À la question : « qu’en est-il de la situation politique française ? », le réflexe convenu serait de partir dans des considérations sur les élections présidentielles. Erreur : le fait central de la situation politique française, si « situation politique » est une notion reposant sur ce qui touche directement l’immense majorité, est le choc thermique dénommé « canicule » et désormais « canicules à répétition », les titres les plus récents se demandant si arrive « la cinquième canicule » …
Le choc est terrible, il se mesure en milliers de morts (le bilan n’est pas fait), en mal-vie pour la grande majorité, en destruction de forêts et d’êtres vivants, et en catastrophe agricole scellant l’obsolescence des élevages industriels et annonçant une pénurie alimentaire sans précédent. Les « hommes politiques » et de pouvoir n’ont très généralement rien intégré de tout cela dans leurs discours, au-delà des phrases convenues et des « hommages aux pompiers ».
Et ce choc n’est pas que français, il touche tous les principaux pays d’Europe occidentale. Produira-t-il une « prise de conscience », un « effet Pearl Harbour » ? C’est là une question de rapport de force social.
Car les forces sociales au pouvoir, faisant fonction de l’accumulation et de la circulation accélérées du capital, n’ont aucun intérêt à agir sur les causes de la catastrophe montante. Leur propagande malsaine s’ajoute donc au choc thermique pour tenter de mettre à mal l’immense majorité de la population. Oh certes, les propos climatosceptiques classiques, du genre « c’est normal, c’est l’été », sont désormais ridicules, et à vrai dire font rire jaune, car ils sont, à juste titre, de plus en plus perçus comme criminels. Mais la stratégie du choc et la contre-attaque des dominants du capital, sous la forme d’un bruit de fond de réseaux sociaux et de médias, ont été immédiates.
La violence du propos indique une certaine conscience des enjeux, non pas climatiques (ils s’en foutent), mais « économiques » : « tout ça, c’est la faute aux écolos » ! Farpaitement ! Le caractère sidérant du mensonge vise à paralyser. Les réseaux RN et union des droites sont à la manœuvre. Pour faire passer ce à quoi les faux paysans, les patrons de la Coordination rurale appellent ouvertement et que ceux de la FNSEA organisent : l’irrespect systématique des circulaires préfectorales pour économiser l’eau – avec la bienveillance des mêmes préfets !
Ils préparent leur mainmise pour le moment – qui pourrait venir – où l’eau va manquer dans les robinets. Et, pour cela, ils viennent juste d’obtenir de l’union des droites à l’Assemblée nationale leur loi Duplomb II. La question des « bassines » est nationale : leur programme est de s’approprier l’eau dont seront privées zones humides et nappes phréatiques, et avec elles la population. Ils nous déclarent la guerre de l’eau.
Ce mensonge sidérant complète un discours officiel négationniste, non plus sous la forme du négationnisme climatique, mais de l’adaptationnisme : braves gens, il va falloir vous adapter !
Certes, mais si on ne stoppe pas les émissions de gaz à effet de serre, et donc si on ne réorganise pas la production et les transports de façon à arrêter la chaufferie, on ne pourra pas s’adapter ! La condition de l’adaptation : la révolution !
Enfin, dernier volet, la veille « psychologique » condescendante : « vous êtes éco-anxieux ? Vos enfants le sont ? Détendez-vous, soyez zen et résilients ! ». Ce gouvernement qui n’a rien fait pour avoir de quoi agir face aux méga-feux produit un discours tout à fait extraordinaire, que nul – même pas lui – ne prend au sérieux, mais dont la vraie fonction est, là encore, d’impuissanter et de sidérer. C’est le complément soporifique des discours violents.
L’urgence, pour eux, n’est en aucun cas climatique, ne repose en aucun cas sur les besoins du plus grand nombre. « Ceuta » est devenu le nom de leurs urgences, une provocation visant Espagne, Maroc et Europe, pour faire croire à une « menace migratoire » qui serait le premier danger. N’ayons aucune illusion : plus la catastrophe sera là, plus les faisant fonction du capital seront à l’offensive pour qu’elle nous écrase.
Mais soyons également conscients de notre force. Car ces campagnes d’abrutissement – « C’est la faute aux écolos ! », « Adaptez-vous ! », « Vous êtes éco-anxieux ? Soignez-vous ! », « Regardez le vrai danger : Ceuta, Ceuta, Ceuta ! » – sont à la mesure, préventive, de l’explosion réelle qui vient.
L’accumulation de colère sociale est immense et la catastrophe est en train de la chauffer à blanc. Dès ce 13 août, la totalité des organisations syndicales de pompiers tiennent un rassemblement devant le ministère de l’Intérieur.
Les conditions pour le bouillonnement au mois de septembre se réunissent sur la base de cette accumulation de colère. Certes, il y a dispersion, mais là, la dispersion commence à se transformer en accumulation.
Frapper fort en septembre, ce dont discute également Bloquons tout, et donc généraliser et centraliser, refaire en plus puissant ce qui s’est passé en septembre 2025, est une nécessité.
La coalition pour une loi intégrale contre les violences faites aux femmes et aux enfants, ce mouvement démocratique et féministe de fond de juin 2026 après le meurtre de la petite Lyhanna, est restée, après les rassemblements du 4 juillet, sur un appel à se retrouver le 10 septembre.
Un premier regroupement hétéroclite – et ce caractère hétéroclite est justement révélateur de la profondeur de ce qui se cherche – appelle à se rassembler contre l’« inaction climatique » du gouvernement », le 15 septembre à 19h 30 devant le ministère des Finances à Paris.
Surtout, à l’initiative d’une association de consommateurs, un appel à des rassemblements de masse, se référant aux luttes précédentes des pompiers, des enseignants, des hospitaliers, contre les méga-bassines, contre la loi Duplomb, le samedi 26 septembre, pour imposer « un plan d’urgence, d’adaptation et d’atténuation » « sans attendre un été de plus », est en train de circuler de plus en plus largement.
Aplutsoc appuie cette initiative : un tel plan d’urgence est nécessaire immédiatement, et pour sa mise en œuvre, l’ordre social capitaliste et l’ordre politique de la V° République sont en cause.
La Fédération SUD-Commerce appelle au 26 septembre et soulève la question de la grève ce jour-là. Quelques jours plus tard, le mardi 29, les fédérations syndicales de la fonction publique ont dès début juillet appelé à une « journée d’action » qui, de fait, pourrait se trouver englobée dans le mouvement général nécessaire…
Tout cela relativise fortement « la campagne des élections présidentielles », non ? Certes, il faut la prendre en compte. Sa fonction sociale réelle est, premièrement, d’instiller l’idée, fausse, qu’il faut attendre avril-mai 2027 pour agir. Deuxièmement, l’idée, également fausse, que la majorité du pays serait RN ; en fait, une majorité électorale RN et alliés relative est possible, par rapport aux seuls votants et non à la majorité réelle, en raison de la division organisée à gauche qui a protégé les gouvernements Macron, tous illégitimes, depuis l’été 2024.
Le tout a pour fonction de remettre ce régime à neuf, si possible, en 2027, et certainement pas pour le climat !
À gauche donc, on a d’une part un émiettement, d’autre part la candidature Mélenchon qui se présente comme seule gagnante possible, mais à laquelle il convient de poser la vraie question, voire l’exigence : son but est-il vraiment de gagner et dans ce cas-là que doit-il faire pour l’unité tout de suite ?
Mais toutes ces questions sont et seront rebattues par la crise bioclimatique et sociale, en septembre au plus tard et peut-être avant, et rebattues aussi par la crise mondiale, la même crise globale.
C’est pourquoi le plus important, comme l’avait conclu notre réunion-débat du 5 juillet dernier, ce sont des comités d’action, comités du front commun, ou quelques noms qu’on leur donne, unissant sur l’urgence et contre ce qui menace :
- Pour le plan d’urgence climatique sans attendre un été de plus, pour le droit de retrait immédiat au travail quand on a trop chaud et qu’on risque de crever !
- Pour la loi intégrale protégeant réellement les femmes et les enfants, donnant les moyens de la protection, de la prévention, de l’éducation et de la justice,
- Contre le budget de Macron, Lecornu, Philippe et autres, qui va anticiper, contre les services publics et les droits de toutes et tous, sur ce que ferait le RN,
- Contre le RN et l’union des droites,
- Et pour s’adresser à Mélenchon et à toutes et tous les candidats classés à gauche : défendez ces urgences immédiatement et sans attendre avril 2027, unissez-vous pour cela, exigeons ensemble des élections législatives pour imposer l’assemblée constituante de l’urgence sociale, climatique et démocratique !
Commentaire reçu par mail :
Bonjour à tous,
……
« Pour la loi intégrale protégeant réellement les femmes et les enfants, donnant les moyens de la protection, de la prévention, de l’éducation et de la justice »
Comme dit une copine, « protéger les femmes… » c’est plus que moyen.
Il vaudrait mieux dénoncer l’impunité patriarcale de la violence, ou l’impunité accordée par l’État patriarcal… On peut bosser les formules. Mais bref, l’idée, en lisant à voix haute, est qu’on aurait préféré des formules du genre « protéger contre les hommes violents ».
Par ailleurs, une copine trouve que c’est un peu décousu et qu’il aurait mieux valu évoquer Lyanna à la fin, pour appeler à regrouper les luttes car, là, ça tombe un peu à plat.
…..
G
Élément de discussion
Le verbe protéger et le mot protection sont des termes qui semblent gêner certain-es … mais pourquoi se méfier de ces termes ?
Un bon toit protège de la pluie, du froid et de la chaleur.
La législation sociale protège les salariés des faits et gestes des patrons, d’ailleurs les premières mesures de protection acquises par la classe ouvrière aux débuts de son action collective portèrent sur le travail des enfants, les femmes enceintes, puis elles se généralisèrent notamment en matière de durée du temps de travail.
À l’inverse, les policiticiens, les parlementaires, les gouvernements bourgeois protègent les patrons et leurs profits. Fermer les yeux sur les accidents du travail et les maladies professionnelles, ignorer la misère causée par les bas salaires, effacer tous les maux sociaux causés par l’inégalité sociale, n’est-ce pas protéger les exploiteurs ?
D’ailleurs, Macron, mandaté par le capital, ne s’y est pas trompé en détruisant les dispositions protectrices du Code du travail et des lois sociales : réduction des droits des représentants des salariés, facilité de licenciement, pressions sur les chômeurs, remise en cause des droits à la retraite, chasse aux immigrés sans papiers pour les livrer à l’exploitation la plus crue du travail au noir, sans droits, ni limites… ni protection !
Aujourd’hui, l’État et la loi ne protègent pas les femmes et les enfants de la violence et des agressions sexuelles. Nous voulons un État et des lois qui protègent les femmes, les enfants, les salarié-es, la nature, le vivant des effets de l’oppression et de l’exploitation. Pour cela, il faut un autre État qui ne protège pas ceux d’en haut, donc il faut une représentation politique des opprimé-es et des exploité-es qui agisse pour ce but.
« Protéger contre les hommes violents » certes, mais sans… protection ?
Quand la police et la justice laissent s’accumuler des stocks de dizaines de milliers de plaintes non traitées, du moins quand les victimes ont la chance de ne pas subir un refus d’enregistrement des plaintes, ces institutions protègent les agresseurs, les violents et les violeurs ! La question de la protection ici soulevée est celle de qui faut-il protéger ? Comment les protéger ? Avec quels moyens ?
Pour le moment, l’été est trompeusement calme depuis le succès des manifestations massives et réussies du 4 juillet. Mais nous ne doutons nullement que celles-ci reprendront à la rentrée, car les Macron, Le Cornu, Darmanin, Nunes et autres ne feront rien pour protéger celles et ceux qui en ont cruellement besoin. Et cela sera un carburant puissant pour gagner de nouvelles protections en se débarrassant des protecteurs des puissants d’aujourd’hui.
« …. il aurait mieux valu évoquer Lyanna à la fin, pour appeler à regrouper les luttes car, là, ça tombe un peu à plat. »
Quand la mer est plate, il ne faut jamais oublier que de façon certaine, dans les eaux comme dans les airs, les éléments des prochaines tempêtes sont en train de naître et de se rassembler. Ceci est valable pour la météorologie comme pour la vie humaine et sociale.
Bien entendu, ces quelques remarques n’épuisent pas le sujet mais …
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Dans les objections soulevées par G, il y a manifestement deux sujets : celui de la protection et celui de l’auto-protection, dit autrement de l’auto-défense.
Après tout, on se rappellera que les maquereaux prétendent offrir une protection à leurs victimes. Protection payée chèrement en coups, en outrages, en vols et extorsions. Donc, une protection qui n’en est pas une !
Prenons les cas où des victimes pratiquent efficacement d’une façon ou d’une autre leur auto-défense. Si l’État et les lois ne les protègent pas, et qu’au contraire, ils protègent les puissants et les agresseurs, alors ces victimes ne sont nullement protégées ni de leurs agresseurs, ni de l’État ni des lois !
il faut vraiment des lois et un État qui protègent les victimes, quelles que soient leurs capacités à se défendre par elles-mêmes. La criminalisation de celles et ceux pratiquant l’auto-défense, sous toutes les formes imaginables, est une pratique fort répandue des classes dominantes.
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Pour avoir écrit le brouillon de cet éditorial, je trouve très bien que les lectrices/lecteurs nous adressent leurs remarques et qu’un dialogue permanent s’engage. Car aucun édito n’est à prendre ou à laisser, il s’inscrit toujours dans une série d’approximations successives, et n’a pas pour vocation à donner une « bonne parole » qui serait la « ligne » ou la doxa d’Aplutsoc.
C’est là quelque chose de très important. Nous ne sommes pas et ne voulons pas être une chapelle ou une fraction s’autoproclamant détentrice d’une ligne. Mais ne pas vouloir être cela ne conduit pas, inversement, à ne vouloir être qu’un cercle de discussion. « Centre politique » est une notion peu théorisée, ce que nous avons (après Hal Draper) commencé à faire : nous proposons des orientations et des actions sur la base définie dans notre charte générale régulièrement rediscutée. Les éditos en sont bien sûr, engageant le Comité de rédaction, la forme la plus précise : je pense que plus il y en a, plus ils sont discutés, critiqués largement, mieux ça vaut.
Cela appelle de nos lectrices et lecteurs un état-d’esprit autre que la posture visant à juger ce qui va et ce qui ne va pas dans une formulation générale ou un résumé de la situation, mais plutôt visant à contribuer à des échanges en réseaux construisant en commun ce dont nous avons besoin, et tout simplement à faire leurs remarques en ne considérant pas chaque texte, et chaque édito, comme définitif, car aucun ne saurait prétendre l’être.
En l’occurrence le sujet de la « loi intégrale » peut sembler arriver ici « comme un cheveu sur la soupe » dans un édito qui est centré sur le sujet le plus urgent, mais tout est relié et la catastrophe thermo-capitaliste ne doit pas faire « oublier » les mobilisations récentes exigeant cette « loi intégrale » de l’Assemblée nationale. D’où ce rappel certes rapide.
Car, sur les possibilités politiques qu’ils impliquent, les deux sujet se ressemblent. Il y a eu en juin cette exigence que l’Assemblée adopte une telle loi, dont on va voir les suites (ou pas, mais il est souhaitable qu’il y en ait). Et la « canicule », en fait bien plus qu’une « canicule », ou que « 5 canicules », soulève elle aussi la question d’imposer de légiférer dans l’urgence tout de suite, ce qui va plus encore à l’encontre du calendrier institutionnel et de la logique de tous – je dis bien tous – les candidats déclarés à la présidence. Ces deux sujets – les manifs féministes et la « canicule » – avaient déjà dominé notre réunion-débat du 5 juillet dernier.
Trouver des équilibres dans un texte temporairement parfait entre tous les éléments liés entre eux, en fait je n’y crois guère. Un déséquilibre permanent, sans unanimité mais fondé sur un dialogue entre de plus en plus de camarades, c’est cela qu’il nous faut.
Vincent Présumey.
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Reçu par mail :
Entièrement d’accord, et entièrement d’accord qu’il faut soutenir le projet de loi intégrale sur les violences sexuelles.
Et toujours dans cet état d’esprit, pour débattre et certainement pas pour trancher la question, ce qui nous gêne dans la formule « protégeant les femmes et les enfants », c’est qu’elle peut (facilement) être lue comme une formule paternaliste compte tenu de l’idéologie patriarcale qui veut que par nature, les femmes soient vulnérables, le sexe faible par nature.
Et justement, ce discours de la protection a historiquement servi comme un moyen d’oppression des femmes. Un moyen de leur refuser un statut d’individu et de sujet social. C’est ce que les féministes matérialistes appellent l’idéologie naturaliste. Idéologie qui est aussi celle du racisme et qui fut appliquée au prolétariat pendant tout le XIXe, au moins (pour les protéger contre l’alcoolisme, de la perversion, de leur maladie intrinsèque etc.).
L’idée de notre commentaire était de marquer une rupture claire avec cette lecture pour éviter tout malentendu. Et de substituer au point « protection des femmes et des enfants », un point « Demander : une véritable politique de lutte contre les violences patriarcales, notamment sexuelles, faites aux femmes et aux enfants, impliquant la fin de l’impunité pour les dominants ».
Cette politique impliquerait
1. de lever l’impunité dont bénéficient les dominants (les hommes)
2. De donner véritablement aux femmes et aux enfants les moyens de se défendre (comme le dit Audey) – ce dont ils et elles sont historiquement privé·es
3. Et parmi ces moyens, l’autonomie sur le plan matériel, économique ! Concrètement, il nous semble que toutes les affaires qui sortent sur les cas d’inceste de viols et de violences conjugales montrent bien à quel point la dépendance économique, matérielles des femmes à l’égard de leur conjoint est structurante, explicative.
Bref, ce point sur les violences et la mobilisation pourrait être plus convaincant et rassembleur, à notre humble avis. Protéger ne suffit pas.
G. et G
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Merci à « G et G » car pour ma part je suis convaincu par leur démonstration, alors que je suis l’auteur de la formulation initiale qui reprenait rapidement le terme de « protection ». Les remarques faites dans l’échange ayant lieu ici en faveur de la notion de « protection » sont justifiées en général, mais elles ne contredisent pas ce qu’ils disent sur la pression patriarcale et il faudra en effet en tenir compte dans nos formulations, et, quand la rentrée et ces questions vont revenir, peut-être reprendre leur argumentaire. VP.
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