Initialement, la journée d’action du 29 septembre a été convenue très en amont, par les fédérations de fonctionnaires (CGT, CFDT, FO, FSU, UNSA, Solidaires, CGC, FA-PT), début juin, avec l’arrière-pensée qu’ensuite la priorité serait celle des élections professionnelles de la fonction publique qui auront lieu du 3 au 10 décembre.
Cette journée d’action traditionnelle devait avoir pour thème principal les salaires, un sujet tout à fait justifié, dans la perspective de faire pression pour un minimum de prise en compte dans le prochain budget. La date du 29 septembre est en effet la veille du début de la discussion budgétaire à l’Assemblée nationale, le 30.
Mais l’été, ou plutôt la catastrophe thermo-capitaliste, est passé par là, puis la montée de mouvements exigeant directement de l’Assemblée nationale qu’elle légifère : urgence climatique, loi intégrale. Deux initiatives montantes sont venues se greffer, par un malicieux hasard objectif, autour de la journée du 29 septembre : les manifs climatiques du samedi 26 et la montée des pompiers, qui vont finalement se baser le 27 septembre au Champ de Mars et comptent avec tous leurs syndicats monter sur Paris le mardi 29.
Et, surtout, Lecornu a réglé la question des salaires des fonctionnaires par avance, dans ce qui constitue en fait une déclaration de guerre sociale, faite le jeudi 17 septembre : le gel d’indice sera la mesure clef du budget des prétendus 54 milliards d’économies !
Dès lors, la journée d’action de rentrée pour demander gentiment une rencontre salariale aux ministres en charge des fonctions publiques peut et doit se transformer, dans ce contexte, en grève politique de masse pour les salaires, contre le budget Macron/Le Pen/Lecornu !
Une grève de masse ce jour-là, des manifestations couronnant le processus commencé deux jours auparavant pour l’urgence climatique, les pompiers montés de toute la France au centre de la manifestation parisienne, des Assemblées générales : il est possible et souhaitable que la force du 29 septembre inaugure l’affrontement social et démocratique indispensable contre le budget de guerre sociale, avec toute sa portée politique.
Faut-il ajouter que le syndicalisme indépendant, c’est cela ?