France – Brèves politiques du 18 mars 2018

L’enjeu constitutionnel.

Macron prépare une réforme constitutionnelle. Dans l’absolu, il n’en a guère besoin, disposant de l’assemblée nationale la plus inexistante de l’histoire de la V° République, ce qui n’est pas peu dire.

Mais les mesures privant du droit d’amendement les députés non membres des commissions correspondantes à chaque projet de loi, et modulant ce droit selon la taille des groupes parlementaires, introduisent ouvertement des inégalités entre députés, et donc entre électeurs, au point de vue même du pouvoir législatif ou de ce qu’il en reste.

L’assemblée nationale sous la V° République était à ce jour une sorte de feuille de vigne nécessaire du pouvoir exécutif. Là, elle deviendrait un appendice de celui-ci. Il est logique dans ces conditions de réduire massivement le nombre de députés. Ce serait le passage à un bonapartisme forcené, sur le modèle de l’Empire – le premier et le second – avec ses conseils législatifs croupions aux rôles essentiellement décoratifs.

Macron, et il est logique, ne veut même pas de l’ombre d’un pouvoir législatif.

Pour l’heure, ces projets font des vagues … entre le vieux parti de la V° République, LR (ex-UMP, ex-RPR, etc.) et la baudruche censée devenir le nouveau, LREM, et aussi dans LREM où, selon le Canard, M. De Rugy se serait soudain mis à exister en contestant les atteintes projetées au droit d’amendement, et entre LREM et le MODEM.

Mais cette fuite en avant totalitaire ne saurait être séparée du programme global de casse anti-sociale de ce gouvernement, avec le recours aux ordonnances contre le droit du travail et contre la SNCF, avec le commencement de destruction du Bac comme premier grade universitaire avant même tout vote de loi !

Il appartient donc au mouvement social de s’emparer aussi de cette question. Rappelons que le régime impérial de Napoléon III a cultivé la guerre et, au final, son antithèse : la vraie République démocratique portée par la Commune de Paris dont c’est aujourd’hui l’anniversaire, en ce 18 mars.

Car s’il faut affronter Macron, c’est son régime et ce qu’il veut en faire qu’il faut affronter. Il veut parachever la V° République et en faire sa dictature. Nous voulons en finir avec la V° République et imposer la démocratie. La vraie démocratie, la Commune et une vraie assemblée constituante, issue du mouvement populaire, tels sont les débouchés dont il nous faut aussi, maintenant, discuter.

« C’est le pouvoir législatif qui a fait la Révolution française ; c’est lui qui, partout où il s’est manifesté dans sa spécificité comme l’élément prédominant, a fait les grandes révolutions organiques et de portée universelle. (…) Le pouvoir gouvernemental, au contraire, n’a fait que les petites révolutions, les révolutions rétrogrades, les réactions  … » (Marx, Critique de la philosophie du droit de Hegel, 1843).

Le socialisme, ou la vie après le PS

Le scrutin interne au Parti socialiste a vu, tout d’abord, voter seulement 37.000 adhérents sur 102.000 adhérents théoriques. 81,02% d’entre eux ont voté pour l’un des trois candidats qui ne remettait pas en cause le bilan de Hollande, et 18,98% pour Emmanuel Maurel. Là-dessus, suivant les consignes des « grands élus », près de 49% ont choisi Olivier Faure, chef du groupe parlementaire qui avait empêché celui-ci de voter contre l’investiture du gouvernement Philippe, et qui, par le retrait de Stéphane Le Foll, est donc premier secrétaire du PS de fait. Premier secrétaire du PS ? Voire. Car ce scrutin, avec sa faible participation et le suivisme moutonnier de ceux qui y ont pris part, à contretemps et à contre-courant de la montée sociale contre Macron, est la signature d’un astre mort, qui fut le PS et ne l’est plus.

Est-ce à dire que les courants politiques qui lui correspondent n’existent plus ? C’est là une autre affaire. Élus municipaux attachés à l’emploi, aux services publics et à la laïcité, militants organisés dans Génération-s de Benoît Hamon, Gauche Démocratique et Sociale, clubs divers, forment une nébuleuse qui a, elle, un besoin, inverse de celui que représente politiquement M. Faure : l’unité contre Macron et la fédération de tous les courants issus du mouvement ouvrier et refusant la dérive ultra-bonapartiste du régime, pour l’affronter.

 

A propos aplutsoc

Arguments Pour la Lutte Sociale - Ce bulletin, ou circulaire, est rédigé par des militants pour qui le siècle commencé est gravement menacé par le capital, et pour qui la révolution prolétarienne, prise en main de leur destinée collective par les exploités et les opprimés eux-mêmes, est plus que jamais à l’ordre du jour. Il a pour but de fournir des arguments, des éléments politiques, des propositions d’action et matière à débat à toutes celles et tous ceux qui veulent ouvrir, en France et au niveau international, une issue politique aux luttes sociales qui ne cessent pas.
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