvrier », celui-ci serait menacé de poursuites, ce dont il n’est nulle part fait mention dans cette demande. La loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse établissant la possibilité de demander un droit de réponse, vise à éviter la diffamation et à permettre le libre débat public. Ce n’est pas une loi répressive, c’est une conquête démocratique, constitutive de l’État de droit aujourd’hui menacé.
Conclusion : en combinant citation tronquée et mensonge par omission, D. Gluckstein trompe sciemment les signataires pour leur faire croire que je l’aurai traité d’antisémite en vue de le menacer de poursuites judiciaires. Quiconque sait lire et veut bien avoir l’ensemble des documents est à même de constater que tout au contraire, c’est D. Gluckstein qui engage, avec tout le petit appareil du PT entièrement mobilisé pour cela, soit quelques centaines de militants dans toute la France, une campagne de calomnies mensongères me visant, et qu’il cherche à interdire le libre débat qui suppose la confrontation d’arguments contradictoires. Or, sans libre débat, la formule « presse ouvrière et démocratique » est un mensonge.
Naturellement, le fait que les signataires soient trompés ne les excuse en rien de ne pas avoir le courage de rechercher la vérité et de la dire. La plupart ont donc signé « de confiance ». C’est ainsi qu’en 1937, des militants communistes et syndicalistes adhéraient de confiance aux calomnies des procès de Moscou.
Honte ! Mais il ne manque pas de militants ayant refusé de verser dans ces méthodes, des camarades qui me connaissent ou qui ont demandé les documents. Le courage de chercher la vérité et de la dire est à la portée de toutes et de tous.
Mais il y a plus. D. Gluckstein sait parfaitement que je suis régulièrement menacé de mort par l’extrême droite depuis maintenant plus d’un an. Par la campagne qu’il a lancée, contre « monsieur » Vincent Présumey, il voudrait, n’est-ce pas, me mettre au ban du mouvement ouvrier. Ce qui me protège des menaces bien réelles dont je suis la cible, c’est d’en être un militant, c’est le milieu des camarades, des syndicalistes, des défenseurs de l’école publique. Par une telle campagne, c’est bien ma sécurité qui est, de fait, visée.
Mais nous ne sommes pas en 1937, Daniel Gluckstein. Ces méthodes, les méthodes du stalinisme, ne marcheront pas. La vérité aura le dernier mot.
Vincent Présumey, le 11 octobre 2026.