Ce lundi 17 juillet, sur LCI, Jean-Luc Mélenchon a appelé à un «rassemblement populaire» le 23 septembre, contre les ordonnances Macron visant le droit du travail, ainsi que contre le CETA (traité de libre échange Union Européenne/Canada). Les syndicats («la CGT et SUD» selon lui), feront leur journée le mardi 12 septembre, «c’est leur rôle», mais «les gens» sont invités à venir le samedi 23 septembre, en tout cas «les gens qui ne veulent pas se laisser tondre» car «leur devoir, c’est de manifester comme citoyens».

Parfois il faut que parle le bon sens. Et le bon sens, dûment informé, dit ceci : entre le mardi 12 septembre et le samedi 23 septembre, il y aura le mercredi 20 septembre, jour où le conseil des ministres doit adopter les ordonnances contre le droit du travail.

Autrement dit, J.L. Mélenchon invite par avance «les gens» à manifester après l’adoption des ordonnances – on comprend mieux que le mot «retrait» de celles-ci n’ait figuré dans aucun des appels de la France insoumise à des rassemblements le 12 juillet dernier – tout en expliquant aux syndicats qu’ils sont dans leur rôle en faisant des choses «dans les entreprises» auparavant. Et le jour même ?

Le bon sens, c’est l’intérêt du salariat, et l’intérêt du salariat n’est pas de faire des barouds d’honneur, ni avant, ni après, l’adoption des ordonnances, mais d’agir efficacement pour leur retrait. Certes, on n’est pas certains de gagner. Mais ce qui est certain, c’est que ça sera pire si on n’agit pas ainsi, dans tous les cas de figure. Ce qui est certain aussi c’est que nous expliquer qu’on sera dans notre rôle en faisant grève avant, puis en laissant passer, pour ensuite manifester avec «les gens» sous peine de passer pour ceux qui veulent «se laisser tondre», ce n’est pas nous aider, c’est faire obstacle à notre mouvement, à notre volonté montante, à notre action.

Le mouvement réel doit réaliser l’unité dans la grève le 12 septembre, pour le retrait des ordonnances. Et sur cette base tenter de réaliser les conditions de la grève totale et d’une éventuelle montée à Paris, pas pour que «les gens» déjà tondus ne le soient pas, mais pour aller sur l’Élysée, le 20.

Une fois ces choses dites, les nombreux débats suscités par les velléités de la FI d’aller sur le terrain syndical tout en disant aux syndicats quel est le rôle auquel ils doivent se tenir, seront mieux cadrés.

Que ce soit par le «dialogue social» au sommet ou par les gesticulations parlementaires stériles, il faut cesser de couvrir Macron.

Le mot-d’ordre doit être : RETRAIT.

La grève doit se réaliser dans l’unité le 12 SEPTEMBRE.

A partir de là, on pourra voir quelle offensive mener en direction du pouvoir exécutif qui est l’adversaire.

Car les militants ouvriers, les révolutionnaires, et les véritables partisans de la démocratie, ne veulent pas rassembler «les gens». Ils veulent aider leur classe, l’immense majorité, à en découdre avec le pouvoir exécutif, exécutant du capital.

 

18-07-2017