11 septembre, double anniversaire et plus encore

1973 : un coup d’État militaire largement supervisé par la CIA déclenche une répression de masse au Chili, avec emploi massif de la torture.

Salvador Allende est abattu par les putschistes conduits par le général Pinochet, nommé quelques semaines auparavant à la tête de l’état-major dans le cadre de « l’union du peuple et de l’armée » prônée par l’Unité populaire.

Au lieu d’organiser le peuple ouvrier et paysan et la jeunesse, dressés depuis des mois dans leurs cordons industriels, commandos communaux et comités de ménagères, et qui demandaient des armes, le gouvernement Allende, cherchant l’alliance d’une bourgeoisie qui n’en voulait pas, s’est poussé lui-même à la mort.

La répression chilienne, avec la Hongrie en 1956 et l’Indonésie en 1965, fut la plus sanglante répression anti-ouvrière des décennies suivant 1945. Elle inaugura, avec la venue des Chicago boys et de la bande à Milton Friedmann et Hayek, le grand processus des politiques « néolibérales » ayant assuré jusqu’en 2008 l’accumulation du capital malgré la baisse du taux général de profit, et radicalisé la crise climatique.

2001 : de gigantesques attentats font des milliers des morts à New-York et des centaines à Washington.


Ils seront attribués, puis rapidement revendiqués par elle, à l’organisation al Qaida, multinationale islamiste dirigée par une branche du clan Ben Laden, l’une des grandes familles saoudo-yéménite ayant, pendant trois décennies, collaboré étroitement avec la CIA en Afghanistan et ailleurs, tout en se positionnant progressivement contre la présence de troupes US en Arabie saoudite.

Cette proximité réelle nourrira les « théories du complot » qui vont désormais proliférer.
Ni dans ses buts revendiqués, ni dans ses conséquences réelles, al-Qaida n’a en quoi que ce soit combattu l’impérialisme.

Les conséquences furent la légitimation du président illégitime Bush, les invasions de l’Afghanistan puis de l’Irak, le Patriot Act et les atteintes aux libertés démocratiques aux États-Unis et partout dans le monde. A travers « la guerre sans fin contre le terrorisme » et « l’initiative pour un nouveau siècle américain », Wall Street et Washington tentaient de conjurer mondialement les effets de la chute du Mur de Berlin et de relancer la vague néolibérale partie du 11 septembre 1973.

La décennie 2000, celle des subprimes et du pétrole, restera dans l’histoire de la planète comme celle qui a mis sur ses rails le scenario de l’étuve climatique.

Mais cette relance a échoué. Le 15 septembre 2008, ce sera le krach et la faillite de Leman Brothers. L’impérialisme nord-américain, sans aucun remplaçant, de gardien de l’ordre est devenu l’épicentre du désordre mondial, dans des proportions que nous exhibe le moment Trump, aujourd’hui.

11 septembre 2018.

Alors que les premiers manifestations de masse contre les coupables de la crise climatique en train de devenir aiguë ont commencé dans le monde, 3 millions de Syriens à Idlib résistent et sont voués à la mort, à la torture et aux viols, ou à la fuite éperdue, par les bandes corrompues de Bachar, les milices du Hezbollah et l’aviation impérialiste russe.

La seule issue reste celle que pointaient les cordons industriels chiliens de 1973, et que les comités populaires des zones insurgées syriennes avaient commencé à pratiquer : l’auto-organisation et l’auto-émancipation humaine, dans la lutte pour un monde meilleur qui est devenu la lutte pour qu’il y ait un monde, tout court.

Cette lutte requiert une mémoire, celle des combats par laquelle la situation mondiale présente peut être comprise. Septembre 2018 est aussi le 80ème anniversaire d’une petite réunion clandestine au domicile prêté par Alfred Rosmer, à Périgny en banlieue parisienne, où quelques dizaines de militants et de proscrits (et un espion du GPU) dénommés « les trotskystes » appelaient à (re-)construire une Internationale de la révolution socialiste mondiale pour éviter la barbarie moderne.

A propos aplutsoc

Arguments Pour la Lutte Sociale - Ce bulletin, ou circulaire, est rédigé par des militants pour qui le siècle commencé est gravement menacé par le capital, et pour qui la révolution prolétarienne, prise en main de leur destinée collective par les exploités et les opprimés eux-mêmes, est plus que jamais à l’ordre du jour. Il a pour but de fournir des arguments, des éléments politiques, des propositions d’action et matière à débat à toutes celles et tous ceux qui veulent ouvrir, en France et au niveau international, une issue politique aux luttes sociales qui ne cessent pas.
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