Tous les secteurs du salariat sont violemment attaqués par un gouvernement minoritaire et illégitime ou avec son appui : voilà le fait tant social que politique central en France aujourd’hui.
Sophie Binet, dirigeante CGT, déclare à La Tribune de ce dimanche 10 novembre :
« Quand j’ai rencontré Michel Barnier, qui arrivait à Matignon, je lui ai présenté une liste de plus de 180 plans sociaux, que nous avions recensés. Aujourd’hui, cette liste frôle les 200. Et il y en aura d’autres. Dans l’automobile, chez les constructeurs, les équipementiers, mais aussi dans la chimie, etc. : tous les secteurs sont impactés. Tous les jours, il y a de nouvelles annonces. Dans le secteur bancaire, le CCF vient, par exemple, d’annoncer près de 1000 suppressions de postes. »
Elle poursuit :
« On estime que plus de 150.000 emplois vont disparaître, probablement plus. Car il y a un effet domino sur la chaîne de sous-traitance. Les plans de licenciement des grands donneurs d’ordres entraînent toujours des suppressions de postes dans les petites entreprises. Nous sommes au début d’une violente saignée industrielle. »
La journée du mardi 5 novembre, avec les annonces simultanées des fermetures des usines Michelin de Cholet et de Vannes, et la vague de fermetures de magasins Auchan, marque un basculement. Et, à chaque fois, un point commun : ces grands actionnaires ont empoché des millions d’euros d’argent public provenant de nos impôts – 43 millions pour Michelin en 2023, dont son « crédit impôt recherche s’élève à 55 millions ». Juste avant d’annoncer 1254 licenciements, Michelin a généré 1,4 milliards de surprofits par des opérations financières de rachats de ses propres actions.
Depuis les annonces, les usines concernées sont en grève et sont bloquées par les ouvriers. La CGT « demande au gouvernement de geler les licenciements économiques » et annonce une journée de rassemblements pour l’emploi le 12 décembre, précédée de rassemblements régionaux.
Simultanément, le ministre dit « de la Fonction publique, de la simplification et de la transformation de l’action publique », M. Kasbarian, recevait les fédérations de la Fonction publique le jeudi 7 novembre. Selon Benoit Teste (FSU), le ministre est « brutal et insensible ». Sylviane Brousse, CGT Fonction publique, s’étonne de son « mépris ». Christian Grolier, Fonction publique FO, sort avant la fin de la réunion et déclare : « On va prendre le ministre au mot : trois jours de carence, trois jours de grève ! »
Sarkozy insulte les professeurs des écoles, et la presse gouvernementale se déchaîne contre les « fonctionnaires absentéistes » pour préparer le terrain au gouvernement. Le blocage du point d’indice salarial, la suppression de l’indemnité de garantie du pouvoir d’achat (GIPA), le passage de la déjà scandaleuse « journée de carence » en cas de maladie ou d’accident à 3 journées de carence sans salaire, l’amputation de 10% de la paye des malades et des accidentés – qui perdent déjà actuellement le bénéfice des primes – dès les trois premiers mois d’arrêt de travail, tout cela forme à la fois une attaque immédiate et violente contre les salaires et les droits, et une déclaration de guerre symbolique.
Dans les bureaux, les écoles, les établissements, les chantiers, les équipes, les salles d’hôpital, on parle des « trois jours de grève » : chiche, mais pour gagner, donc pour se réunir, s’adresser à la population et monter à Paris chercher ce gouvernement là où il est, voilà la question !
Salariés du privé, agents des fonctions publiques (pas seulement fonctionnaires, mais contractuels, vacataires et CDI !) … et immigrés : M. Retailleau, on le sait, veut une nouvelle « loi Immigration » reprenant ce que le Conseil constitutionnel avait retoqué fin 2023 après que Macron avait fait passer sa loi avec les voix du RN.
Lequel RN appuie l’attaque contre les jours dits « de carence » des agents publics. RN et gouvernement font croire que ceci serait une mesure d’« équité public-privé », alors que 66% des salariés du privé n’ont pas de « journée de carence » grâce aux conventions collectives ou à des accords d’entreprise.
C’est clair : ils cherchent à diviser ceux qu’ils attaquent, entre « fonctionnaires », « salariés du privé » et « immigrés ». C’est tout aussi clair : c’est une contre-attaque d’ensemble qui doit s’imposer.
Et elle sera politique et sociale à la fois, comme le fut la réalisation du Nouveau Front Populaire et la mise en échec de la dissolution visant à établir un gouvernement Macron-Bardella.
Le gouvernement est minoritaire, illégitime, et la mobilisation sociale entraînera une grande partie de la base électorale du RN, la ramenant vers nos intérêts communs. Par contre, le cumul des licenciements de masse, de la casse des droits des agents publics et de la surexploitation des immigrés par le moyen de la menace des expulsions, constituerait le prolongement social du coup d’État antidémocratique de Macron nommant Barnier avec le parrainage de Le Pen.
Plus que jamais, l’unité syndicale rompant le « dialogue social » avec ce gouvernement, sera l’amorce du débouché politique. Plus que jamais, toute protection apportée au gouvernement par les directions de nos organisations syndicales, de peur de précipiter les échéances, serait en réalité ce qui pourrait conduire à la défaite du mouvement ouvrier et à l’arrivée du RN au pouvoir.
Le 11/11/2024.
Réunion en visio d’Interventions Syndicales lundi 11 novembre 17h :
https://us06web.zoom.us/j/82491670545?pwd=unWtRMJc8UfZofbc5zzOiX7GvUBdNK.1
un mouvement social qui attire la base RN, ça devient intéressant ? Tiens tiens… mais cela s’appelle les gilets jaunes, il fallait réagir en 2018, les amis… et la CGT camions n’a pas bloqué le 27 novembre 2018, alors qu’on l’attendait sur les ronds-points… elle a signé avec Macron, condamnant le mouvement. Cette gauche bourgeoise et plan plan est pathétique. Et en plus, culottée : ce qui est mauvais en 2018 est bon en 2024 ?
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A qui s’adresse vos critiques ?
Pour notre part, nos prises de position et notre action en relation avec le mouvement des Gilets Jaunes sont consultables :
Voir https://aplutsoc.org/category/gilets-jaunes/
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cher aplutsoc
à la cgt , à laquelle je ne reconnais ni efficacité ni légitimité. Cela me paraît clair.
avec mon estime
F.L
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Une remarque à propos de ce que VP caractérisait de mouvement prolétarien : le grande majorité de Gilets Jaunes a voté Le Pen en 2022 !
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Grace à la trahison des directions syndicales nationales qui ont laissé un mouvement de révolte venant de couches peu ou pas organisées, éloignées du mouvement ouvrier du fait des carences de ce dernier, sans perspective car, aux yeux de ces directions syndicales, il ne fallait surtout permettre la remise en cause du pouvoir de Macron en brisant le doux cadre du dialogue social pour lui substituer l’action directe des masses.
Et dire que le 13 mai 2018, le POID (dénomination d’alors du PT) prétendait célébrer les cinquante ans du 13 mai 1968 et proclamait fièrement qu’il fallait mettre dehors Macron … tout cela pour aller se réfugier sous les jupes des appareils syndicaux quand les masses ont posé en pratique par centaines de milliers, sinon par millions, la question d’aller chercher Macron à l’Elysée …
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Certains pensent que la petite bourgeoisie radicalisée (petits patrons, artisans, commerçants, professions libérales… ) entraînant des travailleurs démoralisés et des retraités derrière elle, serait à l’avant-garde d’une révolution prolétarienne, d’autres non ! Mais le vote très majoritaire pour Le Pen fut une belle réponse à ceux de LFI ou du NPA…..ou d’Aplutsoc2, qui se sont déguisés en en gilets jaunes !
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Ils et elles n’avaient pas besoin de « se faire entraîner » par la « petite bourgeoisie radicalisée », celles et ceux dont la vie immédiate était rendue toujours plus difficile par la hausse des taxes sur les carburants, plus insupportable. Ceci se rajoutant à la désertification des zones rurales et péri-urbaines par la destruction des services publics. Ceci se rajoutant au chômage, à la précarité et aux bas salaires que l’on trouve dans ces zones géographiques où le mouvement ouvrier organisé est plus faible et ne pèse pas de son poids pour l’amélioration sinon le maintien des conditions de vie.
Il faut arrêter 6 ans après cette vague sociale de chercher le prétexte l’ombre de la chemise brune censée se dissimuler sous le gilet jaune. C’est l’absence de perspective et de réponse de la part des organisations majoritaires du mouvement ouvrier qui a amené ou l’abstention ou, pire, le vote RN. Le courant de pensée auquel se rattache notre interlocuteur criticailleur partage la honte de s’être associé aux directions majoritaires du mouvement ouvrier dans le rejet et l’abandon des couches de travailleurs qui n’en pouvaient plus et qui se sont révoltées contre le pouvoir de Macron et le régime de la 5eme République.
Nous en resterons là pour la polémique sur ce point. Et terminons ici ce fil de discussion.
Pour rafraîchir certaines mémoires, nous renvoyons à cet article de 2018 où nous mobilisions Lénine en 1916 pour répondre aux frileux, paniquards et fuyards face à la vague GJ :
Discussion sur le 17 novembre : comment Lénine posait la question …
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