En ce 1604° jour depuis, non le début de la guerre qui date de 2014, mais le début de l’invasion à grande échelle déclenchée au petit matin du 24 février 2022, l’Ukraine se trouve dans la situation paradoxale de la plus grande souffrance combinée à une position de force apparente et surprenante, qui forme l’arrière-plan d’une grave crise politique et gouvernementale, ainsi commentée, voici quelques heures, par Mikhailo Volynets, secrétaire de la KVPU, la Centrale Indépendante des Syndicats Ukrainiens, à la suite de la nomination d’un nouveau gouvernement par le président Zelensky, mais dans lequel manquent quelques sièges clefs :
« L’Ukraine se retrouve pour une durée indéterminée sans ministre de la Défense, sans ministre des Affaires étrangères et sans chefs pour le SBU et le renseignement extérieur. C’était le 1604e jour de la guerre à grande échelle … »
Au plan mondial comme au plan ukrainien, les données s’accumulent d’un tournant et d’une accélération, d’où l’utilité, j’espère, de ces notes qui reparcourent les phases de la situation de l’Ukraine durant ces 1604 jours.
L’invasion généralisée visait à prendre K’yiv « en 3 jours », à violer tout le pays (« ma jolie, que cela te plaise ou non, tu vas y passer », propos de Poutine tenus publiquement en présence de Macron qui essayait alors de lui « parler »). Cette opération qui marque toute la période historique contemporaine était soit déniée par tout le personnel politique européen, Mélenchon et Le Pen notamment en France, soit acceptée implicitement par le président US Joe Biden qui se préparait non à aider une nation qui allait résister, mais à former un blocus économique, politique et militaire autour de la Russie en espérant acculer la Chine à choisir.
Rien ne s’est passé comme les uns et les autres parmi les grands de ce monde l’avaient prévu, et, saisissant la conscience collective de son pays, Zelensky, en refusant le « taxi » proposé par Biden pour l’évacuer, acquérait d’un coup la stature d’un chef national authentique.
Ce sont le peuple ukrainien tout entier, la jeunesse investie pendant quelques semaines dans la Défense territoriale, et une armée soutenue par tout le pays, qui l’ont sauvé et ont ainsi, en interdisant la réalisation du plan de Poutine, infligé à celui-ci sa première défaite, qui pèse depuis sur toute la situation mondiale, car sa défaite intégrale et donc sa chute ont été mises à l’ordre-du-jour alors que la totalité des chefs d’Etat en ont beaucoup plus peur que de l’effondrement de l’Ukraine.
La résistance populaire et militaire de l’Ukraine a été le fait révolutionnaire et démocratique le plus puissant de toute la situation européenne et mondiale. C’est elle, avant l’aide militaire euro-américaine, qui a été le facteur clef. L’aide militaire, contrainte, fournie à l’Ukraine lui permet de jouer le rôle de bouclier européen et d’abcès de fixation de l’impérialisme russe, sans aucune intention ni américaine ni européenne de lui permettre de vaincre et de mettre fin à la guerre. Par contre, la mobilisation contre la guerre de la jeunesse urbaine russe a été contenue et réprimée, le talon de fer totalitaire s’abattant sur le pays.
Après la défaite de la Blitzkrieg russe en Ukraine, mais aussi après la défaite de la résistance antiguerre en Russie, la seconde phase de la guerre est proclamée par Poutine comme étant celle de la prétendue « libération du Donbass », avec la destruction de Marioupol, un calvaire comparable à ce qui se passera un peu plus tard à Gaza (la comparaison par excellence que ne comprennent pas les campistes !). La véritable libération est celle des zones du Nord du pays et des pourtours de K’yiv évacués par les troupes russes, qui laissent derrière elle horreur, viols et désolation, comme à Boutcha.
En septembre-octobre 2022 l’armée russe connait un effondrement localisé, qui a nourri les espoirs ukrainiens et fut effectivement spectaculaire mais jugulé, à l’Est de Kharkiv (secteur d’Izioum et de Kupiansk) et avec la reprise de la ville de Kherson. Le 21 septembre, la Russie mobilise 300 000 hommes, produisant un exode massif des diplômés, tout en conférant un rôle accru aux milices privées liées au régime dans l’armée : Tchétchènes collabos de Kadyrov, nazis de Rusitch, et surtout le ЧВК (PMC, « Compagnie Militaire Privée ») Wagner, de Prigojine, la milice du pillage colonial en Afrique.
L’armée ukrainienne et la population qui la soutient vivent alors avec l’espoir d’une contre-offensive vers le Sud et la Crimée, nourri par les réels effondrement russes (désertions massives) de septembre 2022, mais ceci n’advient pas. Pendant un semestre, la situation militaire se polarise sur Bakhmut, ville du Donbass où se déroule une véritable bataille d’usure et de tranchées puis de destruction totale de la ville, officiellement proclamée prise par Prigojine le 20 mai 2023. En fait il est furieux, car les commandos Wagner ont été étrillés par leur « victoire ».
Juin 2023 a pu faire croire à une nouvelle accélération de la situation : écocide de la rupture russe du barrage de Nova Kakhovka les 5-6 juin, crise entre chefs de l’armée russe avec la « mutinerie » – l’offensive sur les autoroutes de Rostov-sur-le-Don jusqu’au Sud de Moscou ! – de Prigojine et ses Wagner, qui finalement prend peur et capitule (23-24 juin), et apparemment, début lent de la contre-offensive ukrainienne, à Robotyne entre Zaporijia et HoulïaIpolyé.
Cette contre-offensive, que l’OTAN aurait conseillée au général en chef Valeri Zaluznhy, mais que celui-ci semble plutôt avoir engagée pour exiger des armes de la part des Etats-Unis et de l’Europe, piétine sur les champs de mines et de dispositifs antichars formant plusieurs lignes sur 1500 km de long. La contre-offensive fait long feu et les positions se figent, marquées désormais par une avance russe très, très lente, et très meurtrière en hommes pour la Russie, qui sacrifie aussi bien ses délinquants que ses peuples colonisés.
Arrive (7 octobre) la provocation pogromiste du Hamas suivie de la guerre à dynamique génocidaire de Netanyahou, très mauvaise nouvelle pour l’Ukraine qui, officiellement, n’est plus le centre d’attention du monde.
S’ouvre alors une divergence publique entre Zelensky et le chef de l’état-major Valeri Zalujhnyi qui, début novembre, publie dans The Economist une sorte de protestation en direction des Etats-Unis qui ne fournissent pas les armes nécessaires à toute vraie contre-offensive, et notamment les avions de chasse (F16). Le pays s’interroge : sauf une couche de jeunes engagés, filles comprises, la masse de la jeunesse n’est plus dans la Défense territoriale et beaucoup ont émigré en Europe, l’âge de mobilisation sera finalement abaissé de 27 à 25 ans sans qu’aucun débat sur une réforme de la mobilisation (lien aux collectifs de travail, place des femmes …) ne soit tranché, les méthodes autoritaires étant les seules qu’envisagent les chefs militaires. Début février 2024 Zelensky remplace Zalujhnyi, fort populaire, par Syrsky, mais rien ne bouge sur la ligne de front.
Le 20 avril 2024, le Congrès US débloque l’aide militaire ouvertement suspendue depuis la tentative de lancement d’une « contre-offensive » en juin 2023 – une aide qui permet de tenir mais qui, ouvertement, ne vise pas à la victoire ukrainienne.
Les élections législatives françaises de juillet 2024, dans ce contexte, ont été suivies avec anxiété en Ukraine, car si Macron avait réussi à livrer l’Assemblée nationale au RN, le basculement anti-ukrainien en Europe se serait produit. Le facteur ukrainien, en avantageant le PS et en affaiblissant relativement LFI, dans la gauche française, aux élections européennes du 9 juin, a d’ailleurs joué un rôle significatif dans les conditions permettant la mise en place du Nouveau Front Populaire, dynamité depuis par le PS et LFI.
Le 6 août 2024, l’armée ukrainienne réalise l’occupation d’un bout de territoire russe (à population ukrainienne russifiée) au sud de Koursk, une opération « joker » qui fera pas mal parler mais qui, au final, s’effritera au printemps de l’année suivante.
Au total, la guerre est devenue une épreuve interminable, dans laquelle l’Ukraine résiste mais semble n’avoir aucune perspective de faire bouger les lignes. Cette situation s’aggrave brutalement avec l’avènement de Trump n° 2 à la présidence nord-américaine, et la fameuse « scène du Bureau ovale », le 28 février 2025, une presque agression physique de Volodomyr Zelensky par Donald Trump et J.D. Vance, sous les caméras du monde entier, revers politique et moral gravissime qui conduit tous les campistes et tous les « réalistes » à vaticiner « la Russie va gagner, la Russie ne peut que gagner, l’Europe doit cesser de nourrir la guerre », alors que sur le terrain, la fameuse lente progression russe continue de ralentir …
Il nous faut à présent mesurer pleinement le tournant suivant de cette guerre, qui correspond à un sursaut remarquable de la révolution démocratique et nationale, prolétarienne dans son contenu social, des ukrainiens, et en même temps à la manifestation croissante d’une nouvelle donne militaire qui germait depuis 2022 mais passe de la quantité à la qualité après l’été 2025, en même temps que les mouvements sociaux et démocratiques et l’expression de la jeunesse ukrainienne font à nouveau irruption : ce qu’il est essentiel de comprendre, c’est que cette simultanéité du processus de mobilisation sociale et de la nouvelle donne militaire n’est en rien une coïncidence, n’a rien de fortuit et démontre l’unité des questions politiques et des questions militaires, au plus haut point.
C’est l’installation d’un nouveau gouvernement par Zelensky, le 17 juillet 2025, qui semblait tourné vers la satisfaction des demandes trumpistes aux plans économique et politique, qui, par un acte inaugural visant à supprimer l’indépendance chèrement conquise lors du Maidan et depuis, par les organismes judiciaires anticorruption, a mis le feu aux poudres, produisant la « révolution des cartons », plus important mouvement social depuis le Maidan, avec l’arrivée en première ligne de tout jeunes garçons et filles, dont les ainés sont au front.
Faisant écho à la jeunesse serbe et aux mouvements dits « GenZ » dans le monde, ils ont eu gain de cause, fragilisant structurellement le pouvoir exécutif, surtout le gouvernement, Zelensky cherchant à rester « au-dessus » tout en menant les tentatives anti-démocratiques et en reculant quand nécessaire.
Comme l’écrit Patrick le Tréhondat dans une discussion du RESU de ce jour, « Depuis les manifestations de juillet 2025, et son recul face au mouvement social, le gouvernement ukrainien est instable, en difficulté et en « crise » latente. Les changements gouvernementaux se succèdent à un rythme « macronien ». Sa majorité parlementaire est divisée, récalcitrante aux oukases venus du palais présidentiel, et épuisée. »
Il poursuit en soulignant les faiblesses bien compréhensibles des mouvements sociaux : « Pour autant le mouvement social n’arrive pas prolonger ses capacités de remporter des victoires. La bataille contre le nouveau code civil et pour le mariage pour tous peine. Celle contre le nouveau code du travail s’annonce difficile notamment en raison de l’attitude conciliatrice (euphémisme) de la FPU, source de tension avec la KVPU. » (la KVPU est issue des grèves de mineurs à la fin de l’URSS, la FPU du remaniement des anciens syndicats étatiques soviétiques).
Pour autant, je suis tenté d’appuyer plus que Patrick quand il écrit que « Les fumerolles de la révolution ukrainienne ne sont pas éteintes », et de dire que c’est beaucoup plus que des braises ou des fumerolles, c’est la suite de cette révolution au long cours, avec l’irruption des jeunes et des très jeunes, et que cette suite est, par le climat social qu’elle instaure, un facteur militaire, je dis bien militaire, beaucoup plus fondamental que les spécialistes strictement militaires ne peuvent souvent le saisir. Il cite d’ailleurs une infirmière de Poltava : « Nous avons Maidan dans le sang ».
Sur le plan militaire, la révolution des drones, de l’IA et de la robotique, qui progresse quantitativement depuis la levée en masse du peuple en février-mars 2022, franchit le seuil qualitatif à peu près en même temps, ou un peu avant, que la révolution des cartons.
Je reprends ici la citation de la revue Diplomatie que je faisais dans un article du 5 juin dernier :
« Le conflit russo-ukrainien a mis en lumière une évolution rapide vers une guerre robotisée aéroterrestre et navale. (…) En saturant l’espace de combat, les drones le rendent transparent pour l’adversaire et obligent les belligérants à s’enterrer de part et d’autre de la ligne de front » mais non par des tranchées, mais par une « « kill zone » de 30 à 40 km ». Emerge alors une dissuasion robotique, dissuasion au même titre que la dissuasion nucléaire, concept aux conséquences révolutionnaires que les militaires n’ont pas encore assimilé vraiment. En effet, elle peut ou pourra se substituer aux dispositifs antimissiles, mais elle n’est efficace, à l’inverse de la prétendue dissuasion nucléaire, que dans « un cadre disséminé, et non pas centralisé’, et démocratique, de type coopératif » écrivais-le le 5 juin dernier, en ajoutant qu’ici, « y compris du point de vue anticapitaliste, des petites entreprises peuvent avoir leur place, mais non pas les trusts industrialo-financiers de l’armement ».
Or, l’Ukraine fin 2025 a une longueur d’avance en ces matières sur tous les Etats du monde, ce qui est un facteur nouveau du rapport de force global. Ce qui, comme l’expliquent Adam Novack et Jean Batou dans leur article L’Europe-puissance n’est pas l’amie de l’Ukraine, suscite justement la convoitise des trusts industrialo-financiers de l’armement, particulièrement de l’allemand Rhein-Metal, exactement comme un gisement de main-d’œuvre qualifiée ou de terres rares le feraient.
Début 2026 Trump se lance dans la série d’interverntions militaires et de coups de semonces que l’on connait, Venezuela, Groenland, etc. Mikhailo Fedorov, ancien spécialiste numérique auprès de Zelensky, lié aux starts up ukrainiennes de l’informatique et de la robotique militaire, qui dit avoir des contacts avec Elon Musk (ce qui ne saurait inspirer confiance !) et peser dans les variations, erratiques comme des indices boursiers, de celui-ci par rapport à Trump et à Poutine, est nommé ministre de la Défense.
Le 28 février 2026 Trump et Netanyahou engagent leur guerre contre l’Iran, sur les derniers développements de laquelle nous reviendrons dans un autre article. La même provocation globale deux ou trois années auparavant aurait été pour l’Ukraine une catastrophe comparable, en pire, à ce que fut le 7 octobre 2023. Mais cette fois-ci il n’en est rien : la hausse des prix énergétiques, qui aurait dû profiter à la Russie, n’en fait rien car les drones et bientôt les nouveaux missiles ukrainiens Flamingo détruisent une grande partie des capacités de raffinage et d’exportation d’hydrocarbures russes !
Aux bombardements, réellement ciblés, en territoire russe sur une profondeur allant jusqu’en Sibérie (dans lesquels interviennent les réseaux russes pro-ukrainiens), s’ajoutent deux autres données militaires qualitativement nouvelles, résultant d’une longue accumulation mais déployant seulement maintenant leurs pleins effets. D’une part, la fameuse avancée russe aussi inexorable que très lente, devient souvent un recul, lent aussi certes, mais l’impact politique et psychologique est fort. D’autre part, la Crimée est de moins en moins une péninsule et de plus en plus une île, et une île encerclée.
Ces trois facteurs – bombardements ciblés en profondeur, inversion du sens des déplacements sur plusieurs secteurs du front (pas tous), isolement et fragilisation de la Crimée – nourrissent une crise nouvelle du pouvoir russe qui s’est exhibée de façon pathétique dans la trouille affichée par Poutine pour le défilé du 9 mai 2026. Ce n’est pas une vague de manifestations de la jeunesse comme en février-mars 2022, ni une tentative auto-avortée de putsch comme en juin 2023, c’est un délitement généralisé avec comme image symbolique les files interminables de voitures devant les pompes. Mais les couloirs et les médias bruissent de rumeurs sur le désarroi de Poutine.
Celui-ci réagit en multipliant les bombardements, ciblés eux aussi mais sur la population, de l’Ukraine, mais il lui faudrait débloquer la situation radicalement, or il ne peut pas enfoncer la ligne de front (pas plus que l’armée ukrainienne d’ailleurs, sauf que l’effritement est maintenant du côté russe). Reste deux options auxquelles toute le monde pense. Une frappe nucléaire, dont Xi Jinping aurait dit ne pas vouloir, et qui par elle-même ne sortirait pas Poutine de l’impasse. Ou l’ouverture d’un autre front, à savoir probablement la Baltique – corridor de Suwałki, Est de la Lettonie, Narva- voire la Pologne. En outre, la Biélorussie a récemment, semble-t-il, reculé dans sa participation à la préparation d’une attaque contre l’Ukraine depuis son sol.
Cette situation géostratégique nouvelle contredit la petite phrase de petit mafieux de Trump lors de la « séance du Bureau ovale » : « Vous n’avez pas les cartes en main ». En fait, et fondamentalement, les pas en avant du peuple ukrainien contre Poutine sont aussi des coups portés à Trump. De ce fait Zelensky a pu valoriser la nouvelle expertise ukrainienne auprès des pays du golfe arabo-persique exposés, par Trump, aux représailles iraniennes !
Le 25 juin, Zelensky, qui n’entend, lui, aucunement rompre avec Trump, annonce une « opération de 40 jours » pour contraindre la Russie à un arrêt des combats. Il s’agit de combiner les bombardements ciblés en territoire russe, la pression sur le front et l’isolement de la Crimée, beaucoup d’Ukrainiens, et tous les Tatars, ressentant toujours l’espoir, qui date de fin 2022, de voir celle-ci tomber comme un fruit mur.
Cela nous mènerait au 4 août. Cependant, le 10 juillet, le chef d’état-major Syrsky a publié sur Telegram un article affirmant que l’on est « loin d’un tournant dans la guerre » et qu’il ne faut « pas sous-estimer l’adversaire ». Si tout le monde sera d’accord avec ce dernier point, et s’il est bien évident que la programmation du moment précis d’un tournant mettant Poutine à genoux est en soi impossible, ses propos posent une tout autre idée : qu’il n’y aurait pas eu de tournant. Ce qui est faux. Depuis la révolution des cartons dans la société et la montée de la dissuasion numérique dans l’armée, il y a tournant. L’assumer ou non est une question politique et démocratique centrale, d’où dépend l’efficacité militaire.
Quelques jours après, l’on comprend que cet article de Syrsky avait ouvert les hostilités de la crise gouvernementale actuelle. Zelensky, sommé de choisir par l’un, par l’autre ou par les deux, à choisi Syrsky contre Fedorov. Mais le limogeage de Fedorov a produit une énorme réaction sociale, et immédiate. Le souffle du Maidan et de la révolution des cartons, avec à nouveau des milliers de cartons brandis par des femmes, est là. Et dans le nouveau gouvernement, les postes clefs de la Défense et quelques autres ne sont pas pourvus, comme le déplore Mikhailo Volynets, même si Zelenski a fait ses choix, qui ne sont pas encore avalisés par la Rada, et sont annoncés à titre « intérimaire » : le ministre de la Défense serait Yehven Khmara, qui vient du SBU, les services secrets …
Cette situation de crise politique et sociale « à la française », comme dirait, avec beaucoup de sens du vrai, notre ami Patrick le Tréhondat, n’affaiblit pas la volonté de combattre l’impérialisme russe, tout au contraire. La nomination à la tête du nouveau gouvernement du directeur de Naftogaz, Serhii Koretskyi, donne l’impression que la pression américaine, et peut-être plus encore allemande, visant à une OPA sur le gisement de savoir-faire ukrainien d’origine non capitaliste, est pour quelque chose dans ce choix. Mais la situation est mouvante.
Une chose est sûre : la dynamique de la révolution ukrainienne est là et bien là, et même si, bien entendu, tous les présidentiables français n’en ont pas capté grand-chose pas plus qu’ils n’ont pris la mesure de la catastrophe thermique et de ses prochaines conséquences, ou de la vague de manifestations féministes et démocratiques de juin 2026 qui ressemblent tellement aux manifestations ukrainiennes qui ont commencé à déferler ce jeudi 16 juillet 2026, cette dynamique va s’inviter parmi nous. En tout cas à Aplutsoc, plus que jamais nous allons militer pour cela !
Vincent Présumey, le 16/07/2026.