Présentation
Nous reproduisons la déclaration du Parti des travailleurs de Bolivie et de l’UIT-CI : il faut dénoncer la répression du gouvernement de Rodrigo Paz et appeler à la plus large solidarité avec le peuple travailleur bolivien dans ses revendications.
Document
En moins de 200 jours au pouvoir, Paz et sa large coalition de droite ont épuisé la patience du peuple bolivien qui, dans les usines, les champs, les marchés, les places publiques, les transports en commun, les bureaux, les universités, les écoles, etc., crie : « Ça suffit ! », « Dehors Paz ! ».
La politique antipopulaire du gouvernement de droite, non seulement n’a pas résolu les problèmes du pays, mais les aggrave de jour en jour, comme le montre explicitement le cas de l’essence, où, en plus de la flambée des prix, le gouvernement des entrepreneurs fournit de l’essence de mauvaise qualité à la population.
Loi 1720
Et, avec la loi 1720, qu’il a dû abroger en raison des puissantes mobilisations paysannes et des indigènes soutenues par la Centrale ouvrière bolivienne (COB) et d’autres organisations, mais qu’il tente d’imposer, une autre loi similaire, avec laquelle il veut dépouiller de leurs terres les paysans et les indigènes dans tout le pays.
Les oligarques de l’agro-industrie dans l’est du pays sont en grande partie des étrangers ou des fils d’étrangers qui se sont emparés des terres, qui aujourd’hui ne paient même pas d’impôts et dont certains possèdent des dizaines de milliers d’hectares. Ils s’accaparent la production, avec des travailleurs paysans asservis, ils emportent les dollars qu’ils gagnent et ils ont organisé l’incendie de 10 000 hectares de forêts, soit 10 % du territoire national. Ils ont ainsi provoqué une catastrophe climatique avec une diminution des précipitations dans tout le pays.
Un gouvernement dépourvu de légitimité
Paz a remporté les élections en promettant de ne pas appliquer le programme d’ajustement brutal de Tuto Quiroga et des autres partisans de la droite. Cependant, une fois au pouvoir, il s’est mis à appliquer à la lettre la politique de Tuto et de ses acolytes. C’est l’un des pires gouvernements de l’histoire du pays, qui nous surprend chaque jour par une nouvelle atteinte aux intérêts des travailleurs et du pays dans son ensemble, comme le récent accord avec les États-Unis visant à leur céder les « terres rares » boliviennes.
C’est pourquoi nous ne pouvons plus supporter ce gouvernement et qu’il faut le renverser. À bas le gouvernement de Paz et sa coalition de droite !
Le Parlement, la justice et le tribunal électoral sont enlisés dans la politique de bas étage, le discrédit et la corruption. La coalition de droite au pouvoir agit comme une bande de vassaux au Parlement pour approuver les lois dictées par l’oligarchie des grands propriétairesterriens et les multinationales, violant même la Constitution, ce qui devrait leur valoir des poursuites pour manquement à leurs devoirs. Cela fait que le parlement ne remplit aucune fonction sociale, car c’est la population, avec ses propres organisations, qui contrôle et empêche les abus du gouvernement.
Le pouvoir judiciaire, dans le collimateur des gouvernements précédents, a démontré dans l’année écoulée son caractère totalement soumis et au service du gouvernement en place.
Le soi-disant «pouvoir électoral» n’est qu’un autre exemple de ces mêmes manœuvres politiques et de cette corruption.
Cela s’est manifesté de la manière la plus flagrante lors des élections régionales, où un candidat ayant des chances de l’emporter à El Alto a été disqualifié le jour même du scrutin ; et pire encore, lors du coup de force au sein du gouvernement de La Paz, où le tribunal électoral a imposé Revilla, candidat de Paz, en sautant le second tour, violant ainsi sa propre loi et bafouant les droits démocratiques de tout le département.
Pendant la campagne présidentielle, le vice-président Lara avait promis d’être la garantie que Paz ne ferait pas ce qu’il fait justement. Il n’a pas tenu parole. Paz a pris le pouvoir et a pratiquement dissous la vice-présidence, lui retirant même son budget, en violation de la Constitution.
Des élections libres, maintenant !
Il faut chasser le gouvernement actuel, corrompu et traître à la patrie ; c’est un sentiment qui se généralise de plus en plus chaque jour. La question de savoir qui gouvernerait, voire le problème électoral, se pose. La corruption et la manipulation évidentes des élections par le pouvoir électoral lui-même, en plus du gouvernement en place, les rendent inaptes à réussir un processus démocratique. C’est pourquoi il est nécessaire d’envisager des élections libres, sans les conditions antidémocratiques imposées par la loi électorale, qui, dans les faits, font que l’approbation d’un sigle doit être avalisée soit par le gouvernement en place, soit par le tribunal, soit par les deux. Il faut envisager des élections libres, où tout citoyen bolivien, remplissant les conditions minimales, puisse être candidat, sans obstruction d’aucune sorte. Ce principe démocratique élémentaire est proscrit par le régime antidémocratique actuellement en place dans le pays.
Mais au-delà de cela, le pays vit un effondrement institutionnel que ce gouvernement des entrepreneurs ne cesse d’aggraver, où ni la vice-présidence, ni le parlement, ni le pouvoir judiciaire, et encore moins la compétence électorale, ne jouissent d’aucune crédibilité ni d’aucune légitimité. La voie de la «succession constitutionnelle», qui a permis de faire échouer les précédentes tentatives insurrectionnelles, est bouchée dans la situation actuelle, car elle ne bénéficie d’aucun soutien social et ne ferait qu’exprimer de nouvelles variantes de la même politique de clivage et de la même corruption.
Formation d’un gouvernement de transition à la tête de la COB !
Face à cette situation, et en raison de l’urgence nationale provoquée par la misère de la droite au pouvoir, il est nécessaire de former un gouvernement de transition capable de réorganiser l’approvisionnement essentiel du pays (carburant), de garantir les libertés démocratiques et le respect des droits du travail, de la terre et du territoire pour les paysans et les peuples autochtones, et d’en finir avec les oligarques de l’agro-industrie.
La COB renaît aujourd’hui après avoir subi la pire direction de son histoire avec Huarachi, qui a failli la détruire. Une plus grande ouverture démocratique au sein de la COB reste nécessaire, ainsi que l’intégration en son sein de nombreux travailleurs et travailleuses en situation de précarité, et la coordination avec d’autres secteurs du peuple travailleur, paysan et autochtone. Mais, la COB a démontré, dans la lutte pour abroger la loi 1720, qu’elle reste l’organisation mère des travailleurs du pays et qu’elle est capable de centraliser les luttes non seulement de ses affiliés, mais également de tous les travailleurs, exploités et opprimés du pays, tant à la campagne qu’en ville.
C’est précisément pour cette raison, afin de garantir la stabilité du pays et, dans ce cas précis, la tenue d’élections démocratiques et libres, que la COB, comme principale instance de délibération populaire nationale, est appelée à mettre en place un gouvernement de transition du peuple travailleur qui sauvera le pays.
Nous appelons à l’unité des organisations populaires, des travailleurs, des paysans et des indigènes pour cette lutte fondamentale pour notre peuple.
19 mai 2026
Parti des travailleurs de Bolivie